Partage international no 71 – juillet 1994
Interview de Ariyaratne, le "Petit Ghandi" par Monte Leach
Peu après que son organisation d’auto-assistance au Sri Lanka fut devenue un mouvement d’ampleur nationale, A.T. Ariyaratne eut vent d’un complot menaçant sa vie. Le tristement célèbre Choppe, un des puissants seigneurs de la pègre ayant la capitale de Colombo pour centre de ses activités, avait été engagé pour tuer le leader de ce mouvement populaire. Ce plan devait être exécuté dans un centre bouddhiste où Ariyaratne allait parler. Il l’apprit la veille au soir du jour prévu. Au cœur de la nuit, il se rendit à la demeure de Choppe et se présenta devant l’homme connu comme le roi des tueurs : « Choppe Aiyah, je suis Ariyaratne, celui que tu prévois de tuer demain, dit-il au gangster surpris, de grâce, ne profane pas ce lieu sacré d’enseignement bouddhiste avec le sang d’un mendiant comme moi. Tue-moi ici tout de suite. » Le tueur fixa dans les yeux ce courageux professeur de sciences qui s’occupait de l’organisation des pauvres dans des centaines de villages. « Je ne peux pas te tuer », répondit Choppe à son visiteur nocturne. A partir de cet instant, Choppe devint un grand admirateur et partisan d’Ariyaratne et de son mouvement, parlant d’Ariyaratne comme de « notre Maître ». (Catherine Ingram, Sur les traces de Gandhi)
Après avoir lu ce passage du livre de Catherine Ingram, je m’imaginais A.T. Ariyaratne comme un homme grand, à la stature et à l’allure imposante. Après tout, quel autre type de personne aurait le courage et la persévérance d’instaurer le mouvement de Shramadana Sarvodaya, le plus grand programme de développement économique populaire du monde ? J’espérais que ces caractéristiques personnelles particulières m’aideraient à trouver Ariyaratne parmi la multitude d’éminentes et de moins éminentes personnalités qui assistaient, l’année dernière, au Parlement des religions mondiales à Chicago.
Ariyaratne, l’un des plus célèbres invités du congrès, était à l’origine professeur de sciences dans son Sri Lanka natal. En 1958, tandis qu’il enseignait à Colombo dans un lycée bouddhiste respecté, fondé par le colonel Henry Olcott, le théosophe américain, Ariyaratne commença à organiser des « camps de travail de vacances », à l’occasion desquels les étudiants se rendaient dans des villages pauvres et éloignés, et de caste inférieure. Il vivait dans les villages avec les étudiants afin de découvrir ce qui manquait le plus à ces communautés, puis organisait des camps de travail appelés Shramadana — shrama, signifiant travail ou énergie et dana, donner ou partager — dans le but d’aider les villageois à réaliser leurs projets.
En peu de temps, des dizaines de villages se joignirent au mouvement Shramadana. Après s’être plongé dans l’étude du mouvement de développement économique et social du Mahatma Gandhi, Ariyaratne donna plus d’ampleur à ses efforts qui prirent alors le nom de Sarvodaya Shramadana (sarva signifiant « tout » ou « comprenant tout » et udaya « éveil »). Le mouvement devint bientôt une force majeure dans tout le Sri Lanka et depuis, il a étendu son influence dans d’autres régions du globe, y compris en Afrique et en Asie.
Ariyaratne et tous ceux qui ont étudié Sarvodaya Shramadana, pensent que le succès de ce mouvement réside dans ses solides assises spirituelles, fondées sur l’idéal bouddhiste de la bonté, de la générosité et de Ahimsa — le respect de toute vie. Comme l’auteur Joanna Macy l’indique dans son livre, Dharma et développement : la religion en tant que ressource dans le mouvement d’auto-assistance Sarvodaya : « La prémisse essentielle de ce mouvement est que la notion de développement ne peut prendre tout son sens qu’en termes d’accomplissement humain. » Cet accomplissement, pense Ariyaratne, provient d’une compréhension profonde de l’interdépendance et d’un engagement à la vigilance dans la vie quotidienne. Les trois millions de membres du mouvement pratiquent aussi une méditation de « bonté aimante » une ou deux fois par jour, Ariyaratne pensant qu’un grand nombre de formes-pensées d’amour émises en même temps ont un effet positif sur l’humanité.
Avec cette réputation de leader populaire mondialement connu qui le précédait, je supposais qu’il serait difficile, voire impossible de prendre contact avec Ariyaratne dans une assemblée internationale pour une éventuelle interview. Au début du congrès, je ne nourrissais qu’un faible espoir de succès.
Alors que la séance plénière du premier soir commençait, je réussis à trouver un siège inoccupé sur un côté de la salle bondée. A un moment donné, je remarquai un homme de petite taille, habillé de blanc et portant des lunettes, qui passa rapidement près de moi, lui aussi à la recherche d’une place. Le nom inscrit sur son badge : A.T. Ariyaratne, me sidéra un bref instant. Pouvait-il s’agir de l’intrépide et énergique fondateur du plus vaste mouvement mondial d’auto-développement, de celui qui avait eu l’audace de vaincre le tueur le plus notoire du Sri Lanka ? Il avait plutôt l’air d’un oncle affable, d’aspect presque frêle. J’étais ébahi, mais l’approchai néanmoins. D’une petite voix aimable, il me promit une interview et nous nous mîmes d’accord pour rester en contact durant les huit jours du congrès.
Quand le moment du rendez-vous arriva, nous ne disposions que de quelques minutes, mais Ariyaratne, Ari pour les intimes, parla avec beaucoup d’énergie, d’intelligence et d’amour, du mouvement Sarvodaya ainsi que de la situation économique mondiale. Lorsqu’il me quitta, je ne pus m’empêcher de penser que celui que l’on surnomme « Petit Gandhi » au Sri Lanka, n’était petit que par la taille. Son cœur et ses actes, comme ceux de son frère indien plus célèbre, sont assez grands pour soulever le monde.
Partage international : Pour les lecteurs qui ne connaissent pas bien Sarvodaya, pouvez-vous nous dire avec combien de villages du Sri Lanka vous travaillez et ce que vous y faites ?
A.T. Ariyaratne : La traduction littérale du mot Sarvodaya est l’« éveil de tous ». Pour éveiller tout le monde, il faut nous éveiller nous-même en tant qu’êtres humains, familles humaines, communautés villageoises, nations et communauté mondiale. Le mouvement englobe tout le monde. Parce qu’il nous concerne tous, nous devons travailler dans la non-violence, la sincérité, et le sacrifice de soi. La non-violence et le sacrifice de soi ou renoncement à soi, sont les principes de base du mouvement. Nous croyons à un ordre social différent — le maintien d’un ordre non-violent qui associe la spiritualité et la science. Nous pensons que ceci ne peut pas être réalisé à l’échelle du macrocosme, parce que par exemple on ne peut pas organiser l’amour. Celui-ci doit être ressenti et exprimé au niveau microcosmique, celui de l’individu, de la famille et de la collectivité locale.
Nous avons débuté avec un village et élargi notre sphère d’activité à cent puis à mille. Nous travaillons aujourd’hui dans 8 600 villages sur les 23 000 du Sri Lanka et dans toutes les régions du pays. Le mouvement touche d’une manière ou d’une autre le quart de la population sri lankaise.
Lorsqu’on travaille sur ces principes spirituels et moraux et qu’on ne se mêle pas au pouvoir et à la politique partisane, on obtient naturellement toutes sortes de réactions. Notre action a inquiété le gouvernement sri lankais et son président. Pendant quatre ans et demi, de janvier 1989 à mai 1993, nous avons subi des harcèlements et des souffrances indescriptibles. Le nouveau président, entré en fonction en mai 1993, a totalement modifié l’approche du gouvernement à l’égard de notre travail. Il a reconnu totalement ce que nous faisions et a ordonné à tous les ministères, médias et services armés de retirer tous les obstacles qui avaient été placés devant nous. Ceci nous a donné la certitude que non-violence, amour et sacrifice sont choses rentables.
PI. Pouvez-vous expliquer ce que vous faites dans les villages ?
ATA. Nous avons six programmes principaux. Le premier est un programme de développement de la prime-enfance. Le deuxième concerne l’éradication de la pauvreté et l’accès des pauvres au pouvoir. Le troisième s’occupe des services techniques ruraux dans lequel les villageois acquièrent les compétences nécessaires et grâce à des technologies appropriées telles que l’énergie solaire, construisent leur propre maison, leurs sanitaires, leurs systèmes d’irrigation et de drainage et réalisent des projets de reboisement et d’industries légères. Le quatrième programme s’appelle Service de développement des entreprises économiques Sarvodaya (SEEDS). Ce programme comporte trois subdivisions : la première est un institut de formation des villageois à la gestion, afin que ceux-ci ne se fassent pas voler par les citadins ou à l’échelle internationale. Cet institut de formation à la gestion est un élément de l’accès au pouvoir des communautés rurales. En second lieu, nous avons un programme d’épargne de crédit et de petites entreprises. Des fonds publics ont été alloués pour cela. On encourage les gens à épargner. S’ils épargnent une certaine somme d’argent, nous garantissons les fonds et leur donnons 5 à 10 fois cette somme pour démarrer leur propre petite entreprise. Nous avons aussi des services de développement des entreprises rurales. Le SEEDS est divisé entre ces trois services. Les revenus sont investis dans des projets concernant l’ensemble de l’organisation.
Nous avons aussi des comités d’action d’anciens qui s’occupent de gérer les rapports avec les autres organismes, gouvernementaux ou non. En plus de cela, nous travaillons sur certaines questions comme l’environnement, la sauvegarde des droits de l’homme, la liberté des médias et celle du système judiciaire par exemple. Lorsque nous abordons de tels problèmes nationaux, nous essayons d’obtenir la coopération de tout le monde et de réaliser ce qui est bénéfique et inoffensif pour le peuple. Ainsi nous sommes amenés à rencontrer tout le monde. En plus de ces programmes nous avons des organisations nationales indépendantes pour les handicapés, les abandonnés, les réfugiés, particulièrement ceux qui sont affectés par la guerre. Nous avons développé un programme d’assistance, réhabilitation, réconciliation, reconstruction, réveil — ce dernier dans un sens spirituel. C’est donc un programme très adapté.
Voilà donc les six principaux programmes. Nous avons en plus des organisations Sarvodaya indépendantes, telles que le mouvement des femmes, des services d’assistance judiciaire, des brigades de maintien de la paix de 77 000 volontaires, et un groupe d’assistance aux enfants abandonnés, mal nourris ou handicapés. A cette fin, nous avons des foyers et des programmes ayant pour base la communauté ; telle est l’œuvre de notre organisation.
Ainsi depuis sept à dix ans, toute une série d’unités légales et indépendantes ont été créées dans tout le pays. Au niveau de chaque village nous créons une société, indépendante de notre vaste organisation et qui devient autonome après quelque temps. Il s’agit d’une sorte de démocratie décentralisée, une démocratie à laquelle les gens participent, par opposition à la politique partisane et au pouvoir. De cette manière, nous essayons de provoquer une révolution sociale non-violente, fondée sur la confiance des gens en eux-mêmes, sur la participation de la communauté et l’action planifiée.
PI. Quels sont quelques-uns des effets positifs que vous constatez dans ces communautés, que peut-être vous ne voyez pas dans les communautés non impliquées ?
ATA. Dans nos communautés Sarvodaya vous voyez une communauté plus unie. Il y a une infrastructure psychologique. Les enfants sont organisés, plus paisibles, ils fréquentent l’école. Les mères, les jeunes, les paysans, etc, sont organisés. Il y a une organisation sociale. Les membres de ces communautés sont bien plus éclairés en ce qui concerne les problèmes nationaux que ceux des autres communautés et ils travaillent manifestement dans un but : celui de réaliser une communauté de républiques villageoises — le concept gandhien d’une nouvelle société villageoise. Nous ne pensons pas que l’avenir de ce monde puisse être déterminé de façon positive par Washington, Colombo, Moscou ou Londres. Nous pensons que grâce à l’association de la technologie moderne avec les systèmes de valeurs anciens et les traditions, nous pouvons relier directement entre elles les communautés villageoises du monde.
PI. Vous avez parlé publiquement de « l’éveil de tous par le partage ». Pouvez-vous préciser ce que vous entendez par partage, et de quel éveil il s’agit ?
ATA. Un groupe, que ce soit une famille, un village ou autre, doit avoir certains principes pour se maintenir. Le partage devrait être le premier principe — partage du temps, des pensées, des ressources et de l’amour — de telle manière que rien n’échappe au partage. Alors que mille ou deux mille d’entre nous peuvent éventuellement partager leur travail en ouvrant une route vers un village, il se peut qu’il y ait une vieille femme qui ne puisse rien faire. Mais elle vient, nous sourit et partage ainsi son amour en nous encourageant.
Deuxièmement, la forme de langage que nous utilisons est très importante. Nous devrions utiliser un langage agréable, intelligible et bienveillant. Troisièmement nous devrions nous abstenir de tout acte destructeur. Nous ne devrions nous engager que dans des activités constructives qui bénéficient à l’individu et à la collectivité. Les activités destructrices comprennent l’alcoolisme, l’inconduite sexuelle, le mensonge, le vol, la violence ou le meurtre. Quatrièmement, l’égalité dans l’association. Ces quatre principes : le partage, un langage agréable, une activité constructive et l’égalité dans l’association, préservent l’unité communautaire.
PI. Tout cela semble parfait, mais évidemment il existe de par le monde d’autres forces économiques et politiques qui ont un impact sur le Sri Lanka et sur les autres pays du tiers monde. Pouvez-vous nous parler de ces grandes questions ?
ATA. Nos activités n’atteignent pas les résultats voulus en raison de l’ordre économique actuel. Par exemple, l’économie de marché qui a été introduite dans notre pays a perturbé nos valeurs, nos technologies, nos structures, enfin tout. La Banque mondiale, le FMI, ainsi que d’autres agences internationales de prêt et les pays donateurs disent à notre gouvernement ce qu’il doit faire. Ils peuvent appeler cela changements structurels ou bien ouverture des marchés, mais les gens eux-mêmes ont perdu une occasion de construire leur propre économie.
Je voudrais personnellement construire une économie qui ne soit pas orientée dans le sens de l’accroissement de l’abondance. Nous rejetons la richesse, parce que tous les peuples du monde ne peuvent pas atteindre ce niveau de vie — la planète n’en a simplement pas les ressources. Même si ces ressources étaient fabriquées artificiellement, la technologie ne permettrait pas la survie de notre système écologique, support de la vie. C’est tout le système économique introduit par l’Occident dans notre pays et accepté par notre gouvernement qui n’est pas bon. Il ne peut pas s’auto-entretenir et c’est pourquoi nous le rejetons.
D’un autre côté, nous pensons que nous pouvons créer une société dénuée de pauvreté. Le besoin actuel le plus urgent dans le monde n’est pas de créer une société riche, mais une société sans pauvreté, dans laquelle chacun peut satisfaire ses besoins essentiels : l’eau, les vêtements, la nourriture, un toit, l’assistance médicale, les besoins en énergie, des moyens de communications, l’éducation ainsi que l’accès à la culture et à un développement spirituel. Ce que nous appelons les dix besoins humains fondamentaux. Ces besoins peuvent être satisfaits en s’appuyant sur la confiance des individus en eux-même, la participation communautaire et l’action planifiée. C’est exactement ce que nous faisons.
Notre problème est que nous n’avons pas les moyens financiers pour concurrencer le système économique international qui nous est imposé. Nous pouvons faire mieux que le secteur privé ou l’Etat. Mais ceux-ci ont les avantages légaux. De même qu’ils peuvent se procurer des capitaux n’importe où. Nous, nous n’avons pour faire face que notre bonne volonté, des ressources culturelles et la capacité d’organiser les individus. Nous offrons une concurrence amicale pour prouver qu’un ordre social différent est possible. De même en politique. Nous ne croyons pas à la politique centralisée. Nous ne croyons pas à la politique des partis et du pouvoir. Ils conduisent à la violence. Nous croyons en des formes participatives de politique populaire, qui doivent être fortement décentralisées.
PI. Vous parlez de partage au niveau de la communauté aussi bien qu’entre les communautés à travers le monde.
ATA. En effet, une communauté peut maintenant être reliée à n’importe quelle autre communauté de la planète grâce à la technologie moderne. La technologie serait tellement bon marché si elle était retirée des mains de ceux qui la contrôlent actuellement.
Supposons que dans la région de Chicago, 25 familles aisées désirent participer. Elles peuvent se mettre en rapport avec un village au Sri Lanka, en Inde ou en Thaïlande, par exemple. Les familles de Chicago devraient aussi s’organiser, afin qu’il y ait une liaison directe de communauté à communauté. Elles peuvent échanger des informations. Elles constateront qu’elles dépensent une certaine somme pour l’éducation d’un enfant, alors que la communauté jumelée ne dépense qu’un millième de cette somme. Les habitants du pays développé peuvent ainsi constater l’écart et il peut y avoir échange d’informations aussi bien que partage.
PI. Dans la revue Partage international, nous recommandons de partager la nourriture et les ressources du monde entre riches et pauvres. Nous considérons qu’il s’agit là du principe de base pour l’établissement de la justice et de la paix dans le monde.
ATA. Exactement. Nous avons déjà 200 de nos villages communautaires jumelés à environ 200 villages en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et au Japon — pays développés, dits riches. Nous appelons cela partage et non don, car nous leur donnons quelque chose en échange : ce quelque chose que la société à perdu. Ce programme de jumelage intercommunautaire, non seulement élève les plus pauvres au niveau économique, mais aide aussi les riches à devenir plus responsables. Ceci conduira, comme vous le dites, à la paix et à la justice dans le monde.
PI. Comment pouvons-nous contribuer à réaliser ces objectifs dans le monde développé ?
ATA. Par un jumelage avec une de nos communautés. Nous échangerons des idées, des lettres, etc. Vous pouvez nous aider à construire nos écoles maternelles, nos puits, nos industries rurales, nos petites fermes et nos potagers. Vous pouvez acheter nos produits, et quels que soient vos profits, les partager avec nous. Il y aurait tant à faire au niveau des communautés.
Chacun peut nous écrire pour participer à un programme de jumelage, parrainer un enfant, une école maternelle ou un village. Nous serions très heureux parce que nous croyons que ce que nous faisons est important pour le monde. Sinon, nous serons semblable à l’une des ces tribus disparues, et les historiens diront : quelle magnifique opportunité manquée de créer un nouvel ordre mondial.
Pour davantage de renseignements : Sarvodaya Shramadana, Damsak Mandira, 98 Rawatawatta Road, Moratuwa, Sri Lanka.
Sri Lanka
Auteur : Monte Leach, journaliste radio indépendant et éditeur de la revue Share International pour les Etats-Unis, il réside à San Francisco.
Thématiques : Société, sagesse éternelle, spiritualité, Économie
Rubrique : Entretien ()
