Les réfugiés : un défi à relever

Partage international no 325septembre 2015

« L’éducation, la liberté, la paix, le travail, une vie normale », voilà ce que la plupart des réfugiés déclarent vouloir. Interrogés sur la raison qui les pousse à risquer la mort, l’exploitation, la perte de leur famille, la souffrance et des privations d’une ampleur inimaginable, ils affirment qu’il n’y avait pas d’autre option. La persécution, la pauvreté et les conflits sont les principaux moteurs… pas de sécurité, pas de paix, pas de travail, pas d’espoir.

Rien n’illustre mieux le mal dans notre monde que la crise des réfugiés : c’est l’emblème tragique de nos échecs au niveau mondial, national et local.

Ils tombent du ciel lorsque les avions ouvrent leur train d’atterrissage, ils dérivent pendant des jours dans des bateaux surpeuplés, leurs corps et leurs quelques effets échouent sur nos côtes, ils se cachent dans des camions. Leur but est d’échapper aux dangers et aux conditions inhumaines chez eux. Ce sont des migrants, ils sont en mouvement. Cette vague de migration ne peut être contenue, c’est pourquoi des solutions sont nécessaires de toute urgence.

Où trouver des solutions ? Auprès de l’Union européenne ? Des autorités nationales ou locales ? De l’Onu ? Des organismes de bienfaisance ? Des populations locales ? Les gouvernements et les dirigeants ne semblent pas se poser les bonnes questions, et traitent les symptômes plutôt que les causes. Différents pays appliquent sauvagement des politiques divergentes, certains prenant plus que leur juste part tandis que d’autres évitent de prendre leurs responsabilités. Comme pour la plupart des grandes questions internationales, cette crise exige une réponse rapide appropriée ainsi qu’une solution internationale à long terme pleinement acceptée. Mais surtout, elle exige un changement de cœur et de priorités. Nous devons rechercher une société mondiale juste qui réponde aux besoins de tous ses citoyens. Une partie de la solution, à la fois immédiate et à long terme, serait d’ouvrir toutes les frontières et de permettre la liberté de mouvement – ce qui est, après tout, un droit humain fondamental.

A l’heure actuelle, de nombreuses collectivités locales subissent les insuffisances des manquements étatiques. Confrontés au nombre croissant de migrants atteignant leurs côtes, la réponse de nombreux locaux est d’aider. Les réfugiés reçoivent de la nourriture, des abris, des vêtements, des médicaments – en bref, toute l’aide nécessaire pouvant être donnée.

En Hongrie, le gouvernement construit un mur pour garder les migrants à l’extérieur, mais cet acte de xénophobie masque un autre phénomène – l’énorme mobilisation des citoyens ordinaires qui accueillent les réfugiés.

Alors que le sentiment anti-migrant s’accroît en Allemagne, le débat national a, en revanche, été extrêmement positif. Beaucoup de communautés, de familles et d’organisations caritatives accueillent les réfugiés, dont la plupart ont fui les conflits au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie.

La Suède est bien connue pour ses généreuses pratiques politiques, l’objectif principal étant l’intégration. L’Espagne officielle tient une ligne dure, mais les organismes de bienfaisance espagnole montrent à leurs dirigeants la voie à suivre avec des programmes d’aide à l’obtention des papiers d’identité, d’apprentissage des langues et de formation professionnelle qui aideront les réfugiés à entrer sur le marché du travail.

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime que la Grèce a reçu plus de 100 000 réfugiés et migrants pendant la première moitié de cette année, soit plus du double qu’au cours de la même période en 2014. Le premier ministre Alexis Tsipras avertit que le flux d’immigrants en Grèce dépasse ce que le pays peut gérer. Une fois de plus, ce sont les populations locales qui sont les premières à répondre aux besoins des plus vulnérables. Les résidents et même les vacanciers sur Lesbos, Chios, Kos et d’autres îles proches de la côte turque s’exposent à des menaces et à des poursuites judiciaires en aidant les réfugiés nouvellement arrivés.

Alors que certains gouvernements choisissent de frapper les réfugiés de la marque « illégal » pour justifier leur réticence à prendre leurs responsabilités, les citoyens du monde, en utilisant des campagnes de pétition en ligne (comme celle d’Avaaz) et le militantisme local montrent la voie d’un monde différent.

Le défi présenté par les réfugiés ne se limite pas à l’Europe et ce qui suit est évidemment une simplification (il existe une myriade de facteurs impliqués) mais le monde occidental a joué un rôle contribuant à l’impulsion migratoire. Guerres, directes ou par procuration, ainsi que le commerce des armes ont créé ces réfugiés. L’échec de la communauté internationale, jusqu’ici, à mettre en œuvre une redistribution équitable des ressources de la planète signifie que des millions de personnes ne disposent ni du nécessaire à leurs besoins, ni n’accèdent à leurs droits fondamentaux chez eux. Comme de nombreux réfugiés le disent : « Si je pouvais rester dans mon pays, je le ferais. » 


Sources : guardian.com ; unhcr.org ; huffingtonpost.com
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)