Partage international no 17 – février 1990
Interview de Le Maître - par Un journaliste de télévision
Le journaliste de la télévision : Le collaborateur de Maitreya a déclaré que le gouvernement britannique prendrait d’ici peu en considération l’idée d’une consultation du peuple d’Irlande du Nord en vue d’un retrait des troupes de la province et de la restitution à celle-ci de ses pouvoirs politiques. La remarque du Secrétaire aux affaires d’Irlande du Nord, Peter Brooke, concernant la possibilité d’entamer des négociations avec le Sinn Fein s’il retire son soutien à la violence, constitue-t-elle le commencement de ce processus ?
Le Maître : Oui. Ce n’est que le commencement, mais c’est déjà un début.
JT : Quelles sont les évolutions prévisibles à long terme pour le système judiciaire britannique ?
Le Maître : Il devient de plus en plus évident qu’une refonte complète du système judiciaire britannique est nécessaire. Cette remarque s’applique également à de nombreux pays dans le monde entier.
PP : Cette refonte se produira-t-elle en Grande Bretagne dans les années à venir ?
Le Maître : Oui. Le réajustement des structures sociales faisant suite à l’application du principe du partage, qui gouvernera le système économique, conduira inévitablement à adopter de nouveaux points de vue concernant le système judiciaire. Devenant une structure plus démocratique, celui-ci doit répondre davantage à la volonté du peuple, de la même manière qu’un ministre est responsable devant le peuple.
Une trop grande dichotomie existe actuellement entre ceux qui siègent au nom de la justice et ceux qui comparaissent devant ces magistrats non-élus afin de répondre devant eux, quelquefois au péril de leur vie (que ce soit par la peine de mort ou l’emprisonnement à perpétuité).
JT : On rapporte que les différences d’opinion sur l’Europe sont aux cœur du différent existant entre Margaret Thatcher et son cabinet. Quelles seront les conséquences pour la Grande-Bretagne, si le gouvernement britannique ne prend pas normalement sa place dans le développement des institutions de la Communauté Européenne ? Quelles seront également les conséquences pour Madame Thatcher de sa marginalisation croissante au sein de son gouvernement ?
Le Maître : Le Royaume-Uni, si la tendance actuelle se poursuit, perdra sa chance de jouer un rôle à part entière dans la Communauté Européenne, et en supportera les conséquences. Le manque d’empressement du gouvernement actuel à tenir ses engagements vis à vis de l’Europe amènera le Royaume-Uni à être considéré comme « l’exception en Europe », ce qui entraînera de très graves conséquences pour le gouvernement.
Quant à Margaret Thatcher, elle se trouve marginalisée par sa propre politique et par le manque de confiance régnant entre elle et ses collègues. Elle se retirera lorsqu’elle s’avérera incapable de sortir de l’impasse dans laquelle elle s’est elle-même engagée.
La nouvelle taxe sur l’habitat demeure le danger principal pour Madame Thatcher.
PP : La résistance à l’application de la nouvelle taxe sur l’habitat a déjà commencé dans différentes parties du pays, par exemple à Glasgow. Des manifestations se sont également déroulées dans différentes villes, comme Liverpool, Birmingham ou d’autres. Pourquoi, selon vous, la presse n’a-t-elle pas daigné rapporter ces faits ?
Le Maître : La presse considère cette réaction comme trop tiède pour mériter de s’y intéresser. Ce n’est pas la réalité, mais cela révèle l’attitude d’une presse largement conservatrice. Il existe en puissance une lame de fond de résistance et de révolte qui doit encore se manifester. Lorsque ce sera le cas, les medias se saisiront de l’affaire.
JT : Le gouvernement britannique a l’intention d’accélérer la privatisation des compagnies des eaux. Maitreya a déclaré « qu’on ne peut pas privatiser les éléments vitaux de la nature ». Selon de précédentes informations, si le gouvernement tente de mener à bien cette politique « quelque chose de spectaculaire se produira ». Un tel événement est-il imminent, et constaterons-nous l’échec de l’introduction en bourse des actions des compagnies des eaux ?
Le Maître : Non. Cependant, le processus ne se déroulera pas comme prévu. Dès à présent, la majorité des Britanniques, si on leur posait la question, voterait contre ces dispositions. Le plan de privatisation du gouvernement actuel se révélera être son cheval de Troie.
PP : Quelles sont les prévisions pour le Liban ? Le collaborateur de Maitreya a annoncé que des changements significatifs se produiraient dans ce pays.
Le Maître : A court terme : la guerre. A long terme : la paix. Il y aura une dernière tentative, brève et violente, de la milice chrétienne (dirigée par Aoun) afin de conserver sa main-mise sur la partie du territoire libanais qu’elle occupe. Cette tentative échouera. Le général Aoun, tel Don Quichotte, se bat contre des moulins à vent.
PP : La Syrie se retirera-t-elle ?
Le Maître : Finalement, oui. Mais pas avant que certaines garanties aient été mises en place à l’égard de ses représentants au Liban.
PP : Un précédent article indiquait que, selon Maitreya, le Président Bush ne terminerait pas son mandat. Pour quelles raisons ?
Le Maître : Une atmosphère de doute concernant ses fonctions précédentes règne et pèse lourdement sur ses épaules. Reste à voir jusqu’où iront les révélations mais, dans tous les cas, la durée de son mandat sera écourtée.
PP : Une information transmise par le collaborateur de Maitreya prévoyait qu’un tremblement de terre aurait lieu en Chine. Il y en eut un, en effet, mais il fut à peine mentionné par la presse. Pour quelles raisons ?
Le Maître : Le tremblement de terre de San Francisco a pris la première place de l’actualité. Presqu’aucune information n’est venue de Chine. L’Occident a considéré le tremblement de terre chinois comme une sorte de punition pour les événements de la place Tienanmen.
Deux tremblements de terre se sont en fait produits en Chine, de magnitudes 6 et 6,7 sur l’échelle de Richter. Il y eut quelques 50 000 sans abri. Si cette catastrophe s’était produite dans n’importe quelle autre partie du monde, elle aurait constitué un événement d’ampleur mondiale débouchant sur la mise en place de l’aide internationale. La Chine n’a pas demandé d’aide car, dans une certaine mesure, elle s’est refermée à nouveau sur elle-même.
PP : Combien de temps durera ce « referment de la Chine sur elle-même » ?
Le Maître : Cela peut durer plusieurs mois, peut-être jusqu’à deux ans. Tout dépend des forces qui émergent maintenant en Chine, parmi les militaires et la classe politique. Les militaires sont extrêmement nerveux et souhaitent voir de plus grands changements avoir lieu mais, jusqu’à présent, se retiennent d’agir dans l’espoir que ces changements se produiront à l’occasion de réformes constitutionnelles.
PP : Maitreya a souligné l’existence d’une tendance graduelle à la convergence, s’observant dans les sphères politiques, et ce fait de plus en plus remarquable a été vérifié lors d’élections dans le monde entier. Cette tendance va-t-elle se poursuivre ?
Le Maître : Cette tendance va inévitablement se poursuivre. Le consensus constitue la nouvelle méthode de l’humanité. Les vieilles positions dogmatiques, de droite et de gauche, s’éroderont de plus en plus à mesure que les hommes apprendront à élaborer des compromis et à atteindre le consensus. Dans le cas d’élections, il faut s’attendre, de manière générale, à ce que la différence entre les partis soit faible. Cependant, lorsqu’entreront en compétition de grandes masses de travailleurs ou de paysans appauvris, d’une part, et des petits groupes privilégiés, d’autre part, l’écart pourra être considérable. Aux États-Unis et en Europe, où la majorité bénéficie d’un niveau de vie identique, le consensus sera atteint.
PP : Quelles sont les perspectives pour Israël ?
Le Maître : La situation stagne pour le moment en Israël. Paradoxalement, c’est un facteur positif pour le monde arabe, car il empêche toute action spontanée de la part de minorités extrémistes dans le camp israélien. Vous pouvez considérer cela comme le résultat d’un « vide énergétique » crée par Maitreya au Moyen Orient.
A long terme, la paix est inévitable, et est largement recherchée par la plupart des parties impliquées, à peu d’exception près. L’espoir à long terme pour le Moyen Orient est un espoir de paix.
PP : La réunification de l’Allemagne est-elle imminente ?
Le Maître : A court terme : non. A long terme : oui. Il existe encore trop de différences — politiques, de niveaux de vie, de puissance économique — pour justifier une complète union. Il existe encore trop de méfiance, non seulement entre les deux Allemagne, mais aussi chez leurs voisins. Dans le même temps, on constatera un rapprochement et une convergence de vues lorsqu’il s’agira de traiter le problème du récent exode de population. Ce que vous observez dans les autres pays de l’Europe de l’Est se déroulera inévitablement pour tous les pays de l’est européen. Le dernier sera probablement la Roumanie.
PP : Si Gorbatchev doit être remplacé (comme cela est mentionné dans de précédents articles), s’en suivra-t-il un renforcement de la vieille garde ?
Le Maître : Non. La glasnost se poursuivra, mais à un rythme plus régulier, de façon plus stable.
PP : Quel est, selon vous, le principal événement à venir ?
Le Maître : Le prochain krach boursier qui, lorsqu’il se produira, mettra à genoux le système économique actuel. Alors un véritable dialogue s’instaurera entre le monde développé et le monde en voie de développement. Le krach prendra son origine au Japon.
PP : Ce krach est-il imminent ?
Le Maître : Il est attendu depuis huit ou neuf mois. Il ne pourra se faire attendre encore très longtemps. Le récent plongeon de l’indice Dow Jones en octobre 89, occasionné par les retraits japonais, ne constitue qu’un préliminaire du krach principal. De tels plongeons pourront se répéter une ou deux fois avant le dénouement final.
PP : Les gouvernements ont-ils connaissance du contenu de Share International ?
Le Maître : Les gouvernements, non. Mais des membres des gouvernements, oui. Certains représentants de plusieurs gouvernements, du Nord au Sud comme de l’Est à l’Ouest, prennent très au sérieux les déclarations parues dans Share International. Elles sont vraiment prises très au sérieux.
