Partage international no 412 – décembre 2022
par Kenny Stancil
Le 15 novembre 2022, Vanessa Nakate, militante ougandaise pour la justice climatique, a fustigé les dirigeants mondiaux qui continuent à soutenir de nouveaux projets liés au charbon, au pétrole et au gaz malgré les preuves accablantes que l’extraction et la combustion de davantage de combustibles fossiles aggraveront le chaos climatique qui sème la mort.

Vanessa Nakate
« Pour de nombreux dirigeants, il s’agit de conclure des accords avec les lobbies des combustibles fossiles, de survivre au prochain cycle électoral et d’engranger le plus de profits possibles à court terme », a déclaré V. Nakate lors d’un rassemblement organisé en marge de la COP27 à Charm El-Cheikh, en Egypte.
Faisant allusion à la présence de plus de 630 lobbyistes du secteur des combustibles fossiles à la conférence, qui se tient dans une station balnéaire onéreuse et fortement surveillée, V. Nakate a déclaré que les représentants du pétrole et du gaz transforment la COP27 en « une conférence de vente et de marketing pour plus de pollution, plus de destruction et plus de dévastation ». Elle a cité le plan 2021 de l’Agence internationale de l’énergie visant à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050, qui indique que l’investissement dans de nouveaux projets de combustibles fossiles est incompatible avec la réalisation de l’accord de Paris visant à limiter l’augmentation de la température à 1,5°C au-dessus des niveaux pré-industriels.
Les concentrations de CO2, de méthane et de dioxyde d’azote (trois principaux gaz alimentant le réchauffement climatique) ont atteint un niveau record l’an dernier, et la pollution par les gaz à effet de serre n’a fait qu’augmenter.
Pendant ce temps, les subventions publiques soutenant la production de charbon, de pétrole et de gaz ont presque doublé en 2021, et des centaines de sociétés prévoient d’augmenter la production d’énergie sale à l’avenir, y compris avec plusieurs projets de forage et de pipelines en Afrique.
« Vous semez des graines de charbon, de pétrole et de gaz alors que les communautés en première ligne récoltent le ravage, la dévastation et la destruction, a déclaré V. Nakate. Mon inquiétude, a-telle affirmé à la journaliste Amy Goodman, de Democracy Now!, est que nous allons vers une destruction de l’environnement et de la biodiversité, et nous retrouver dans une crise climatique accélérée, et les profits vont finir dans les poches de personnes déjà riches. »
L’Onu a récemment averti qu’en raison d’objectifs et de politiques de réduction des émissions profondément inadéquats, il n’existe « aucune voie crédible pour atteindre 1,5°C » et que seule une « transformation urgente à l’échelle du système » peut empêcher les calamités qui se produiraient dans un monde dont la température devrait augmenter de près de 3°C d’ici la fin du siècle. A ce jour, une augmentation de la température d’environ 1,2°C a déjà déclenché des phénomènes météorologiques extrêmes dévastateurs dans le monde entier, notamment les catastrophes récentes au Nigeria, au Pakistan et dans nombre d’autres pays.
Un récent rapport soutenu par l’Onu estime que les pays en développement auront besoin d’un total de 2 400 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour lutter contre le réchauffement planétaire, y compris le financement de la lutte, de l’adaptation des pertes et des compensations. Cependant, les pays riches ne sont pas parvenu à mobiliser les 100 milliards de dollars d’aide climatique annuelle promis chaque année à partir de 2020. Les Etats-Unis sont les principaux responsables de ce manquement, puisqu’ils ne fournissent que 19 % de leur « juste part » de 40 milliards de dollars, c’est-à-dire ce qu’ils devraient payer en fonction de leur contribution cumulée à la pollution mondiale due aux gaz à effet de serre.
Lieu : Charm El-Cheikh, Egypte
Date des faits : 15 novembre 2022
Auteur : Kenny Stancil, journaliste à Common Dreams.
Sources : Extrait d’un article de commondreams.org
Thématiques : environnement
Rubrique : Divers ()
