Le Sommet du millénaire dresse la carte du futur

Partage international no 147novembre 2000

Lors de la plus grande rencontre de chefs d’Etats de l’histoire, plus de cent cinquante leaders mondiaux se sont réunis à New York, pour le Sommet du millénaire des Nations unies, en septembre 2000. Cette rencontre sans précédent de rois, de généraux, de présidents et de premiers ministres a été organisée afin de focaliser l’attention générale sur la société mondiale que ces leaders espèrent instaurer. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a qualifié ce sommet de « moment décisif pour les dirigeants mondiaux et les Nations unies ».

Pendant trois jours, les orateurs se sont succédés à la tribune pour attirer l’attention sur la condition critique des pauvres du monde entier et pour exiger, avec des accents passionnés, que le monde développé se soucie davantage de ceux qui n’ont rien. Bertie Ahern, premier ministre d’Irlande, a cité les statistiques de la pauvreté, les qualifiant de choquantes et honteuses : la moitié de la population mondiale lutte pour survivre avec moins de deux dollars par jour et une personne sur cinq avec moins d’un dollar, beaucoup mourant de maladies qui pourraient être évitées ou soignées. Des avertissements ont également été donnés sur les retombées de la mondialisation et sur la dégradation de l’environnement.

Lors d’une session du Sommet, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté à l’unanimité le renforcement du rôle et des moyens des Nations unies dans le maintien de la paix. Les cinq membres permanents et les dix membres rotatifs du Conseil ont adopté une résolution visant à augmenter la capacité des Nations unies de planifier, d’établir, de déployer et de conduire des opérations de maintien de la paix, et à trouver une manière plus moderne et plus sûre de financer ces activités.

Le Sommet s’est accompagné d’une série de mini-sommets, avec plus de 700 rencontres personnelles entre les dirigeants. Un effort a été mené afin d’encourager la coopération entre les hommes d’affaires, les gouvernements et les organisations internationales lorsqu’il s’agit de traiter des problèmes mondiaux.

Cette rencontre extraordinaire s’est terminée par une série d’engagements sur des questions mondiales : diminuer de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim ou vivant avec moins d’un dollar par jour ; assurer une éducation primaire universelle pour les enfants ; réduire la mortalité maternelle de 75 % et la mortalité des enfants de moins de cinq ans de deux-tiers ; et diminuer de moitié le nombre de personnes n’ayant pas accès à une eau potable.

Kofi Annan a affirmé qu’un travail intensif de suivi serait mené afin de veiller à ce que les objectifs du Sommet soient respectés. « En définitive, vous êtes vous-mêmes les Nations unies », a-t-il déclaré aux délégués à la clôture du Sommet. « Il est en votre pouvoir et de votre responsabilité d’atteindre les objectifs que vous avez définis. Vous seuls pouvez déterminer si les Nations unies sont à la hauteur du défi. »

Lieu : New York, Etats-Unis
Sources : New York Times ; CNN, E.-U.
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)