Partage international no 305 – février 2014
Fin 2013, la campagne en faveur du désinvestissement du combustible fossile a été lancée à travers l’Europe avec le Tour d’Europe sans énergie fossile. Le tour est passé par Berlin, Amsterdam, Edimbourg, Birmingham et Londres, avant de poursuivre sa route avec succès à travers les Etats-Unis, le Canada et l’Australie. Le but est de participer à la création d’un mouvement civique mondial visant à s’opposer à l’industrie des combustibles fossiles.
Bill McKibben, journaliste militant de la cause climatique internationale, membre de la campagne 350.org, a marqué ces évènements en compagnie d’orateurs remarquables comme Naomi Klein, Kumi Naidoo, l’Archevêque Desmond Tutu et nombre de défenseurs de la cause climatique représentant des étudiants et des groupes religieux.
Afin de limiter le réchauffement mondial en dessous de 2°, objectif que les gouvernements ont accepté, l’humanité ne peut plus se permettre d’émettre plus de 565 gigatonnes de dioxyde de carbone supplémentaires dans l’atmosphère. Les réserves de charbon, de pétrole et de gaz appartenant à des sociétés publiques et privées ainsi qu’à des Etats excèdent de loin ce chiffre : elles équivalent à 2 795 gigatonnes de CO2. Les 200 plus importantes sociétés de combustibles fossiles en termes de réserves ont investi presque 700 milliards de dollars ces 12 derniers mois pour découvrir et exploiter davantage de réserves.
Les études de l’Agence internationale pour l’énergie, de la Banque mondiale et du Giec s’accordent sur le fait que pour respecter le budget carbone mondial et maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°, 60 à 80 % des réserves de combustibles fossiles devraient rester sous terre.
La campagne en faveur du désinvestissement s’oppose au pouvoir politique de l’industrie et pousse les gouvernements à adopter des règles plus strictes pour répondre à la crise climatique. Ce type de campagne a déjà conduit de grands changements sociaux autour du monde, de l’Apartheid à l’industrie du tabac. En moins d’un an, ce mouvement a déjà vu 36 institutions abandonner leur lien avec les combustibles fossiles, dont des universités et des institutions religieuses.
A la manifestation londonienne, des orateurs de l’association caritative chrétienne Opération Noah ont fait la promotion de leur nouvelle campagne, appelant les Eglises à se détacher des sociétés impliquées dans l’extraction d’énergies fossiles et pressant la communauté chrétienne à assumer un rôle influent en remettant en cause l’éthique des investissements dans les combustibles fossiles.
Bill Mc Kibben, militant américain, affirme que « s’il est mal de détruire la planète, alors il est également mal de profiter de ce pillage ».
Europe
Sources : www.gofossilfree.org
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
