Partage international no 133 – septembre 1999
Au cours de la récente session annuelle de la Commission des Nations unies sur le statut des femmes, des groupes de femmes venus du monde entier se sont réunis à Washington, pour échanger leurs points de vue sur des projets de développement communautaires offrant des ressources financières et politiques aux femmes.
Ainsi, en Inde, une organisation du nom de Swayam Shiksham Prayog (SSP), ou Auto-éducation pour la prise en charge des femmes, comprenant deux millions de membres, a aidé 10 000 femmes à créer un fonds, à partir de leurs maigres ressources de 3 FF par jour, pour faire face aux besoins urgents locaux. Depuis que les groupes d’épargne et de crédit ont pris naissance vers 1997, plus de 450 groupes de femmes issus de deux zones rurales d’Inde ont mis assez d’argent de côté pour permettre à des membres individuels d’emprunter plus de 270 000 FF sur ce fonds commun, chacun des membres n’investissant que 1,50 FF par mois. Chaque groupe se réunit régulièrement pour décider qui devrait obtenir un prêt et le montant de ce dernier. Ces prêts sont généralement destinés à des dépenses médicales, à des frais de scolarité, à l’achat d’engrais, de semences ou de nourriture.
Ces groupes sont généralement impliqués dans la réalisation et la gestion de projets sanitaires et d’eau potable communautaires. Ces femmes ne souscrivent pas de contrats à l’extérieur et ne font pas appel à de la main-d’œuvre extérieure. Elles sont elles-mêmes à la fois les contractantes et les travailleuses, et leur argent reste ainsi dans le village.
En Ouganda, pour donner suite aux nouvelles directives constitutionnelles de ce pays, prescrivant que 33 % des représentants élus des collectivités locales devraient être des femmes, une organisation féminine populaire ougandaise est en train de former des femmes au service public, pour les préparer aux fonctions qu’elles doivent occuper. En plus du quota d’un tiers de représentants locaux, chaque district doit envoyer au moins une femme à l’Assemblée nationale, où l’on compte à présent 51 femmes sur un total de 274 membres.
Les femmes d’une communauté rurale, au Kenya, ont appris comment édifier des structures résistantes aux inondations, lors d’une visite qu’elles ont faites dans un village de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les femmes de Nouvelle-Guinée sont expertes dans la manière de protéger leur foyer contre les inondations, et à présent, avec leur nouvelle formation, les Kenyanes sont devenues « assistantes d’architectes » dans leur propre communauté, en dirigeant des projets de construction pour les maisons individuelles et les centres communautaires.
Pour illustrer le fait que les femmes ont des solutions pour leurs propres problèmes, la Commission des Nations unies va répertorier 100 initiatives de femmes, populaires et innovantes, pour les inclure dans le réexamen quinquennal de la Conférence de Pékin de 1995 sur les femmes, qui aura lieu en l’an 2000.
« Ces initiatives démontrent comment les capacités des femmes peuvent être édifiées, de sorte qu’elles ne sont plus des bénéficiaires passives du gouvernement ou des ONG, mais des planificatrices actives dans leurs réalisations, a déclaré Prema Gopalan, directeur de la SSP. Ces femmes acquièrent une expérience pratique quotidienne pour aider des familles à survivre à la pauvreté. Les gouvernements et les agences internationales devraient envisager de se tourner vers ces femmes pour trouver des solutions à la pauvreté. Cette connaissance communautaire du développement doit être mise à contribution, si l’on veut produire un développement durable. Nous avons besoin de bien plus que du seul accès au capital. Nous avons besoin d’un accès à des stratégies économiques alternatives. »
Sources : Earth Times News Service(Etats-Unis)
Thématiques : environnement, femmes, éducation
Rubrique : Divers ()
