Le pape François appelle au partage

Partage international no 311juillet 2014

Le pape François s’est exprimé lors d’une réunion de hauts fonctionnaires du Conseil de coordination des chefs de secrétariat des organismes des Nations unies, en présence du secrétaire général Ban-Ki-moon, le 9 mai 2014, à Rome. Voici quelques extraits de son allocution :

« Les résultats des Objectifs de développement du millénaire, notamment en termes d’éducation et de diminution de l’extrême pauvreté, confirment la valeur du travail de coordination effectué par ce Conseil des chefs de secrétariat. Dans le même temps, il faut garder à l’esprit que les peuples du monde méritent encore plus de résultats et qu’ils les attendent.

Un principe essentiel de gestion est de refuser de se contenter des résultats atteints et d’aller de l’avant, avec la conviction que ces acquis ne seront consolidés qu’en travaillant pour en obtenir encore plus. En ce qui concerne l’organisation politique et économique mondiale, il reste encore beaucoup à accomplir, car une partie importante de l’humanité ne partage pas les bienfaits du progrès et se trouve de fait reléguée au statut de citoyen de seconde zone.

De nouveaux Objectifs de développement durable doivent donc être formulés et mis en œuvre avec générosité et courage, afin qu’ils puissent avoir un impact réel sur les causes structurelles de la pauvreté et de la faim. Il faut obtenir des résultats plus substantiels dans la protection de l’environnement, garantir à tous un travail décent et productif, et offrir une protection adéquate à la famille, élément essentiel dans un développement humain et social durable. Il s’agit en particulier d’affronter toutes les formes d’injustice et de résister à l’« économie de l’exclusion », à la « culture du jetable » et à la « culture de mort », qui de nos jours malheureusement risquent d’être passivement acceptées.

Dans cet esprit, je voudrais vous rappeler, en tant que représentant des principaux organismes de coopération internationale, un épisode d’il y a deux mille ans raconté dans l’Evangile de Saint Luc (19 : 1-10). C’est la rencontre entre Jésus-Christ et le riche collecteur d’impôts Zachée, suite à laquelle Zachée a pris une décision radicale de partage et de justice, sa conscience ayant été éveillée par le regard de Jésus. Ce même esprit devrait être à l’origine et au terme de toute action politique et économique. Le regard, souvent silencieux, de cette partie de la famille humaine qui est rejetée, laissée derrière nous, devrait éveiller la conscience des acteurs politiques et économiques et les conduire à des décisions généreuses et courageuses avec des résultats immédiats, comme la décision de Zachée. Cet esprit de solidarité et de partage guide-t-il toutes nos pensées et nos actions ?

Aujourd’hui, pour être concret, une prise de conscience de la dignité de chacun de nos frères et sœurs dont la vie est sacrée et inviolable, de la conception à la mort naturelle, doit nous amener à partager en toute liberté les biens que la providence de Dieu a mis dans nos mains, les biens matériels mais aussi intellectuels et spirituels. Il convient de redonner généreusement et en abondance tout ce que nous pouvons avoir auparavant injustement refusé aux autres.

Le récit de Jésus et Zachée nous enseigne qu’au-dessus des systèmes et des théories économiques et sociales, il y aura toujours le besoin de promouvoir une ouverture généreuse, efficace et concrète aux besoins des autres. Jésus ne demande pas à Zachée de changer d’emploi ni ne condamne son activité ; il l’inspire simplement à se mettre entièrement, librement mais immédiatement et sans discuter, au service des autres.

Par conséquent, je n’hésite pas à déclarer, comme l’ont fait mes prédécesseurs [Jean-Paul II, Benoît XVI], qu’un progrès économique et social équitable ne peut s’obtenir qu’en alliant à des capacités scientifiques et techniques, un engagement sans faille à la solidarité, accompagné d’un esprit de bénévolat généreux et désintéressé à tous les niveaux. On contribuera également à ce développement équitable par une action internationale visant le développement humain intégral de tous les habitants de la planète, et par la redistribution légitime des richesses économiques par l’Etat, ainsi que par l’indispensable coopération entre le secteur privé et la société civile.

Par conséquent, tout en vous encourageant dans vos efforts continus pour coordonner l’activité des organismes internationaux, ce qui représente un service à toute l’humanité, je vous exhorte à travailler ensemble pour promouvoir une véritable mobilisation éthique mondiale qui, au-delà de toutes les différences de convictions religieuses ou politiques, va répandre et mettre en œuvre un idéal commun de fraternité et de solidarité, particulièrement envers les plus pauvres et les plus exclus. »

Lieu : Rome (Vatican), Vatican
Date des faits : 9 mai 2014
Sources : Radio Vatican
Thématiques : religions, spiritualité
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)