Partage international no 343 – mars 2017
1984, le roman de George Orwell paru en 1949, est devenu numéro 6 de la liste des ventes d’Amazon pour les Etats-Unis, en janvier 2017. Son éditeur en a imprimé des dizaines de milliers d’exemplaires supplémentaires.
Craig Burke, en charge des relations publiques chez Penguin, a expliqué au New-York Times que les ventes ont bondi de 9 500 % après l’apparition de la conseillère du président Trump, Kellyanne Conway, dans l’émission Meet the Press (Rencontre avec la presse) sur la NBC, le 22 janvier 2017. Elle s’était exprimée d’une manière qui rappelait la novlangue, la langue officielle d’Océania, inventée par G. Orwell pour son roman. Dans 1984, G. Orwell nous avertissait qu’un temps viendrait où : « Le Parti nous enjoindra de rejeter ce que nous disent nos yeux et nos oreilles. Ce sera son injonction première. »
Dans un article intitulé Post-vérité : Mensonges, gros mensonges et faits de substitution » paru dans The Chronical Journal (Canada) Dan Oldfield cite le roman de G. Orwell et commente avec ironie : « Il a fallu plus de temps que prévu, mais il semble que l’ère post-vérité, l’époque où la vérité n’a plus d’importance, soit arrivée. » D. Oldfield continue en se demandant : « Alors, qui gagne et qui perd quand les médias sont minés et discrédités ? »
Il écrit : « Il y a un certain temps que l’on cherche à discréditer les journalistes. C’était déjà le cas avant l’arrivée de D. Trump et son parti de droite, mais l’ampleur qu’a prise le phénomène choquerait même G. Orwell. On affirme la partialité des médias comme une sorte d’évidence sans même une tentative symbolique de le démontrer. Les mensonges flagrants sont maintenant des « faits de substitution » – comme s’il existait des faits et puis quelque chose d’autre, comme le bon ou le meilleur. On affirme que l’opinion, aussi mal ou non informée soit-elle, a autant de valeur que les faits. C’est du grand n’importe quoi. Une aberration dangereuse. »
Au risque d’affirmer l’évidence, discréditer les médias est un stratagème destiné à transformer, nier ou voiler la vérité. « Les gens sont activement encouragés à rejeter tout fait ou toute vérité évidente qui remettraient en question leurs croyances préconçues », comme l’affirme D. Oldfield, qui poursuit en attirant l’attention sur la façon dont un ancien président américain jugeait du rôle des médias : « Il y a plus de cinquante ans, alors que la télévision était à ses débuts, le président américain John F. Kennedy a expliqué le fait que « sans débat, sans critique, aucune Administration, aucun pays ne peut réussir – et aucune république ne peut survivre ». Il a déclaré en outre que le rôle de la presse est « d’informer, d’éveiller, de réfléchir, de nous révéler les dangers et les opportunités, de nous montrer les crises et les choix possibles, pour diriger, façonner, éduquer l’opinion publique et parfois même provoquer sa colère. »
D. Oldfield cite Dan Rather, ancien présentateur de CBS News : « Les faits et la vérité ne sont d’aucun parti. Ils sont le socle de notre démocratie. »
Sources : chroniclejournal.com
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Rubrique : Les mensonges dévoilés (Le 15 février 2003, à Londres, Maitreya a été filmé sous les traits d’un Antillais, lors de la marche pour la paix (voir PI, avril 2003). « Je suis fier aujourd’hui d’entendre mes frères et mes sœurs dire la vérité et dénoncer les mensonges. C’est tellement magnifique ! » a-t-il déclaré. Depuis, les mensonges sont de plus en plus dénoncés.)
