Partage international no 326 – octobre 2015
L’éducation est un droit humain fondamental, cependant elle n’est pas accessible à de nombreux enfants à travers le monde. Dans les zones touchées par la guerre et les conflits à long terme, l’éducation est au mieux perturbée et au pire inexistante.
D’après l’Onu, plus de 13 millions d’enfants reçoivent peu ou pas d’éducation en raison des conflits au Moyen-Orient, et elle avertit que les espoirs d’une génération seront anéantis si les jeunes ne peuvent pas retourner à l’école.
Dans un rapport sur l’impact des conflits sur l’éducation dans six pays du Moyen-Orient, l’Unicef indique que plus de 8 850 écoles ne sont plus utilisables en raison de la violence. Le rapport se réfère non seulement aux dégâts matériels – puisque de nombreux bâtiments scolaires ont été réduits en ruines dans certains pays – mais également aux dommages psychologiques et émotionnels. « L’impact destructeur du conflit est ressenti par les enfants dans toute la région, explique à l’AFP Peter Salama, directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Ce ne sont pas seulement les dégâts matériels faits dans les écoles, mais également le désespoir ressenti par une génération d’écoliers qui voient leurs espoirs et leur avenir brisés. »
Le rapport décrit des cas d’élèves et d’enseignants pris sous des tirs directs, des salles de classe utilisées comme abris ou encore des enfants devant traverser les lignes de front pour aller passer leurs examens. En 2014, l’Unicef a documenté 214 attaques contre des écoles en Syrie, en Irak, en Libye, dans les Territoires palestiniens, au Soudan et au Yémen. Au sujet de la Syrie, le rapport explique que le système éducatif y a payé un lourd tribut après quatre ans et demi de conflit. Une école sur quatre a été fermée, obligeant plus de deux millions d’enfants à abandonner l’école et mettant en péril la scolarisation de près d’un demi-million de jeunes. Plus de 52 000 enseignants ont quitté leur emploi, mettant en ruine le système d’éducation. Le rapport met également en évidence le fait que les enseignants qui se sont résolu à quitter la Syrie sont confrontés à des obstacles qui les empêchent de travailler dans un autre pays.
Dans la bande de Gaza, la guerre de 2014, qui a duré 51 jours, a endommagé au moins 281 écoles dont huit ont été complètement détruites.
En Irak, les forces pro-gouvernementales se battent contre l’Etat islamique d’Irak et du Levant (ISIL). Le conflit y a eu de graves répercussions sur la scolarisation d’au moins 950 000 enfants. Quelques 1 200 écoles ont été transformées en abris pour les personnes déplacées et on trouve jusqu’à neuf familles par salle de classe.
Au Soudan, le nombre élevé de familles déplacées qui fuient la violence au Darfour et au Kordofan du Sud a mis à mal l’infrastructure scolaire du pays. L’Unicef a lancé un appel pour améliorer les systèmes informels d’éducation dans les pays touchés par les fermetures d’écoles et a demandé aux pays donateurs d’accorder la priorité au financement de l’éducation dans l’ensemble du Moyen-Orient. « Avec plus de 13 millions d’enfants qui n’ont plus accès à leurs salles de classe à cause des conflits, il n’est pas exagéré de dire que les perspectives d’éducation d’une génération sont en péril », conclu le rapport.
– l’ampleur de l’analphabétisme chez les jeunes représente aussi un énorme défi ; on estime que 122 millions de jeunes dans le monde sont analphabètes ; les jeunes femmes représentent 61 % de cette population ;
– les 67,4 millions d’enfants qui ne sont pas scolarisés sont susceptibles de rencontrer de grandes difficultés à l’avenir, car une éducation de base insuffisante ou inexistante est à l’origine de l’analphabétisme ;
– avec 775 millions d’adultes qui ne savent pas lire, l’alphabétisation pour tous reste un objectif hors de portée.
[Source : Unesco]
Sources : Unicef, Unesco, AFP
Thématiques : éducation
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
