Un service privilégié

Partage international no 163mars 2002

Cher Monsieur,

En 1962 ou 1963, au printemps, je dus prendre la décision de devenir, ou non, membre à part entière d’une communauté religieuse au sein de laquelle j’avais vécu au cours des années précédentes. C’était pendant la semaine sainte.

Soudain, je me trouvai face à face avec un clochard qui s’était arrêté dans le village. Il avait le dos appuyé contre une meule de foin, les pieds trop endoloris pour continuer à marcher. Il me demanda de lui laver les pieds. Je fus totalement abasourdi car, d’un point de vue liturgique, tout ceci coïncidait avec le moment où Jésus lava les pieds de ses disciples. J’allai donc chercher un seau d’eau, du savon et des serviettes et je lui lavai les pieds et le bas des jambes. Je me souviens de sa bonne humeur, mais surtout de ses yeux. Au lieu de l’expression accablée que je m’attendais à y trouver, ceux-ci rayonnaient de chaleur et d’humour. Je lui demandai s’il voulait que je lui lave aussi le visage, ou les mains. « Non, répondit-il, seulement les pieds. » Je réalisai que cette réponse était presque similaire à celle faite par Jésus à Pierre.

Je le quittai avec le sentiment que cette expérience avait peut-être un sens particulier. Perplexe, je fis demi-tour. Mais je ne pus le retrouver. Apparemment il avait disparu du village. Je décidai après avoir longuement réfléchi de devenir membre à part entière de la communauté, mais je la quittai quelques années plus tard.

[1] Cette rencontre avec le clochard était-elle en fait un avertissement, une façon de me faire savoir qu’il n’était pas nécessaire pour moi de devenir membre à part entière de la communauté, « le lavement des pieds » et non du corps tout entier étant suffisant dans mon cas ? [2] Cet homme était-il réellement un clochard ? [3] La vie qui a été la mienne après mon départ de la communauté a justifié ma décision de la quitter, car j’ai dû apprendre à vivre en dehors de ce milieu protégé. Il m’est cependant arrivé parfois de me demander si j’avais pris la bonne décision. Pourriez-vous apporter quelque éclaircissement sur cet événement qui, jusqu’à aujourd’hui, n’a cessé de m’intriguer ?

Identité non communiquée, Pays-Bas

[1] Non. [2] Le Maître de B. Creme a indiqué que le « clochard » était Maitreya. [3] C'était la bonne décision.]

Pays-Bas
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)