Partage international no 350 – octobre 2017
En Ouganda, il n’existe pas de camps de réfugiés entourés de murs. Les réfugiés sont accueillis avec générosité et on leur offre une terre à cultiver. Les propriétaires fonciers, les instances locales et l’État leur en font don. Les organisations humanitaires soutiennent ce modèle visionnaire de prise en charge des réfugiés, fondé sur le principe du partage et sur la conviction qu’il est dans l’intérêt de toutes les parties que les immigrés soient intégrés dans les plans nationaux de développement. Près d’un million de réfugiés soudanais, dont plus de 75 000 enfants non accompagnés ou séparés de leur famille, ont fui le Sud-Soudan et la guerre civile qui y sévit depuis 2013.
Ils arrivent dans des centres d’accueil qui leur fournissent un repas chaud et une visite médicale. Au centre de Koluba, une représentante du premier ministre ougandais accueille les nouveaux arrivants avec cette déclaration : « Vous êtes venus ici pour assurer la sécurité de vos enfants. Ils sont l’espoir et l’avenir. Nous souhaitons que dans votre nouvelle maison, vous puissiez réaliser les rêves et les aspirations de vos enfants. Bienvenue en Ouganda. »
L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) distribue aux réfugiés un « kit de démarrage pour la dignité » qui fournit les éléments essentiels à la reconstruction d’une vie. Quelques jours après, les réfugiés se verront attribuer une parcelle de terre sur laquelle ils pourront construire leur abri d’urgence et commencer à cultiver ; ce qui leur permettra de moins dépendre de l’aide. Ils ont accès aux mêmes systèmes de santé et d’éducation que les nationaux et sont libres de travailler et de créer leur propre entreprise.
La politique de l’Ouganda contribue à améliorer la vie de ses propres citoyens. En moins d’un an, Bidi Bidi, petit village du nord de l’Ouganda, est devenu l’un des plus grands camps de réfugiés du monde avec plus de 272 000 habitants. Avant l’arrivée des réfugiés, il n’y avait pas d’école, pas de dispensaire, pas de routes goudronnées. Il fallait des jours aux agriculteurs pour rejoindre le marché et vendre leurs récoltes. Avec la construction de nouvelles routes, il leur suffit maintenant de quelques heures.
Les villageois de Bidi Bidi ont fait don de terres par l’intermédiaire d’un programme gouvernemental, mais également directement aux réfugiés lorsqu’ils avaient besoin de terres supplémentaires à cultiver. Cette coexistence réussie, rendue possible par la politique ougandaise en faveur des réfugiés, est un témoignage émouvant du pouvoir de la générosité humaine pragmatique. L’Ouganda n’est pas un endroit où l’on regarde les réfugiés en disant : « Il n’y a pas de place pour vous ici. »
Ouganda
Sources : unhcr.org ; telegraph.co.uk
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Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
