L’eau dans la bande de Gaza et en Cisjordanie

Partage international no 338octobre 2016

Puisque l’eau est essentielle à la vie, que se passe-t-il si des  populations importantes en ont trop peu ? Ou si leurs sources d’eau sont polluées ? Quel est l’impact sur la santé et la vie de la famille lorsque le peu d’eau sortant de votre robinet seulement deux jours par semaine est tellement salée et sale qu’elle est imbuvable et pratiquement inutilisable pour cuisiner ou se doucher ?

C’est ce que vivent les habitants d’Al-Shati, aussi appelé le Camp de la plage, un camp de réfugiés palestiniens situé dans le nord de la bande de Gaza, le long de la côte méditerranéenne, dans le gouvernorat de Gaza. Le long de cette petite portion de la côte méditerranéenne, la source d’eau est une nappe phréatique qui a été surexploitée et a fini par être contaminée par l’eau de mer.

Nahed Radwan, qui vit avec ses enfants et sa famille élargie dans une maison le long de la route de la mer, n’a de l’eau qu’une fois par semaine, pendant deux jours. « Quand il y en a, elle n’est pas propre ; elle est imbuvable. Elle brûle les yeux à cause de la salinité élevée », explique-t-elle.

On estime qu’environ 3 % de l’eau de Gaza est potable. L’Autorité palestinienne de l’eau et l’Organisation des Nations unies ont averti que la nappe phréatique dans le territoire (en dehors d’une petite quantité d’eau importée d’Israël) pourrait être complètement contaminée d’ici la fin de l’année. L’eau de Gaza contient une forte concentration de chlorure, tandis que les niveaux de nitrates dépassent de deux à huit fois le seuil recommandé par l’Organisation mondiale de la santé, en raison de l’infiltration des eaux usées non traitées.

Comme si cela ne suffisait pas, Gaza est également en proie aux pénuries d’électricité et les ménages ne sont parfois alimentés que quelques heures par jour. « Les gens utilisent des génératrices pour l’eau, mais nous n’avons pas les moyens, déclare N. Radwan. Mes filles n’aiment pas prendre de douches avec de l’eau salée, et leurs cheveux commencent à tomber. Je cuisine et je fais tout avec de l’eau en bouteille. »

Beaucoup de Palestiniens à Gaza achètent l’eau à de petites usines de dessalement qui filtrent l’eau de la nappe phréatique contaminée. Des fournisseurs privés distribuent l’eau aux résidents par camions. Mais lorsque l’eau atteint les réservoirs des ménages, elle coûte jusqu’à cinq fois le prix de l’eau du réseau municipal, et n’est souvent pas sûre. Moins de la moitié des installations de dessalement de Gaza sont agréées, selon Oxfam.

Les ONG internationales travaillant dans le secteur de l’eau à Gaza ont calculé que 68 % de l’eau qui arrive chez les ménages à partir de ces stations de traitement devient biologiquement contaminée pendant le stockage ou le transport ; mais 85 % des Palestiniens de Gaza dépendent de cette eau pour boire et cuisiner. EWASH, une coalition d’organisations palestiniennes et internationales travaillant dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, affirme que la part du budget consacrée à l’eau des ménages à faible revenu de Gaza est au moins six fois plus élevée que pour leurs homologues au Royaume-Uni.

Au moins 70 % des matériaux nécessaires à la construction et à l’entretien du réseau d’eau et d’assainissement de Gaza, y compris les pompes et les produits chimiques pour la purification de l’eau, sont soumis à des restrictions d’entrée sévères en raison du siège israélien sur Gaza, selon EWASH. L’absence d’infrastructures appropriées contribue à la pollution : toutes les 38 minutes, l’équivalent d’une piscine olympique d’eaux usées brutes ou partiellement traitées est déversée dans la mer à Gaza.

La Cisjordanie

Les Accords d’Oslo ont fixé la répartition de l’eau entre Israël et l’Autorité palestinienne comme suit : 80 % de l’eau pompée à partir de la nappe phréatique de la montagne en Cisjordanie – une ressource israélo-palestinienne commune – serait allouée à l’utilisation israélienne et les 20 % restant irait aux Palestiniens.

Les statistiques montrent clairement la discrimination à l’encontre des Palestiniens dans l’utilisation des ressources en eau partagées par Israël et l’Autorité palestinienne. En 2011, selon l’Autorité palestinienne de l’eau, la consommation moyenne d’eau pour l’usage domestique, urbain et industriel en Cisjordanie était de 73 litres par personne et par jour. Selon l’Autorité israélienne de l’eau, la consommation moyenne d’eau domestique et urbaine en Israël, sans compter l’usage industriel, était de plus du double : environ 183 litres par personne et par jour.


Sources : btselem.org/water ; Al Jazeera.com
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Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)