Quand toute cette folie prendra fin

Partage international no 217septembre 2006

Interview de Uri Avnery par Felicity Eliot

Né en Allemagne en 1923, Uri Avnery a émigré en Palestine avec sa famille en 1933. Il a dédié sa vie à promouvoir la paix entre Israéliens et Palestiniens : en tant qu’auteur d’ouvrages et rédacteur de magazines, membre du Parlement israélien, la Knesset, et en tant qu’infatigable activiste pour la paix.

En 2001, Uri et sa femme Rachel, co-fondateurs de « Gush Shalom », le Bloc de la Paix israélien, reçurent le Right Livelihood Award (Prix Nobel alternatif), « en vertu de leur inébranlable conviction, dans les circonstances les plus difficiles, que la paix et la fin du terrorisme ne peuvent advenir que par la justice et la réconciliation. »

U. Avnery, son épouse et leurs collègues sont courageux et persévérants face au mépris affiché par de nombreux Israéliens vis-à-vis de leur lutte contre l’injustice. Pour certains, paix et réconciliation sont des insultes lorsque cela implique de négocier avec l’ennemi.

En 1974, Uri Avnery fut le premier Israélien à entretenir des échanges avec de proches collaborateurs de Yasser Arafat, qu’il considère comme « un géant », et en 1982, il fut le premier Israélien à le rencontrer et à l’interviewer. Pendant trente ans, Uri Avnery a soutenu la position politique du leader palestinien. Par la suite, quand Y. Arafat fut plus ou moins isolé et tenu à demeure dans son quartier général de Ramallah, le Muqata, Uri Avnery a continué à lui rendre visite.

Le 6 août 2006, Felicity Eliot s’est entretenue avec lui par téléphone pour Partage international depuis sa résidence à Tel Aviv (Israël). Avant de répondre à nos questions, U. Avnery a tenu à exprimer sa profonde tristesse devant la crise actuelle au Moyen-Orient et ses victimes, des deux côtés.

Partage international : Qu’est-ce qui vous a incité à créer Gush Shalom ?
Uri Avnery : En 1993, avant les accords d’Oslo, le premier ministre Yitzhak Rabin ordonna la déportation de 425 activistes islamistes vers le Liban. Le principal mouvement pour la paix de l’époque, Peace Now, resta silencieux. C’est alors que nous avons réalisé qu’il ne critiquerait jamais Y. Rabin, un premier ministre travailliste. Nous avons donc lancé Gush Shalom.

PI. Avec Gush Shalom vous avez avancé des principes de base qui peuvent en surprendre plus d’un.
UA. Une exigence fondamentale consiste au retrait total d’Israël de tous les Territoires occupés, les terres dont nous avons pris possession. Nous devons faire la paix avec le peuple palestinien et avec les dirigeants qu’ils ont élus.

PI. Pour être tout à fait clair, vous plaidez en faveur de négociations avec le Hamas, qui pour beaucoup est une organisation terroriste. Les Israéliens devraient reconnaître le Hamas comme parti élu pour représenter le peuple palestinien, restituer les territoires occupés et reconnaître le droit du peuple palestinien à fonder un Etat indépendant ayant pour capitale Jérusalem-Est ?
UA. Oui, telle est notre position.

PI. A votre avis, combien de puissances sont réellement impliquées dans ce conflit ? Certains disent qu’il s’agit d’une guerre par procuration, certains soutiennent que la Syrie et l’Iran sont impliqués, pendant que d’autres ont la conviction que c’est la guerre de l’Amérique et d’Israël contre les puissances musulmanes de la région.
UA. Fondamentalement, ce conflit oppose Israël et le Hezbollah. Mais c’est aussi une guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, bien sûr, où sont impliqués la Syrie et, indirectement, chacun d’entre nous.

PI. Quelle est votre opinion sur la nouvelle résolution des Nations unies ?
UA. Une manœuvre hypocrite ; c’est un jeu cynique dont la seule intention apparente est de permettre à M. Olmert de poursuivre la guerre selon son bon vouloir. Le Hezbollah ne peut certainement pas l’accepter, et sans le Hezbollah aucun cessez-le-feu n’est possible.

PI. Mais c’est justement un des problèmes. Le Hezbollah a été complètement exclu des négociations, court-circuité.
UA. C’est tellement stupide ! Pour aboutir à un accord, toute négociation sérieuse doit se faire ente les deux belligérants. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah. Si nous voulons la paix, nous devons parler avec l’autre camp. C’est du pur bon sens. Il n’y a pas besoin d’être un génie pour comprendre cela !

PI. Dans un de vos récents articles, vous expliquez le problème du plateau du Golan pris à la Syrie en 1967, et comment le Hezbollah est devenu la cible directe d’opérations israéliennes, ce que semble ignorer les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, qui se sont récemment positionnés contre un cessez-le-feu immédiat. Vous avez écrit : « La Syrie est un acteur central dans ce champ de bataille. Aucun véritable accord ne pourra être conclu sans la participation, directe ou indirecte, de la Syrie.
UA. En vérité, c’est nous qui avons créé le Hezbollah. Quand l’armée israélienne a envahi le Liban en 1982, les chiites ont accueilli les soldats avec du riz et des sucreries. Ils espéraient qu’ils évinceraient les forces de l’OLP, qui contrôlaient la zone. Mais quand ils réalisèrent que notre armée était venue pour rester, ils ont commencé une guérilla qui dure depuis 18 ans. Le Hezbollah est né et a grandi pendant cette guerre, jusqu’à devenir l’organisation la plus puissante de tout le Liban. Mais cela ne serait pas arrivé sans le sou-tien massif que lui a apporté la Syrie. La Syrie a pour but de reprendre possession du plateau du Golan qui a été officiellement annexé par Israël […].
La frontière libanaise sera toujours menacée tant que nous n’aurons pas trouvé un accord avec la Syrie. Autrement dit : jusqu’à ce que nous n’ayons rétrocédé le Golan. L’alternative est d’entrer en guerre contre la Syrie, avec ses missiles balistiques, ses armes chimiques et biologiques et une armée dont les capacités sont prouvées. Le président Bush pousse Israël à cette solution, peut-être pour détourner l’attention de ses fiascos en Irak et en Afghanistan1. »

PI. 1Quelle est l’action actuelle de Gush Shalom dans la crise ?
UA. Nous menons une campagne et une lutte contre la guerre. Nous écrivons constamment des articles. Nous organisons des manifestations. Hier (5 août), Tel Aviv a connu sa plus importante manifestation, avec environ 10 000 participants. C’était environ la dixième.

PI. Le mouvement pour la paix prend-il de l’ampleur ?
UA. Oui. Le premier jour, il y avait 100 manifestants, puis quatre jour après 1 000 ; samedi dernier 5 000 et maintenant 10 000. Accessoirement, c’est précisément de cette façon que se sont développées nos manifestations au cours de la première guerre du Liban ; elles sont allées de 100 personnes à 400 000 après le massacre des camps de Sabra et Shatila.
Dans un sens, c’est du déjà vu. La différence est que nous luttons aujourd’hui contre une énorme propagande organisée, bien plus efficace que précédemment. Ici, personne n’a le droit de critiquer ; rien de ce que nous disons ou écrivons n’est diffusé. Le journal Ha’aretz, laisse parfois paraître des commentaires négatifs dans ses pages éditoriales. Mis à part cela, il soutient totalement la guerre, tout comme les autres médias.

PI. Dans de telles conditions de censure, comment parvenez-vous à faire connaître votre message ?
UA. Par l’intermédiaire de nos propres moyens : lors des manifestations, sur notre site Internet et par messagerie électronique. Chaque jour, nous plaçons des annonces politiques dans les journaux, grâce à nos maigres ressources. Nous envoyons aussi nos articles à de très nombreux publications et sites Internet. Une part de notre tâche, telle que nous la voyons, consiste à éveiller l’attention du monde sur les besoins urgents. Notre rôle est de réveiller les gens pour qu’ils mettent fin à cette guerre : le devoir de tous est d’arrêter cette guerre.

PI. Si vous pouviez parler directement au peuple américain, que lui diriez-vous?
UA. « Votre gouvernement mène une politique criminelle. Le gouvernement américain nous a poussé à la guerre ; cela ne serait jamais arrivé sans le président Bush et son entourage. »
Entre notre gouvernement et le gouvernement américain, je ne pourrais dire qui désirait le plus lancer cette guerre. Les manœuvres détournées de l’administration américaine de ces derniers jours ont été imaginées uniquement pour prolonger la guerre, peut-être pour qu’Israël entre en guerre avec la Syrie, et que la Syrie soit enfin impliquée dans ce conflit. Certaines personnes ici disent que ceci est leur véritable objectif : mener une guerre par l’intermédiaire d’Israël dans le but de défendre les intérêts américains.

PI. Partagez-vous cette opinion ?
UA. Je n’irais peut-être pas aussi loin. Mais, effectivement, il existe certainement une alliance étroite entre MM. Bush et Olmert pour ne pas ordonner le cessez-le-feu.

PI. Vous voulez dire qu’ils retardent délibérément un cessez-le-feu ?
UA. Exactement, et chaque jour qui passe apportera un désastre indescriptible. Ce n’est pas seulement que des gens sont tués tous les jours, des Palestiniens et des Israéliens, mais c’est aussi qu’un pays innocent, le Liban, est dévasté et cours à sa totale destruction. Il est difficile de se représenter l’ampleur de ces destructions.
A présent, je crois qu’il y a un million de réfugiés libanais, soit un quart de la population totale du Liban.

PI. Et maintenant, les réfugiés libanais se réfugient, assez ironiquement, dans les camps de réfugiés palestiniens.
UA. Oui ; partout où ils peuvent trouver un endroit plus sûr, et aussi en Jordanie et en Syrie.

PI. A moins d’en avoir fait l’expérience soi-même, c’est difficile à imaginer pour une personne qui vit dans le confort.
UA. Chaque Américain ou Européen devrait essayer de s’imaginer ce que cela fait d’être averti que vous devez quitter votre maison en une heure. C’est-à-dire faire vos valises et celles de votre famille, vos enfants, peut-être vos parents, ne prendre presque rien et fuir son domicile en une heure, et pour aller où ? Monter dans votre voiture si vous avez de l’essence. Il n’y a pas moyen de se procurer de l’essence dans le Sud-Liban. Oubliez votre mai-son et tout ce que vous avez et partez, sans savoir où, ni à quoi vous attendre. Main-tenant, multipliez cela par un million. Voilà à quoi ressemble le Liban.
Il y a aussi quelque chose comme un demi-million d’Israéliens qui ont quitté leur domicile, même si eux au moins sa-vent où aller et en ont les moyens.
Et à côté de cela, il y a ces satanés politiciens cyniques qui prennent des décisions sans scrupules : « N’arrêtons pas la guerre. Arrêtons-là. Continuons. Encore pour quelques semaines. » Chacun d’entre eux est un criminel de guerre.

PI. En diriez-vous de même pour les Européens ?
UA. Exactement pareil ! L’Europe a un comportement cynique. Quand j’ai entendu que l’Allemagne avait voté contre une résolution d’arrêt des combats, je n’ai pas pu en croire mes oreilles. En sont-ils encore là ?

PI. Beaucoup de Britanniques sont consternés par la position de Tony Blair.
UA. Tony Blair est l’un des pires. Il ne vaut pas mieux que tous les autres qui sont impliqués.

PI. Tony Blair a récemment averti qu’un « arc d’extrémisme » s’étend sur le Moyen-Orient. Lors d’un discours au Conseil des affaires mondiales, le 3 août 2006, il a déclaré : « Cette guerre ne peut pas être remportée de manière conventionnelle, elle peut se gagner seulement par la démonstration que nos valeurs sont plus fortes, meilleures et plus justes, plus équitables que les leurs. » Il semble que lui-même et ceux avec qui il collabore voudraient voir les valeurs occidentales l’emporter.
UA. Pour moi cela ressemble au « Protocole des aînés de Sion », la conspiration sioniste visant à dominer le monde. Maintenant, nous avons de l’antisémitisme, non dirigé contre les juifs mais contre les musulmans. Cela est très néfaste, c’est du racisme. Si c’est un stratagème pour renforcer la domination mondiale américaine, alors c’est tout simplement sournois. Cela sert leurs objectifs.

PI. Connaissant votre perception de la nécessité de la justice pour chaque partie, que diriez-vous aux Palestiniens et aux Libanais ?
UA. Je vous répèterais le discours que j’ai tenu hier, lors de la manifestation : « Je veux dire à nos partenaires palestiniens : « Nous ne vous avons pas oubliés ! Nous connaissons les atrocités qui sont commises chaque jour à Gaza et dans les autres territoires occupés. Nous devons coopérer dans le but de mettre fin à cette guerre, d’échanger les prisonniers, de faire la paix entre nos deux peuples. »
Ici, au nom de cette manifestation, je veux dire au peuple libanais : « En tant qu’Israélien, j’ai terriblement honte de ce que nous vous faisons subir ! De cette dévastation dont nous vous affligeons. J’ai terriblement honte ! »
Quand toute cette folie prendra fin, nous devrons lutter ensemble, Israéliens et Palestiniens, Syriens et Libanais, citoyens juifs et arabes d’Israël. Ainsi, nous pourrons avoir une vie normale, chacun dans un Etat libre, en paix côte à côte ! »

« La guerre se joue contre le Hezbollah : le cessez-le-feu doit se faire avec le Hezbollah.
Un accord sans le Hezbollah et la Syrie ne vaudra pas plus que le papier sur lequel il est écrit »
[Publicité placée par Gush Shalom dans Ha’aretz, le 8 août 2006]

PI. Les yeux rivés sur le Liban, le monde oublie Gaza et les territoires occupés (sans parler de l’Afghanistan ou de l’Irak).
UA. Ce qui se passe dans la bande de Gaza n’est pas différent de ce qui se passe au Liban. C’est peut être pire. La situation est intolérable : de 10 à 20 personnes sont tuées chaque jour, principalement des femmes et des enfants. C’est une atrocité quotidienne : 1 250 000 personnes y vivent privées de l’essentiel, sans eau, ni électricité, ni médicaments et sans nourriture. Ils sont reclus et encerclés de toutes parts. Certains parlent d’une immense prison. Non, ce n’est pas une prison, parce que les responsables d’une prison ont le devoir de nourrir les détenus. Dans la bande de Gaza, personne ne prend en charge les Palestiniens qui y vivent.
Et depuis quarante ans, nous savons qu’une solution au problème israélo-palestinien existe, une solution facile à mettre en œuvre : quitter les territoires occupés et laisser les Palestiniens disposer de leur propre Etat sur ces territoires.

PI. Quelle part cela représente-t-il de leur terre d’origine ?
UA. Et bien, laissez-moi vous rappeler que ces territoires ne représentent plus que 22 % des terres d’origine de la Palestine telles qu’elles avaient été décidées en 1948. Seulement 22 % ! Les gens oublient cela. A l’heure actuelle, si les Palestiniens déclarent, comme ils le faisaient par l’entremise de leur dirigeant Yasser Arafat, qu’ils veulent bien accepter ces 22 %, c’est déjà une énorme concession.

PI. C’est un énorme sacrifice, montrant une réelle volonté de compromis.
UA. Mais cette offre n’a pas été retenue car beaucoup dans notre pays veulent annexer davantage de terres encore. Ils aimeraient garder 11 % de plus, et laisser seulement aux Palestiniens la moitié de la petite portion de territoire dont ils veulent bien se contenter.

PI. A coup sûr, les ingrédients d’un plus grand désastre ?
UA. Cela ne peut conduire qu’à l’intensification des combats, comme on le voit déjà.

PI. Vous avez sans doute la certitude, comme beaucoup d’autres, que les plans de retrait de Gaza de M. Sharon faisaient partie d’une stratégie plus large.
UA. A. Sharon a réalisé que la bande de Gaza était un fardeau, empêchant Israël de faire ce qu’il voulait, ce qu’il est en train de faire : couper la bande de Gaza du monde et se libérer de la responsabilité d’avoir à assurer la sécurité et l’approvisionnement de ses habitants. Aujourd’hui, la bande de Gaza est totalement à la merci de l’armée israélienne. L’armée va et vient, tue ici ou là, arrête les personnes ici, les harcèle là. Ouvertement. Personne ne fait attention car les yeux du monde sont rivés sur le Liban ou sur d’autres problèmes.

PI. Diriez-vous que le monde a le couteau sous la gorge, et que la paix-même est menacée par Israël et ceux qui supportent la politique israélienne ?
UA. Oui ! La paix est menacée par la politique israélienne. Maintenant, cela s’appelle le plan Olmert, voulant annexer la Cisjordanie, construire des murs et créer une sorte de « Bantoustan » palestinien complètement à la merci d’Israël.

« Notre combat n’est qu’une infime partie de la lutte mondiale pour la paix, la justice et l’égalité entre les êtres humains et entre les nations, pour la préservation de notre planète. Tout cela peut-être résumé en un mot, qui en hébreux et en arabe à la fois ne signifie pas seulement la paix, mais aussi l’intégrité, la sécurité et le bien-être : Shalom, Salaam. » Uri Avnery

PI. Israël veut établir une domination totale dans la région. Qu’en est-il du Hezbollah ?
UA. Nous dominons la région depuis la guerre des Six Jours, en 1967. Israël est une des plus importantes forces militaires dans le monde. Le Hezbollah est la première force arabe à s’opposer à l’armée israélienne, mais c’est parce que c’est une force de guérilla. C’est ce qui exaspère tant nos officiers : ils ne savent pas comment venir à bout de cette armée de guérilla. La puissante armée qui a renversé trois armées arabes en six jours en est maintenant au vingt-sixième jour de combat contre le Hezbollah sans aucun résultat décisif ; il est incroyable qu’après 26 jours quelques milliers des guérilleros lui tiennent toujours tête. Il n’est alors pas étonnant que le Hezbollah devienne le héros du monde arabe.
C’est peut-être le véritable résultat de la guerre, qu’une organisation fanatique chiite soit devenue le héros du monde arabe. Il s’est accompli quelque chose qui pourra peut-être revêtir une dimension historique : sunnites et chiites se sont étroitement rapprochés pendant que le soi-disant gouvernement modéré sous contrôle de l’administration Bush s’est mis à susciter le dégoût de la plupart des arabes.
Le Hezbollah tire profit du soutien de la Syrie sunnite ; maintenant, nous assistons à une fusion entre le Hamas (une organisation sunnite) et le Hezbollah.

PI. Je vois que vous suggérez un boycott des produits israéliens ? Préconisez-vous un boycott général ?
UA. Nous avons proclamé un boycott des produits provenant des territoires occupés. Un mouvement israélien de paix comme le nôtre se doit de convaincre l’opinion publique de mettre la pression sur ses représentants afin qu’Israël se retire des territoires occupés. Je pense que toute personne, où qu’elle se trouve, devrait faire de même : organiser l’opinion publique pour qu’elle exerce une pression sur son gouvernement afin qu’il ne soutienne pas cette guerre et qu’il commence à soutenir la paix. Nous ne sommes pas contre Israël – cela dépend de quel Israël nous voulons. Si vous soutenez la cause palestinienne, cela ne signifie pas que vous êtes anti-israélien. Nous devrions soutenir les forces de paix de chaque côté.

Pour plus d’information : www.gushshalom.org
1. Uri Avnery, Questions et réponses – L’invasion du Liban, Gush Shalom, 26 juillet 2006.

Auteur : Felicity Eliot, rédactrice en chef de Share International, basée à Amsterdam (Pays-Bas).
Thématiques : politique
Rubrique : Entretien ()