Partage international no 94 – juin 1996
Il y a environ cinq ou six ans, de retour d'Hawaï, je rentrais à San Diego en Californie. Il était à peu près 22 h 30 et la navette qui devait m'emmener à Encinitas m'attendait. Le conducteur était un petit homme âgé de 70 à 80 ans.
Après avoir déposé mes bagages dans la fourgonnette, il me demanda si je voyais un inconvénient à ce qu'on attende un autre voyageur qui venait de New York. Je lui répondis que non. Comme la nuit était très froide, il laissa tourner le moteur pour maintenir la chaleur dans le véhicule et retourna à l'aéroport pour s'enquérir du vol en provenance de New York.
Regardant par la vitre, je remarquai un homme qui sortait de l'aéroport. Il avait une canne blanche et semblait aveugle. Il se dirigea vers la navette et s'arrêta juste devant. Il sortit un paquet de cigarettes et en alluma une. Le chauffeur était parti depuis 10 à 15 minutes à ce moment-là et je regardais cette homme allumer cigarette sur cigarette. Chaque fois que je le regardais il en allumait une.
Le chauffeur revint enfin et déclara que le vol de New York avait du retard en raison des conditions météorologiques. Il s'excusa et me demanda si je voyais un inconvénient à attendre et je répondis que c'était d'accord. Ensuite je dis au chauffeur qu'il se pouvait que l'aveugle ait besoin d'aide et il sortit alors s'informer. Ils eurent une courte conversation et je vis l'aveugle sortir une liasse de billets de sa poche et en donner un au chauffeur. Le chauffeur revint et me dit que l'homme devait aller dans la même direction que moi, mais un peu plus loin. Je répondis que j'espérais qu'il resterait tout au fond du véhicule car il devait empester la fumée de cigarette. Le chauffeur ressortit pour voir où en était le voyageur de New York et l'aveugle continua d'allumer des cigarettes devant la fourgonnette.
Le voyageur de New York arriva enfin et tandis que le chauffeur chargeait ses bagages, il entra dans le véhicule et alla s'asseoir au fond. L'aveugle entra à son tour et vint s'asseoir à côté de moi.
Il était plutôt grand avec un visage basané. Il portait une veste ocre clair avec un capuchon, arborait un très gentil sourire et avait les yeux pleins d'humour. Je reniflais l'air, stupéfaite de n'y déceler absolument aucune odeur de tabac. Il rabattit son capuchon sur son visage et s'endormit. Le voyageur de New York descendit environ 20 minutes plus tard. J'étais toujours stupéfaite qu'entre l'aveugle et moi l'air soit aussi pur, aussi cristallin, et en fait très agréable. L'aveugle s'était réveillé et racontait au chauffeur qu'il était allé à Paris.
C'est alors que je me rendis compte qu'il n'avait pas de bagages et je me demandai si le chauffeur allait faire une remarque à ce sujet, ce qu'il ne fit pas. Puis l'aveugle se tourna vers moi, me demanda si sa veste me plaisait, me dit quelle était en cachemire et qu'il l'avait achetée à Paris. Je pense avoir répondu qu'elle était très jolie mais je me demandais toujours pourquoi je ne sentais pas la fumée de cigarette.
Puis l'aveugle se mit à poser des questions au chauffeur sur l'itinéraire qu'il prenait. Il nomma des rues, etc. Il était si bien informé à ce sujet que le chauffeur lui demanda s'il était réellement aveugle et il répondit par l'affirmative. Nous arrivâmes près de chez moi. Le chauffeur s'empressa de prendre mes bagages et m'ouvrit la portière coulissante. L'aveugle dut sortir pour me laisser le passage et alors que je passais devant lui il me demanda s'il pouvait m'aider à porter mes bagages, et quel regard plein d'humour était le sien !
Lorsque j'entrai dans mon appartement, je me laissai choir sur le canapé, contente d'être chez moi. Je remarquai alors sur la table basse un cadre dans lequel je n'avais pas mis de photo et je me dis que j'allais y mettre celle de Saï Baba. Je pris une des revues arrivées pendant mon absence et l'ouvris au hasard sur une photo de Saï baba. C'était le visage même de l'aveugle. S'agissait-il de Saï Baba ?
J'eus un tel choc que je fondis en larmes et m'exclamai : « Je n'ai pas besoin d'aller vous voir, car vous êtes venu à moi. » Je passai le reste de la nuit à regarder la photo, pleurant et joyeuse à la fois, et je me rendis bien en Inde pour le voir.
M. D., Boulder, Colorado, Etats-Unis
[Le Maître de Benjamin Creme indique que cet « aveugle » était Maitreya.]
Lieu : Californie, Etats-Unis
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)
