L’idée d’« unité dans la diversité » imprègne chaque aspect de notre vie moderne : politiciens, travailleurs sociaux, éducateurs, artistes et scientifiques reconnaissent la variété des expressions de l’aspect forme autant que l’importance de l’unité pour réaliser toute tâche qui nécessite une plus grande vision que la sienne propre. On réalise de plus en plus qu’aucun individu, groupe, pays ou science ne peut fournir seul la réponse qui permettrait de résoudre les problèmes mondiaux.
Tandis que la société semble avoir conscience que la diversité n’est pas seulement un concept à la mode, mais une réalité provenant de la variété de nos cultures, la vraie signification de cette unité dans la diversité est plus difficile à définir, et par-dessus tout, à vivre. La plupart de nos problèmes, spécialement dans les domaines politiques et économiques, ont à leur base le manque d’unité. La métaphore de « l’humanité est une famille » est ancienne, mais nous ne l’avons pas encore mise en acte. Si nous comprenions l’humanité comme un grand organisme composé de différentes parties reliées entre elles par une conscience de l’unité, alors la plupart de nos problèmes les plus ancrés se résoudraient d’eux-mêmes relativement vite. Le fait que nous agissons encore égoïstement, sous prétexte du respect dû à notre personnalité, est la cause de la plupart de nos maux. A la fois l’unité et l’individualité sont des concepts sacrés qui, pris ensemble, nous aident à comprendre la signification de la véritable unité.
Il n’est pas vraiment possible d’unir ce qui est identique : vous pouvez ajouter sans fin des éléments identiques mais, puisqu’ils sont identiques, ils ne fournissent rien de nouveau. Il en résultera une sorte de conglomérat de la même expression individuelle plutôt qu’une véritable unité. L’humanité a créé les mouvements politiques, sociaux et culturels de notre récent passé en se basant sur l’idée fausse que seul ce qui est semblable peut s’unir, rejetant toute chose et toute personne qui semblent différentes.
Nous avons appris à tolérer la différence, mais cela n’est pas reconnaître l’unité. Si nous parlons « d’unir », il s’agit nécessairement de combiner des éléments différents pour former un tout harmonieux. L’unité sans la diversité ne peut exister. Et c’est à cette simple, puissante et profonde définition de l’unité que le livre de B. Creme est dédié.
En commençant avec l’affirmation selon laquelle « pour les Maîtres, l’unité est la réalité intérieure de nos vies, reflétant l’unité de chaque atome en relation avec tous les autres atomes du cosmos » (p. 7) et que « consciemment ou non, nous cherchons tous l’unité, qui est la réalisation prédestinée de notre aspiration et de notre création » (p. 7), l’Unité dans la diversité prend un ton engageant dès le début. Il existe de nombreux livres qui traitent de la difficulté à vivre ensemble dans la diversité, mais aucun n’est exclusivement dédié à la signification ésotérique de l’unité. En réunissant les articles du Maître de B. Creme traitant de différents aspects de l’unité, à la fois ésotériques et exotériques, avec les commentaires de Benjamin Creme exprimés lors de ses conférences ou publiés dans sa revue mensuelle sur le sujet, l’Unité dans la diversité est unique pour la richesse et la qualité de la compréhension qu’il offre sur la voie à suivre par l’humanité pour qu’elle vive dans l’unité. Si l’unité est, comme Benjamin Creme nous le rappelle : « Le but essentiel de notre existence humaine », synonyme de notre désir intérieur et de l’expression de nos efforts créatifs, alors cette unité, ou ce manque d’unité, se reflète dans tous les domaines exotériques de nos vies.
Le domaine de la politique fournit un terrain propice à l’humanité pour interpréter son unité, et Maitreya stimule tout effort social qui s’oriente vers l’exigence du respect des droits et la création d’une société plus juste. C’est l’essence des myriades de mouvements « le pouvoir du peuple » qui prolifèrent ces dernières années. Selon Benjamin Creme : « La volonté éduquée et focalisée de l’humanité engendre une opinion publique mondiale contre la guerre, contre le terrorisme, et appelle à la justice et au partage. Ainsi Maitreya n’impose pas, mais l’humanité, stimulée par Maitreya, fait le travail » (p. 101). Dans chaque article et chaque page de l’Unité dans la diversité, le lecteur saisit de façon frappante l’idée que le temps est venu de vivre en unité. Bien qu’il reste des obstacles créés par les humains, l’humanité a maintenant atteint un point où non seulement travailler vers cette unité est devenu une aspiration, mais où cela se produit effectivement, même si c’est par tâtonnements.
Prêts pour l’unité
L’idée que l’humanité est prête pour l’unité et qu’elle cherche à s’en approcher est peut-être le message le plus puissant du livre qui donne ainsi un espoir et constitue un guide pour regagner notre sens intérieur de l’unité en pensées et en actions. Bien que la plupart des lecteurs de Partage international soient familiarisés avec les articles du Maître, la réunion de ses écrits emprunts de sagesse sur ce sujet et d’autres textes s’y rapportant font de ce livre un guide fondamental sur l’art de s’unir pour et autour d’un but. Lorsque nous comprenons vraiment que les principaux systèmes politiques modernes – communisme, capitalisme et différentes formes de fascisme – sont une réflexion déformée des qualités des rayons d’aspect 1, 2 et 3, nous nous rendons mieux compte de la manière dont fonctionnent les dynamiques de la politique contemporaine. Benjamin Creme excelle à fournir la correspondance exotérique des points de vue ésotériques sur lesquels lui-même et son Maître apportent leur éclairage et qui, dans ce cas particulier, sont les rouages de la politique américaine et l’émergence d’un nouveau système politique : un mélange intelligent de capitalisme et de socialisme. La question de la politique est étroitement liée à celle du partage, car « partager est la seule façon de parvenir à la justice et à la fin de la guerre, et d’instaurer la paix. La paix et la fin du terrorisme dépendent de la création de la justice, et une seule chose peut y parvenir : partager les ressources du monde. Voilà les simples choses que l’humanité doit comprendre » (p. 32)
Comme dans nombre de ses ouvrages, Benjamin Creme nous rappelle l’importance du partage dans notre vie. Avec l’Unité dans la diversité, le partage se perçoit sous un jour quelque peu différent alors que nous réalisons qu’il constitue un préalable non seulement à la justice et à la paix, mais aussi à la création d’une humanité vraiment unie.
Si partager est la véritable expression de la nature aimante de l’âme, de la simple bonne volonté aux actes d’amour impersonnels et en conscience, la pratique du partage conduira l’humanité à une plus grande reconnaissance de notre interconnexion ésotérique, et nos actions, motivées par la créativité de l’âme, tendront vers l’unité. Benjamin Creme nous rappelle que la confiance est le tremplin vers le partage : « Vous pouvez tout résoudre avec la confiance. Vous devez instaurer la confiance, et ce n’est qu’en partageant les ressources du monde que vous pourrez le faire. Alors, tous les autres problèmes – le Moyen-Orient, le sauvetage de la planète elle-même, etc. – tout cela peut être géré lorsque la confiance existe. La plupart des désagréments disparaîtront tout simplement, dissipés dans la volonté qui émanera avec une formidable puissance lorsque le partage des ressources prendra place » (p. 32). Cette « dissipation des désagréments » concerne l’humanité unie, et le travail de groupe. L’unité devrait se refléter dans nos rapports avec le monde de la nature. La crise environnementale n’est qu’un reflet de notre désunion avec les forces élémentaires de la nature, puisque « les forces des éléments répondent à notre stress. L’humanité doit comprendre la connexion qui existe entre toutes les forces et tous les aspects de la planète » (p. 122), et ainsi, accroître la conscience de la manière dont nos pensées et nos actions affectent les conditions naturelles de la planète.
L’Unité dans la diversité éclaire sous tous les angles le sens de notre existence en tant qu’être humain et de notre responsabilité à vivre unis dans les différences de nos personnalités et entre les buts de nos âmes. Il ne s’agit pas seulement d’une idée tonique et exaltante, mais d’un énergique appel à l’action : un vrai choix pour l’humanité, comme B. Creme l’explique brillamment dans le chapitre intitulé le Choix de l’humanité et la vitesse du changement » (p. 141). Si nous devons opter pour la confiance, le partage, la justice et la paix, nous devons le faire parce que nous comprenons notre unité sous-jacente.
« L’unité n’est pas trop difficile à atteindre dans les premiers niveaux de formation d’un groupe ; si le but dès son origine est assez attractif, cela peut suffire à maintenir l’unité du groupe » (p. 149). C’est de nouveau une affirmation puissante qui éveille le lecteur à une participation active vers l’expression de la réelle unité. Avant le Jour de Déclaration prévu pour bientôt, l’humanité doit se préparer à la beauté et au travail qui l’attend : travailler maintenant en formation de groupes pour l’étape finale de l’émergence de Maitreya, tous unis par un objectif aussi magnétique. C’est le meilleur éclairage et le meilleur conseil que pourra trouver le lecteur de l’Unité dans la diversité.
Unity in Diversity : the Way Ahead for Humanity, B. Crème, juin 2012, IBSN 978-90-71484-98-8, 168 p. US$ 14, £ 9, € 12. Version française en cours de traduction.
Voir photographie dans la version imprimée de la revue Partage international n° 291 de novembre 2012, page 14.
Auteur : Carmen Font, professeur d’université et correspondante Share International. Elle réside en Espagne.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Compte rendu de lecture ()
