Le FAO dénonce l’extension de la faim

Partage international no 187mars 2004

Selon le FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’Agriculture), la faim augmente de nouveau dans le monde, après avoir décliné régulièrement entre 1990 et 1995.

Dans un rapport intitulé l’Etat de l’insécurité alimentaire dans le monde, le FAO estime que près de 850 millions de personnes – surtout en Afrique et en Asie – vont chaque soir se coucher l’estomac vide. Et le nombre des mal nourris augmente tous les ans de presque cinq millions de personnes. Les dernières estimations, sur la période de 1999 – 2001, font état d’un « revers dans la guerre contre la faim », et les chances d’atteindre l’objectif de l’Onu – réduire la malnutrition de moitié d’ici à 2015 – apparaissent « de plus en plus faibles ». Le FAO affirme qu’il est temps que les nations essayent de comprendre pourquoi des centaines de millions de personnes souffrent de la faim dans un monde qui produit plus de nourriture qu’il n’en faut pour chaque homme, femme et enfant. « Pour parler franchement, le problème n’est pas tant un manque de nourriture qu’un manque de volonté politique », déclare le rapport. Sauf lorsque des guerres ou des catastrophes naturelles braquent les projecteurs de l’actualité sur les pays en voie de développement, « on dit peu de choses et on en fait encore moins » pour mettre un terme au calvaire des 798 millions de personnes qui souffrent de la faim de façon chronique dans les pays en voie de développement – et pourtant, leur nombre dépasse la population totale de l’Amérique latine ou de l’Afrique sub-saharienne. Lors du Sommet mondial contre la faim organisé par l’Onu en 1996, les gouvernements, se basant sur la baisse des années 1990-1992, s’étaient fixés l’objectif de diminuer la malnutrition de moitié avant 2015. Et, lors du Sommet du millénaire de septembre 2000 – le plus grand rassemblement de chefs d’Etats de toute l’Histoire – cet objectif a été placé en tête de liste des priorités mondiales. Si le nombre des affamés a diminué de 37 millions entre 1990 et 1995, depuis, leur nombre s’est accru de nouveau de plus de 18 millions de personnes. Mais, selon le FAO, un examen approfondi des chiffres révèle « une tendance encore plus alarmante » : en réalité, entre 1995 et 2001, dans les pays en voie de développement, le nombre des affamés a augmenté de 4,5 millions de personnes par an.

Au chapitre des bonnes nouvelles, depuis 1990, 19 pays ont réussi à réduire le nombre de leurs habitants mal nourris de 80 millions de personnes. Il s’agit de six pays d’Amérique latine et des Caraïbes, de sept pays d’Afrique sub-saharienne, auxquels s’ajoutent de grands pays relativement prospères comme le Brésil et la Chine, où le niveau de malnutrition était déjà modéré au départ, et quelques pays plus modestes où la faim était plus répandue, tels que le Tchad, la Namibie, le Sri Lanka et la Guinée. Par ailleurs, 22 pays – dont le Bangladesh, Haiti et le Mozambique – où la malnutrition avait augmenté de 1990 à 1995, sont parvenus ensuite à inverser la tendance.


Sources : Associated Press
Thématiques : Sciences et santé, Société, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)