Partage international no 146 – octobre 2000
Il y a près de vingt ans, après la publication de son best-seller Cette nuit la liberté, relatant l’histoire de l’indépendance de l’Inde, Dominique Lapierre était retourné en Inde, en vue d’essayer de partager son succès avec les personnes qui avaient inspiré son œuvre.
« Ce fut le début d’une aventure sans fin », a-t-il déclaré. Dominique Lapierre et son épouse, qui se prénomme également Dominique, ont mis sur pied des projets d’aide privée en faveur des lépreux de Calcutta et des pauvres des communautés de pêcheurs des îles du delta du Gange, où de vieux ferry-boats ont été transformés en cliniques flottantes. « Ces bateaux sont au service d’environ 900 000 habitants de 57 îles, déclarent les Lapierre. Ces gens sont si pauvres qu’ils ne disposent même pas de transistors pour les alerter en cas de cyclone. Ils sont la proie des tigres, des serpents et surtout de la tuberculose. »
Les Lapierre (elle, travaille à l’alphabétisation des femmes, à l’éducation et à des programmes de santé) accordent également de petites dots aux femmes pauvres des villages, en vue de leur permettre de se marier un peu plus décemment qu’en règle générale.
Le couple a investi quelque cinq millions de dollars pour leurs humbles projets, largement ignorés, fonds provenant essentiellement des droits d’auteur de leurs nombreux ouvrages. Déçus par la manière dont l’aide officielle est distribuée, ils continuent leur œuvre en privé, sans bureau ni équipe.
Dominique Lapierre et son épouse affirment avoir été transformés à jamais par leurs expériences en Inde, surtout par leur vie à Calcutta, alors que lui travaillait à son roman, la Cité de la joie. « Un beau matin, j’ai été réveillé par une procession passant dans l’allée, au son des tambours et des chants, se rappelle-t-il. J’ai demandé aux gens ce qui se passait et savez-vous ce qu’ils m’ont répondu ? « Nous célébrons la naissance du printemps. » En un lieu où il n’y a ni arbre, ni fleur, ni feuille, ni oiseau, ni papillon, ils célébraient un événement qu’ils ne verraient jamais. » Lorsqu’ils quittèrent l’Inde, les Lapierre avaient un excédent de bagages de 15 kg « cadeaux de pauvres dont le revenu moyen pour survivre s’élève à environ 15 centimes français par jour », déclare-t-il, en ajoutant que la générosité des pauvres n’avait jamais fait défaut, en dépit du fait que 350 millions d’Indiens se couchent, chaque soir, affamés. « Ces gens sont les véritables héros de la planète. »
Inde
Sources : New York Times, Etats-Unis
Thématiques : Société
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
