Partage international no 185 – février 2004
La déliquescence de l’éducation dans les zones vulnérables du monde cause des inquiétudes de plus en plus vives, car le service de la dette, le sida et la guerre ne se contentent pas seulement d’atteindre de plein fouet le fonctionnement des systèmes éducatifs au quotidien, mais ils en menacent la survie même.
Selon Clare Riches, de Action for Southern Africa, l’une des grandes causes de cette situation est l’épidémie de sida, principale cause des décès dans le corps enseignant en 2002. Cette épidémie tue davantage de professeurs qu’il n’est possible d’en former.
C. Riches rappelle la nécessité d’une annulation de la dette des pays en développement, qui permettrait de mettre en place un véritable plan de lutte contre cette pandémie.
Lors des cérémonies qui se sont tenues à Londres, le 3 octobre 2003, à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, organisée sous l’égide de l’Unesco, de nombreux professeurs et instituteurs, venus du monde entier, ont témoigné des difficultés auxquelles ont à faire face les pays en développement, en particulier en Afrique. Selon Steve Sinnott, secrétaire général adjoint de l’Union nationale des enseignants : « Si l’on veut que tous les enfants de ce continent accèdent à l’éducation d’ici 2015, il faudrait former cinq millions d’enseignants supplémentaires. » Un objectif d’autant plus difficile à atteindre, selon le secrétaire général du Commonwealth, Don McKinnon, que le sida a fait 2 500 victimes chez les instituteurs tanzaniens en un an.
En même temps, l’Irak, qui disposait jusqu’en 1991 d’un des meilleurs systèmes éducatifs du Moyen Orient, a démarré la rentrée scolaire dans le chaos, 80 % des écoles n’étant plus utilisables. Plus d’une décennie de sanctions de l’Onu, la récente guerre anglo-américaine, sans parler des pillages qui n’ont rien laissé (ordinateurs, appareils d’air conditionné, imprimantes, ventilateurs, bureaux, réfrigérateurs, télé-visions, etc.) ont pratiquement abouti à la fermeture générale des établissements scolaires, ceux-ci n’ayant ni eau courante et ne disposant que de quelques heures d’électricité par jour. A cela, il faut ajouter l’incendie d’avril 2003 qui a détruit le ministère de l’Education et la totalité de ses archives. Pourtant, comme l’a déclaré Tamsir Jallow, haut commissaire adjoint pour la Gambie : « L’éducation est la seule profession qui puisse avoir une influence sur ce que nous sommes et sur l’avenir du monde. »
Sources : The Teacher, Grande-Bretagne
Thématiques : Sciences et santé, Société, politique, Économie, éducation
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
