Une équipe de cricket Maasaï fait campagne pour les droits des femmes

Partage international no 329février 2016

Le 6 février 2016, l’Onu a célébré la 4e Journée internationale de la tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines (MGF), visant à renforcer les campagnes de sensibilisation et à prendre des mesures concrètes contre ces pratiques, surtout en rendant opérationnels les professionnels de la santé partout dans le monde. Comme l’explique Ban Ki-moon : « Les systèmes et les professionnels de santé sont essentiels au bien-être des sociétés. Ils fournissent des informations crédibles, scientifiques et impartiales qui peuvent aider les personnes à se protéger des violations de leurs droits. »

Les MGF sont un problème universel, bien que pratiquées surtout en Afrique, au Moyen Orient, et dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine. De plus, les populations immigrées continuent de les pratiquer dans leur pays d’accueil, en Europe, Amérique du Nord, Australie et Nouvelle- Zélande. Plus de 140 millions de jeunes filles et de femmes actuellement en vie dans le monde ont subi une forme ou une autre de MGF, et l’on s’attend à ce que ce nombre soit augmenté de 86 millions d’ici à 2030. Les MGF sont surtout pratiquées sur des jeunes filles, parfois dès la petite enfance et jusqu’à l’âge de 15 ans, et sont des causes d’hémorragies sévères et de problèmes graves tels que kystes, infections, stérilité, complications lors des accouchements, et risques accrus de mortalité néonatale.

L’expérience prouve que la pratique des MGF peut être stoppée en seulement une génération. Le Fonds des Nations unies pour la population s’est joint à l’Unicef pour mettre en œuvre le plus grand programme mondial destiné à accélérer l’abandon des MGF. Ce programme cible 117 pays africains et soutient des initiatives régionales et mondiales telles que « la formation de personnels médicaux, de travailleurs sociaux et de dirigeants communautaires et religieux, pour s’assurer qu’ils aideront et soigneront avec compétence les femmes et jeunes filles ayant subi – ou risquant de subir – des MGF. »

A Nairobi (Kenya), une équipe de cricket Maasaï appelée « les Guerriers » fait campagne pour les droits des femmes et exige la fin des MGF. Bien qu’interdite depuis des années au Kenya, la pratique profondément enracinée du mariage précoce des filles, précédé de leur excision, demeure très répandue. Ce groupe de jeunes hommes Maasaï s’interrogent sur la nécessité de cette pratique brutale dans un film récent appelé Warriors (Guerriers).

« La pratique des mutilations génitales féminines fait partie de notre culture pour marquer le passage de l’enfance à l’âge adulte chez les filles. Mais nous nous rendons compte à présent que c’est l’une de ces pratiques qui ne devraient plus exister dans notre pays. Loin de nous aider, cela affecte nos filles, nos mères et nos femmes », explique Sonyanga Ole Ngais dans le film. Les jeunes joueurs de l’équipe de cricket ont brisé de forts tabous culturels en jurant devant des anciens de tribus qu’ils n’épouseront que des femmes non mutilées, s’efforçant ainsi d’éduquer les jeunes et de leur donner un sentiment d’appartenance, de soutien et d’espoir. Leurs tournées de soutien et leur film lancent avec force leur campagne mondiale contre les MGF. Warriors est à l’affiche des cinémas du Royaume-Uni en janvier et février 2016.


Date des faits : 6 février 2016
Sources : un.org ; warriorsfilm.co.uk
Thématiques : femmes
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)