Partage international no 351 – novembre 2017
Une proposition radicale pour lutter contre l’augmentation dramatique de la pauvreté et des inégalités au Royaume-Uni, a été publiée en octobre 2017 par l’Institut pour la Prospérité mondiale (Institute for Global Prosperity) de la University College de Londres. Dans un rapport intitulé Les Services universels de base Henrietta Moore, directrice de l’Institut, affirme : « Pour accroître la cohésion, le sentiment que nous sommes tous dans le même bateau, il faut agir sur le coût des besoins fondamentaux. »
Le Royaume-Uni dispose déjà de services publics d’éducation et de santé très performants, et gratuits pour tous les usagers. Depuis de nombreuses années, les Londoniens handicapés ou âgés de plus de 60 ans ont accès gratuitement aux transports en commun grâce au Freedom Pass, mesure très populaire. De façon audacieuse, les Services universels de base étendraient simplement ce principe pour répondre aux besoins fondamentaux de chacun : logement, nourriture et moyens de communication. Le rapport recommande une expansion massive du logement social, des voyages en bus gratuits pour tous, des services de repas pour les personnes les plus exposées à l’insécurité alimentaire, ainsi qu’un accès basique au téléphone et à Internet. Selon le professeur Jonathan Portes du King’s College, à Londres : « Le rôle de l’Etat est d’assurer une répartition équitable non seulement de l’argent, mais aussi de la possibilité de participer et de contribuer à la société. Il faudrait pour cela que certains services soient rendus accessibles à tous. »
Proposé comme moyen de faire face aux pertes d’emplois induites par l’utilisation croissante de robots et de la mécanisation, les Services universels de base coûteraient beaucoup moins cher que le revenu universel de base. Ils libéreraient les gens de la monotone routine quotidienne et du stress du travail mécanique accompli uniquement pour répondre aux besoins humains les plus élémentaires. La créativité, la liberté personnelle et le travail altruiste s’épanouiraient.
En réponse à la publication du rapport, John McDonnell, député de l’opposition travailliste, a déclaré : « La rapidité des changements technologiques représente un défi majeur pour notre économie et notre société. Ce rapport offre une piste nouvelle et audacieuse pour surmonter ces défis et créer une économie plus juste, offrant des opportunités pour tous. C’est une contribution importante au débat sur le revenu universel, qui apportera matière à réflexion au parti travailliste sur la façon de parvenir à une économie qui fonctionne vraiment pour la majorité, et non pour quelques-uns. »
L’Institut pour la prospérité mondiale créé en 2014 a pour mission de repenser les modèles économiques et sociaux afin de relever les défis majeurs auxquels le monde est confronté, aux prises avec le changement climatique, l’épuisement des ressources et la croissance rapide de la population mondiale.
