Partage international no 338 – octobre 2016
Au cours du premier semestre 2016, près de 26 000 enfants non accompagnés ont été appréhendés à la frontière américaine. On peut y ajouter 29 700 personnes voyageant en famille, surtout des mères et leurs jeunes enfants.
Selon un rapport de l’Unicef publié en août 2016, des milliers d’enfants latinos tentent d’échapper à la violence des gangs et à la pauvreté en Amérique centrale et sont arrivés aux Etats-Unis cette année. Et aucun signe ne laisse entrevoir une diminution de ce flux. « Ces chiffres sont extrêmement élevés, déclare Patrick Moser, l’auteur du rapport. Rien n’indique qu’ils vont baisser. Les conditions dans ces pays sont telles que les enfants continueront de partir. »
Les familles paient des sommes énormes à des passeurs, appelés les coyotes, pour qu’ils les emmènent avec leurs enfants vers le nord pour un avenir meilleur. La plupart des jeunes réfugiés sont originaires du Salvador, du Guatemala et du Honduras, trois pays dont les taux d’homicides et de pauvreté sont parmi les plus élevés du monde, précise l’Unicef. « Il est déchirant de penser à ces enfants – pour la plupart des adolescents, mais certains encore plus jeunes – qui font ce voyage épuisant et extrêmement dangereux à la recherche de la sécurité et d’une vie meilleure, écrit Justin Forsyth, directeur exécutif adjoint de l’Unicef. Ce flux de jeunes réfugiés et de migrants met en évidence l’importance cruciale de la lutte contre la violence et l’amélioration des conditions socio-économiques dans leur pays d’origine. »
Les États-Unis avaient fait pression sur le Mexique pour qu’il renforce les détentions de migrants après que plus de 44 500 enfants non accompagnés soient arrivés à la frontière lors du premier semestre 2014. En 2015, les autorités mexicaines ont appréhendé près de 36 000 enfants, plus de la moitié d’entre eux étant non accompagnés. En comparaison, le Mexique ne détenait que 9 600 enfants en 2013. Selon les chiffres du gouvernement mexicain cités par l’Unicef, plus de 16 000 enfants migrants du Salvador, du Guatemala et du Honduras ont été appréhendés au Mexique au cours des six premiers mois de 2016.
Malgré les efforts déployés par le Mexique pour endiguer le flux, des milliers d’enfants voyagent encore seuls vers les Etats-Unis. Si les adolescents sont appréhendés aux Etats-Unis, la loi leur garantit une audience pour introduire une demande d’asile devant un tribunal de l’immigration, même s’ils n’ont pas droit à un avocat commis d’office.
Mais avoir un avocat fait une énorme différence, affirme l’Unicef. Une étude des procédures engagées en 2015 a montré qu’en juin 2016, 40 % des enfants non représentés avaient été expulsés, contre 3 % des enfants représentés par un avocat. « En cas d’expulsion, certains risquent d’être tués ou violés par les gangs auxquels ils cherchaient à échapper au départ », avertit l’Unicef.
L’Unicef détaille les risques encourus par les enfants qui tentent de se rendre aux Etats-Unis, dans un rapport intitulé Destins brisés : le dangereux voyage des enfants d’Amérique centrale vers les Etats-Unis. Ces risques comprennent la traite, les enlèvements, le fait de devenir la cible d’organisations criminelles ou de mourir dans la chaleur du désert. Beaucoup de filles seraient contraintes de travailler dans des maisons closes et des bars au Mexique et au Guatemala, et l’Unicef cite un rapport d’Amnesty International indiquant que six femmes et filles sur dix sont victimes de violences sexuelles au cours de leur voyage.
L’Unicef affirme que les enfants migrants ne devraient pas être détenus, devraient avoir pleinement accès aux soins de santé et autres services, et être autorisés à vivre avec leur famille chaque fois que possible. « Les enfants, quel que soit leur statut, sont d’abord et avant tout des enfants, rappelle J. Forsyth. Nous avons le devoir de les garder en sécurité dans un environnement sain et stimulant. »
Amérique Centrale
Sources : Unicef
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
