OURAGAN MITCH :
Partage international no 125 – février 1999
Les effets tragiques de l’ouragan Mitch qui a frappé l’Amérique centrale en novembre 1998, provoquant 11 000 morts et la dévastation virtuelle du Honduras, avec la destruction de 70 pour cent des infrastructures, ont éveillé le pouvoir du peuple dans les pays développés. L’Espagne a montré la voie: quelques jours seulement après la catastrophe, une somme sans précédent de 31 millions de dollars a été collectée par le gouvernement et les ONG. Les gens ont fait la queue dans les banques afin de verser des dons, les lignes téléphoniques des organisations à but non lucratif ont été saturées et des programmes télévisés se sont transformés en téléthons impromptus pour réunir des fonds.
Cependant, la solidarité des gouvernements a été moins évidente. L’Espagne fut encore le pays le plus généreux, avec cent 192 millions de dollars d’aide et la supression de 30 pour cent de la dette – mieux que les Etats-Unis qui ont apporté 80 millions de dollars, et l’Union européenne 118 millions de dollars – dont 88 millions sous forme de crédit au développement. Le gouvernement français a décidé « d’annuler la majeure partie de la dette de ces pays ». La France et la Grande Bretagne doivent également créer un fonds de secours qui prendra en charge une partie de la dette de ces pays au Fonds monétaire international. L’Allemagne n’accordera pas d’annulation unilatérale mais à une réduction de la dette du Nicaragua et du Honduras. Les Pays Bas, où 50 millions de dollars ont été réunis, ont annoncé qu’ils annuleraient les intérêts et frais de recouvrement des dettes du Honduras et du Nicaragua, soit plus de 30 millions de dollars.
De plus, l’Union européenne a décidé d’engager un « dialogue politique » avec les pays touchés, afin de considérer la possibilité d’annuler la totalité de leur dette extérieure, qui totalise 17 milliards de dollars.
Bien que les actions entreprises par les différents gouvernements ont été quelque peu ambiguës et ont reçu la critique de nombreuses organisations non gouvernementales, elles ont néanmoins marqué une nouvelle étape, comme le souligne Elena Pisonero, secrétaire d’Etat espagnol au commerce : « Traditionnellement, les pays formaient des alliances pour faire la guerre, mais maintenant, petit à petit, ces alliances servent à construire la paix. L’aide humanitaire en Amérique centrale, la plus importante à ce jour, constitue un bond en avant dans les relations internationales ».
Amérique Centrale
Sources : La Vanguardia, Espagne
Thématiques : Société, environnement, Économie
Rubrique : Divers ()
