Partage international no 317 – février 2015
Comme beaucoup d’autres pays, le Danemark a vu partir un certain nombre de jeunes musulmans idéalistes désireux de participer à l’aide humanitaire ou de combattre en Syrie. Certains reviennent. Que leur arrive-t-il alors ?
A Aarhus, deuxième ville danoise, un programme de réhabilitation innovant vient de démarrer, visant à les réinsérer sans les menacer de poursuites.
Ce programme, qui implique une collaboration poussée entre les services sociaux et la police, inclut le traitement médical des blessures physiques autant que des traumatismes psychologiques. Il vise également à aider ces jeunes à trouver du travail ou à se réinsérer dans le monde de l’éducation, et les met en liaison avec les consulats et les services de renseignement afin d’aider les membres de leur famille à revenir de Syrie. Ce programme ne leur est pas imposé ; cependant, il offre une alternative à ceux qui risqueraient d’être arrêtés et inculpés de terrorisme.
Dix personnes sur quinze ont actuellement accepté l’aide de ce programme depuis leur retour de Syrie.
Steffen Nielsen, membre à Aarhus de la brigade de prévention des crimes et de plusieurs organisations anti-radicalisation et discrimination, reconnaît que certains représentent une menace à leur retour de Syrie ; mais, selon lui, la plupart ont besoin de soutien pour guérir de ce qui a souvent été pour eux un calvaire terrifiant et démoralisant. « Beaucoup de ceux qui reviennent, explique-t-il, ont perdu leur innocence et une partie au moins de leurs croyances. Ils croyaient partir pour une bonne cause. » Il précise que la plupart de ceux qu’il connaît semblent avoir voulu participer à un travail humanitaire plutôt qu’aux combats.
Il affirme également que la réussite de ce programme est essentielle à l’établissement de rapports avec les communautés musulmanes d’Aarhus, car les leaders de ces communautés le considèrent avec sympathie. Comme l’explique Oussema El Saadi, président de la mosquée Grimhojvej : « Nous pensons qu’il est juste de ne pas les blâmer, de ne pas les amener à penser qu’ils ont fait quelque chose d’horrible, et de ne pas perdre contact avec eux. C’est également notre approche. Ne pas leur donner à penser qu’ils ont fait quelque chose de mal. Leur donner au contraire l’occasion de revenir et de raconter ce qu’ils ont vécu. »
Danemark
Sources : Al Jazeera
Thématiques : Société
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
