Partage international no 321 – mai 2015
Tout le monde aime les abeilles, les adultes et les enfants, et c’est vrai pour le professionnel comme pour l’apiculteur amateur. La recherche de rentabilité dans la production de miel et de cire d’abeilles conduit à mécaniser les différents aspects du travail de ces communautés sociables d’insectes, jusqu’à la construction de la ruche. Parmi les adaptations se trouvent les cadres amovibles, la cire de paraffine, les supports plastiques sur lesquels les ouvrières construisent les alvéoles, les chambres de reproduction artificielles et les grilles à reines, les ruches mobiles, l’alimentation à base de sucre et de sirop de maïs génétiquement modifié, et les robinets qui drainent automatiquement le miel sans en laisser aux abeilles.
Des techniques invasives sont également utilisées pour maximiser la production de miel et la pollinisation des cultures. Dans la nature, la reine est élevée dans une cellule ronde, son œuf pointant vers le soleil dans une position verticale. Les apiculteurs du 19e siècle ont constaté que si une cellule hexagonale était modifiée en une structure ronde et orientée verticalement, l’œuf qu’elle contient deviendrait une reine.
Aujourd’hui, près de cent pour cent des reines commencent leur vie en tant que larves d’ouvrières, et sont élevées ainsi. Les ruches peuvent être déplacées à proximité d’une monoculture traitée aux pesticides et aux herbicides à une autre : en Californie pour les amandes et les agrumes, de retour dans le New Jersey pour les canneberges, jusqu’à New York pour les pommes, dans le Maine pour les bleuets, puis vers le Sud en Floride pour l’hivernage, un périple de 150 000 km par an.
Dès 1996, les crises dans l’apiculture avaient conduit le New York Times à publier un article choc intitulé Le silence des ruches, qui avait alerté le public sur l’imminence du danger pour les vergers, les jardins et les cultures, en l’absence des services de pollinisation de l’abeille.
Une nouvelle prise de conscience s’impose relativement aux lois naturelles de la vie, au souvenir de la vraie nature aérienne des abeilles amoureuses du soleil, et à leur besoin de diversité dans les cultures et les fleurs sauvages. Les abeilles à l’origine construisaient leurs ruches dans des nids suspendus aux arbres. Naturellement, ces insectes n’étaient pas aussi enfermés qu’ils le sont maintenant.
Dans cet esprit, une ruche « solaire », basée sur le principe d’un rucher centré sur les abeilles, a été créée. Elle s’inspire de la ruche traditionnelle, tissée à partir de paille de seigle sur un cadre en bois, suspendue à 2,5 m sous un dais de canopée protecteur des intempéries. La partie basse imite les cellules de la colonie sauvage, où les abeilles communiquent, emmagasinent le pollen, le nectar et le couvain. On peut y prélever du miel lorsque les fleurs produisent du nectar en abondance, mais dans cette ruche, ce n’est pas l’objectif principal : c’est la survie de la colonie d’abeilles qui est cruciale.
Sources : Star & Sillon, revue de l’Association biodynamique ; www.permaculture.co.uk
Thématiques : environnement
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
