Partage international no 50 – octobre 1992
« Comme nous l’avons déjà annoncé (en décembre 1988), un krach boursier prendra naissance au Japon, pour s’étendre ensuite au monde entier. » (Partage international mai 1989)
Après avoir nié pendant deux ans que l’effondrement des cours boursiers et des prix immobiliers pourrait nuire à l’économie japonaise, le gouvernement du Japon a annoncé la plus grande opération de renflouement de l’histoire de l’après guerre : un ensemble de mesures représentant 81 milliards de dollars destinés à ressusciter l’économie. La proposition prévoit 64 milliards de dollars d’investissements publics, des abattements fiscaux et une diminution des taux d’intérêt, ainsi qu’une nouvelle réglementation autorisant l’emploi de fonds publics à des fins d’investissements boursiers. Des analystes estiment que ce plan fait suite à une crainte du gouvernement de voir l’effondrement des cours boursiers ainsi que le coût pour les banques de l’insolvabilité croissante des emprunteurs atteindre un point tel que les investisseurs déjà anxieux puissent être pris de panique. Cet empressement soudain du gouvernement à s’occuper de la plus forte crise financière depuis la seconde guerre mondiale a apparemment rassuré les investisseurs. Les cours ont connu une hausse dans les jours précédant et suivant l’annonce. « Nous sommes passés à deux doigts d’un effondrement financier, » a constaté un économiste de Tokyo. D’autres économistes se sont cependant montrés plus prudents en déclarant que des aspects importants du projet demeurent sommaires et qu’à vrai dire, les fonds prévus pourraient ne pas être intégralement injectés dans l’économie.


