Partage international no 293 – février 2013
Interview de Harry Oldfield par Felicity Eliot
La science a l’intuition frustrante qu’il y a, juste au-delà de sa capacité actuelle de compréhension, quelque chose qu’elle ne domine pas encore, une image plus englobante de la réalité. Certains ont appelé cette pièce manquante du puzzle la matière noire, l’énergie noire, un aspect de la théorie de la gravité d’Einstein – une « constante cosmologique » qui est peut-être la cause de l’expansion de l’univers, une sorte de « fluide énergétique étrange qui emplirait l’espace » . La Nasa elle-même admet que, encore aujourd’hui, « le domaine de l’inconnu est plus vaste que celui de ce que nous connaissons ».
La science affirme que voir c’est croire. Pourtant, si on inversait la proposition en affirmant que « celui qui croit, voit » , peut-être aurions-nous accès à de grandes révélations. Car cette approche plus ésotérique implique une ouverture d’esprit à l’inconnu et prédispose le chercheur à accepter ce que son mental aurait sinon tendance à rejeter comme étant impossible. C’est cette attitude qui a permis aux astrophysiciens et autres scientifiques de prendre conscience de l’existence de ce « quelque chose » d’insaisissable.
Harry Oldfield n’a pas la prétention de connaître les secrets de l’univers, mais ses recherches l’ont conduit à des conclusions que les physiciens pourraient trouver très intéressantes.
Felicity Eliot avait interviewé Harry Oldfield pour Share International une première fois en 1982. Elle l’a retrouvé aujourd’hui pour faire le point sur ses travaux.
Partage international : Qu’est-ce qui vous a conduit à vous intéresser à ce domaine ?
Harry Oldfield : Un jour je suis tombé sur un livre fascinant : Fantastiques recherches parapsychiques en URSS, de Sheila Ostrander et Lynn Schroeder. Ce livre, qui raconte en détails les travaux de Semyon et Valentina Kirlian, deux chercheurs ukrainiens, m’a immédiatement intéressé. En tant que professeur de sciences et de biologie j’ai toujours eu l’esprit ouvert.
Dans les années 1930, Semyon Kirlian et sa femme Valentina ont développé ce qu’on appelle maintenant la photographie Kirlian. Leurs expériences ont permis de photographier l’aura de lumière qui entoure des corps vivants comme des mains humaines ou des plantes. Quand j’ai vu la photo de cette sorte de « fantôme de feuille » , je ne pouvais pas en croire mes yeux. Comme les auteurs expliquaient précisément comment obtenir ces résultats, j’ai commencé tout de suite à faire mes propres recherches.
PI. D’après vous. Comment peut-on expliquer ce phénomène ?
HO. Je crois que ces photos montrent l’énergie subtile d’une matrice d’énergie subatomique. Quand vous me regardez, ce n’est pas vraiment moi que vous voyez.
PI. Que voulez-vous dire ? Je vous vois parfaitement, ainsi que tout ce qui est autour de vous !
HO. Ce que vous voyez est la manifestation extérieure d’une forme plus subtile, un corps d’énergie qui est dans un état de changement permanent, et qui est la source de la forme extérieure. Lorsque les Kirlian ont coupé une grande partie d’une feuille, la totalité de la forme subtile de la feuille apparaissait encore sur la photographie.
Aujourd’hui, on est allé encore plus loin : on a pu photographier les membres fantômes de personnes amputées, la plupart, malheureusement, en raison d’accidents de la circulation1.
PI. Je me souviens que vous avez développé la photographie par interférence polycontrastée il y a des années…
HO. A la fin des années 1980, j’ai développé un scanner qui peut fournir en temps réel une image en mouvement du champ énergétique. Nous l’avons appelé Photographie par interférence polycontrastée, ou PIP. Je suis convaincu que l’avenir de la médecine réside dans la possibilité de déceler des déséquilibres dans le champ énergétique de l’organisme plutôt que de simplement observer des symptômes dans le corps physique.
PI. Donc, il s’agit vraiment de « champs d’énergie » qui ne sont pas de la matière physique dense et qui sont normalement invisibles, mais que vos instruments peuvent déceler ?
HO. Exactement. Grâce à une interaction entre l’énergie et la lumière, nous avons pu mettre en évidence l’aspect énergétique de la matière, qui est le patron sur lequel sont agencées nos molécules. En moyenne, chaque atome dans le corps humain est remplacé tous les sept à neuf ans. Il faut s’imaginer le corps non comme une structure physique, mais comme une fontaine ambulante de molécules qui sont constamment renouvelées. La question est : qu’est-ce qui les maintient en une forme cohérente reconnaissable ? Je crois qu’il s’agit d’un modèle d’organisation de l’énergie.
Dans la photographie Kirlian, les particules quantiques qui produisent l’image sont des électrons – c’est une réaction électronique qui se produit autour de et sous l’objet, qui apparaît sur le film sensible à la lumière. Il n’y a pas de lentilles comme en photographie normale. C’est l’énergie elle-même qui est imprimée sur le film.
Mais la technologie Kirlian a ses limites : elle est en deux dimensions, et sa profondeur de champ est très faible. J’ai donc essayé de développer une technologie en trois dimensions. Je pense que j’étais une des rares personnes en dehors de la Russie qui ait fait des recherches dans ce sens et l’un des premiers à inventer une caméra Kirlian tridimensionnelle. J’ai expliqué tout ça dans un de mes livres intitulé The Dark Side of the Brain2
PI. Il me semble que le système Kirlian a été utilisé avec votre coopération comme outil de diagnostic dans un hôpital de Grande-Bretagne ?
HO. Oui, c’est exact. Le médecin avec qui j’ai travaillé était un biochimiste et chercheur en cytologie. Il a suggéré que plutôt que de regarder des plantes et des fruits nous examinions des cellules cancéreuses de patients pour les comparer avec des cellules normales. Nous avons ainsi pu déterminer la signature énergétique de différentes cellules. Comme vous pouvez l’imaginer, nous étions très en avance sur notre temps.
Nous avons essayé de faire accepter cette méthode comme outil de diagnostic susceptible de révéler les problèmes avant qu’ils ne deviennent visibles sur le plan physique. Malheureusement, nous étions trop proches du domaine de la parapsychologie pour que ce soit accepté.
PI. Et vous avez ensuite développé ce que vous appelez la nouvelle vision énergétique…
HO. Oui, c’est ça. Ces deux dernières années, nous avons amélioré notre technique et avons fait progresser nos recherches. Nous utilisons maintenant ce que nous avons appelé la nouvelle vision énergétique (NVE) qui est une version avancée de nos travaux antérieurs. On a bien progressé et je suis fier de dire que c’est grâce à mon fils, Anthony Oldfield.
PI. Expliquez-nous comment ça marche.
HO. Dans les photos Kirlian, la particule quantique qui produit l’image est l’électron. Avec la NVE, c’est le photon. Dans la photographie Kirlian, un électron produit des interférences avec l’énergie subtile qui s’impriment sur une plaque photographique – c’est une image à deux dimensions. Avec la NVE, on a examiné des formes tridimensionnelles, par exemple des êtres humains, et on a pu montrer l’énergie subtile qui se trouve en dessous de la surface du corps physique. Et nous montrons cette énergie sous différentes formes et différentes couleurs.
PI. Quel usage peut-on faire de cet outil ?
HO. Eh bien, on vous photographie avec un appareil connecté à un ordinateur, grâce à un logiciel particulier qui utilise des algorithmes capables d’analyser ce qui se passe lorsque des photons entrent et sortent de votre champ énergétique. On peut ainsi produire une photographie de ces photons sous différentes formes et couleurs.
PI. Est-ce que ça permet de voir des différences entre une personne saine et une personne malade ?
HO. Oui, et les deux résultats sont totalement différents. Mais avant d’aller plus loin, je dois préciser que je ne prétends pas que la NVE puisse remplacer un diagnostic médical approfondi.
Mais la NVE permet d’observer les chakras ou centres énergétiques de la personne, ainsi que les méridiens connus et utilisés en acupuncture. J’ai donné des conférences en Chine et en Inde, et enseigné à des médecins de médecine naturelle de ces pays pour qu’ils utilisent ce système.
Selon les personnes, on observe des couleurs et des motifs différents sur les clichés, tant à l’intérieur du corps que dans le champ énergétique externe, l’aura.
PI. Des émotions ou des états d’esprits différents donnent-ils des résultats différents ?
HO. Oui, on peut clairement vérifier sur ces images l’effet puissant de la pensée positive, ou de son inverse.
PI. Que peut-on voir ?
HO. Eh bien, si quelqu’un entretient des pensées positives, bienveillantes, ou se trouve dans un état de conscience élevée comme pendant la méditation, on observe une plage étendue de couleurs brillantes qui peut même déborder dans le milieu environnant. Alors que quand une personne est négative ou déprimée les couleurs et les champs d’énergie se rétrécissent et deviennent plus denses et sombres. On entend parfois dire que quelqu’un a un nuage noir au-dessus de la tête – et c’est exactement ce que nous voyons sur les images données par la NVE pour ce type de personnes.
PI. Observez-vous des différences selon l’âge des personnes, leur sexe, leur nationalité, et les saisons de l’année ?
HO. Oui, en fait, c’est la même chose que si on regarde les gens avec les yeux. Les gens sont tous différents, et peut-être même aussi en fonction des saisons. On observe même des différences chez les jumeaux, avec toutefois une sorte de miroir énergétique chez chacun d’eux. Par exemple, si l’un des jumeaux a un « bloc » énergétique dans le corps subtil sur la tempe droite, l’autre jumeau aura le même « bloc » , mais sur la tempe gauche. Vous voyez jusqu’où peut nous mener notre recherche.
Curieusement, nous avons détecté des similitudes et des différences cohérentes d’une profession à une autre et à l’intérieur d’une même profession. On voit par exemple de grandes différences entre un individu stressé travaillant dans le quartier des docks de Londres et un résident d’un ashram en Inde. L’aura d’un courtier en bourse sera plus brillante s’il a eu une bonne journée – même s’il a toujours son ulcère ! Mais l’aura d’un maître de yoga en Inde ne variera pas car il n’est pas sujet au stress.
PI. Pouvez-vous nous dire si d’autres personnes utilisent votre système ?
HO. Oui, beaucoup, dans de nombreux pays, dans le domaine médical et la recherche.
PI. Pouvez-vous nous parler de la « matière noire ».
HO. Ça fait quelques temps déjà que les cosmologistes, astrophysiciens et autres astronomes ont commencé à fouiller dans la galaxie. Ils ont observé que la vitesse de rotation de certaines étoiles au centre de la galaxie indiquait qu’il n’y avait pas assez de matière pour expliquer une telle vitesse – il devait y avoir une autre explication, comme de la matière cachée. Leurs calculs les ont amenés à conclure que 90 % de la matière dans l’univers est invisible – d’où le terme « matière noire ».
Des recherches plus poussées ont permis aux scientifiques d’annoncer que depuis le Big Bang, la vitesse d’expansion de l’univers augmente. Ils ont conclu qu’il devait y avoir partout dans l’univers de l’énergie qui provoque cette expansion.
PI. Iriez-vous jusqu’à dire que la matière « éthérique » de la littérature ésotérique et des enseignements anciens est précisément ce que la science appelle aujourd’hui matière noire et énergie noire ?
HO. C’est plus que probable. Dans la plupart des formes d’énergie que je vois avec la NVE chez les êtres humains, mais aussi autour des lieux sacrés et des agroglyphes, il y a cet élément éthérique qui ne peut être ignoré. En fait, j’irais même jusqu’à dire que c’est parce que la cosmologie n’a pas pris en compte les niveaux éthériques de la matière qu’elle n’a toujours pas réussi à prouver la théorie du champ unifié.
PI. Pensez-vous que ce sera la prochaine grande découverte ? Comme si on attendait que la science rejoigne les connaissances anciennes.
HO. Exactement. Je crois que des énergies subtiles parviennent jusqu’à notre espace-temps à travers la matière noire éthérique, elle-même constituée de couches de plus en plus subtiles invisibles à l’œil nu. Il ne s’agit pas seulement ici de trois dimensions, mais de plusieurs autres. Le professeur Stephen Hawking parle de dix dimensions.
PI. Est-ce que ceci pourrait expliquer l’homéopathie, l’acupuncture, et même la télépathie ? Y aurait-il un niveau subtil dans lequel l’énergie peut circuler, et la pensée voyager ?
HO. Je le pense. Je dirais même que ça ouvre une voie de recherche sur la permanence de la vie et de la conscience après la mort du corps physique. On ne conserverait après la mort que le corps d’énergie subtile – invisible pour la plupart des gens.
PI. Il semble que nous vivions une époque où la science est en passe de vérifier la validité des enseignements anciens selon lesquels tout est énergie. Est-ce votre avis ?
HO. Voilà plus d’un siècle que des gens comme H.P. Blavatsky, C.W. Leadbeater et d’autres ont révélé au monde occidental tout un corpus d’enseignements issus des traditions orientales. Je crois que c’est Leadbeater qui a dit quelque chose comme : « un jour les hommes de foi et les hommes de science se rejoindront au même endroit. Et les hommes de foi diront aux hommes de science : « Cela fait bien longtemps que nous vous attendions. »
Pour plus d’informations : electrocrystal.com et newenergyvision.co.uk
1. Référence scientifique du modèle mathématique : V. French, P.J. Bryant, S.V. Bryant, Science, 1976, Pattern regulation in epimorphic fields, 193, 969-81; et mêmes auteurs, Science, 1981, Distal regeneration and symmetry, 212, 993-1002.
2. La face cachée du cerveau, non traduit en français
Auteur : Felicity Eliot, rédactrice en chef de Share International, basée à Amsterdam (Pays-Bas).
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Entretien ()
