Responsabiliser les femmes au bénéfice de leurs communautés

Partage international no 347juillet 2017

Bien que des progrès importants aient été réalisés en faveur de l’égalité entre les sexes grâce au travail des organisations qui soutiennent les Objectifs du millénaire pour le développement, les femmes et les filles continuent à subir discrimination et violence dans de nombreuses régions du monde.

Malgré cela, il existe des exemples positifs de femmes qui triomphent envers et contre tout. On constate que les femmes soutenues pour développer leur autosuffisance grâce à un mode de vie durable en partagent les bénéfices avec leurs communautés. Les organisations internationales, qui étudient et encouragent la responsabilisation des femmes pour qu’elles atteignent leur plein potentiel, notent que chaque fois qu’on vient en aide aux femmes, elles partagent leurs revenus avec leurs familles, améliorent l’alimentation et l’éducation de leurs enfants, et aident leurs communautés d’innombrables manières. Dans ce sens, Heifer International, organisme de bienfaisance qui offre aux femmes des animaux de ferme, note : « Si les agricultrices avaient accès aux mêmes ressources que les hommes, plus de 150 millions de personnes supplémentaires auraient assez de nourriture à manger. »

Farida Khatun, du Bangladesh, en est un exemple. Au début des années 1980, alors qu’elle était enceinte à seulement 17 ans de son premier enfant, son mari l’a quittée pour se marier avec une autre femme. Farida a emménagé chez ses parents et a donné naissance à son premier fils. Alors que ses parents l’encourageaient à se remarier, pensant que ce serait le seul moyen d’assurer son avenir, Farida était déterminée à ne pas compromettre son bien-être ou celui de son fils avec un autre homme.

En 1985, son frère lui a acheté un agneau, en espérant que cela lui permettrait de vivre. Avec cet agneau, Farida a pu devenir éleveur de moutons, avec seulement un petit terrain et aucune formation académique dans l’élevage. Aujourd’hui, à l’âge de 50 ans, Farida est un entrepreneur prospère avec un troupeau de 49 moutons et en a inspiré beaucoup dans sa communauté.

Elle élève les animaux avec une compassion attachante. Tous les matins depuis trente deux ans, elle les emmène paître dans les champs, pour les ramener à la maison après le déjeuner. Les moutons dorment dans un abri qu’elle a érigé à côté de son petit espace de vie, où elle peut les surveiller attentivement. Elle traite son troupeau respectueusement comme des membres de sa famille, pleurant à la mort de l’un d’eux. « Les moutons la suivent partout où elle va », raconte la belle-fille de Farina, Salina Begum, ajoutant que Farida élèvera ses moutons jusqu’à son dernier souffle parce qu’ils sont ce qui lui a donné une nouvelle vie.

Une voisine, Razea Begum, a récemment acheté deux femelles à Farida et rêve d’agrandir son troupeau en expliquant : « Je veux changer ma vie comme Farida. » Alors que le fils de Farida, maintenant père de trois enfants, a son propre commerce de fleurs, Farida continue de subvenir aux besoins de sa famille. « Je paye aussi les frais de scolarité de mes petits-enfants. J’ai même acheté les ornements d’or de ma belle-fille pour ses mains, ses oreilles et son cou », dit Farida avec fierté en riant. Elle est la preuve qu’avec la volonté de changer son destin et un soutien extérieur, un esprit humain qui refuse d’être abattu a le potentiel d’inverser sa situation.

Faits et chiffres : les bénéfices de la responsabilisation économique
– Lorsque davantage de femmes travaillent, l’économie prospère. Une augmentation de la participation de la main-d’œuvre féminine (ou une réduction de l’écart entre la participation de la main-d’œuvre féminine et masculine) entraîne une croissance économique plus rapide.
– Des données provenant d’un certain nombre de pays montrent qu’augmenter la part du revenu familial assumée par les femmes, soit par leurs propres gains, soit par des aides financières, modifie les dépenses au bénéfice des enfants.
– L’amélioration de l’éducation des femmes et des filles contribue à favoriser la croissance économique. L’augmentation du niveau de scolarité est à l’origine d’environ 50 % de la croissance économique dans les pays de l’OCDE sur les cinquante dernières années, dont plus de la moitié est due à l’accès des filles à des niveaux d’éducation plus élevés et à une plus grande égalité dans le nombre d’années consacrées à l’éducation entre hommes et femmes. Mais, pour la majorité des femmes, les progrès significatifs dans l’éducation ne se sont pas traduits par une amélioration de leur situation sur le marché du travail.
– Une étude utilisant des données de 219 pays de 1970 à 2009 a révélé que, pour chaque année supplémentaire d’éducation pour les femmes en âge de procréer, la mortalité infantile diminuait de 9,5 %.
– Les femmes ont moins d’accès aux établissements financiers officiels et aux mécanismes d’épargne. Au niveau mondial, 55 % des hommes déclarent avoir un compte dans un établissement financier officiel, contre 47 % des femmes. Cet écart est bien plus important dans les économies à faible revenu moyen, ainsi qu’en Asie du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. [Source : unwomen.org]


Sources : thedailystar.net ; heifer.org ; unwomen.org
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Rubrique : Divers ()