L’art du beau

Un livre de Benjamin Creme : la mission de Maitreya, tome III

Partage international no 297mai 2013

par Carmen Font

Le début du chemin de l’avenir pour l’humanité est simple dans ses fondements, mais il exige un profond examen intérieur et une préparation minutieuse. Maitreya nous apporte son aide dans le choix de ce qu’il nous faut emporter dans ce voyage, nous prodiguant ses conseils quant aux mesures essentielles à prendre dans le futur et à ce que nous devons déposer à terre parce que cela appartient au passé. Ainsi munis de ce que nous avons réalisé de mieux dans tous les domaines, préparés aux défis qui nous attendent et conscients de notre destinée, nous pouvons nous embarquer dans une vie nouvelle plus juste pour tous et enfin riche de sens. La Mission de Maitreya, tome III (MMIII) nous fournit non seulement toutes les indications nécessaires pour nous permettre de nous tenir debout, mais elle nous donne également la connaissance intérieure qui déclenche et nourrit le changement dans tous les domaines : économique, politique, social et environnemental.

Les priorités de Maitreya sont exposées et développées dans le premier chapitre. Les thèmes fondateurs bien connus – alimentation, éducation, logement et santé – y sont abordés dans le détail, car si les hommes et les femmes veulent que ces besoins fondamentaux soient satisfaits, ils doivent renforcer les liens de fraternité qui les unissent par la création d’un système politique capable de garantir non-agression et paix. Les Nations unies ont un rôle crucial à cet égard, non seulement parce qu’elles représentent le vrai parlement mondial, mais encore parce que c’est à elles que reviendra la responsabilité primordiale de la répartition des ressources de la planète. Benjamin Creme nous rappelle la différence qu’il y a entre un gouvernement mondial – qui n’existera pas en tant que tel, car Maitreya ne sera à la tête d’aucune organisation – et un parlement mondial, dans lequel les Nations unies seront censées être « suffisamment puissantes pour pouvoir agir au nom de l’humanité » (p. 95), « un lieu où seront exposés, mis en discussion et réglés les problèmes internationaux » (p. 94). Jusqu’à présent, les Nations unies n’ont jamais rempli leur vraie fonction, comme nous le démontrent les événements lors desquels des aventuriers avides de pouvoir comme Milosevic en Serbie et Karadzic en Bosnie sont « toujours prêts à profiter de la faiblesse de l’Onu et des divers déséquilibres mondiaux pour faire naître des situations leur permettant de conquérir des territoires et du pouvoir » (p. 94). Même si la dernière guerre des Balkans a eu lieu dans les années 1990, ce constat fait penser à certains scénarios déjà en cours à l’heure actuelle, dans lesquels des régions comme le Moyen-Orient, l’Afrique et la Corée du Nord deviennent de plus en plus dangereuses pour l’équilibre politique mondial.

Afin que nous ne sombrions pas dans la défiance qui alimente la séparativité et, par voie de conséquence, le refus du partage, il nous est conseillé de cultiver la bonne volonté, l’innocuité et le détachement. Ces qualités innées s’exprimeront correctement chez les enfants grâce à l’éducation du nouvel âge, dans laquelle la loi d’amour et les lois de la vie seront mises en pratique. Mais Maitreya, par sa présence, « dynamisera cette bonne volonté [chez les hommes et les femmes]. Il soutiendra en eux cette disposition à l’égard de la vie, la stimulera à un point tel qu’il construira une opinion publique à laquelle aucun gouvernement ne pourra résister » (p. 177).

Dans le nouvel âge – comme l’ont annoncé les livres précédents, la Mission de Maitreya, tome I et tome II – l’humanité aura conscience du potentiel incommensurable qui est le sien dans tous les domaines de l’entreprise humaine, et connaîtra la confiance du fait de la profonde solidarité qui unira les hommes. Cette attitude, correctement nourrie par le Soi et inspirée par la présence de Maitreya parmi nous, nous permettra de faire l’expérience de la joie de vivre selon les lois de la vie. Les voyages seront plus faciles et plus rapides, les villes seront embellies et « les gens feront de leur vie une œuvre d’art : cela s’exprimera dans le domaine architectural par la création de nouvelles structures, dont beaucoup seront extraordinairement belles et modernes » (p. 188).

Dans chaque chapitre de MMIII, on trouve une indéniable qualité de « beauté ». C’est si vrai que l’idée de « beau » imprègne le livre du début à la fin, quel que soit le sujet. La vie de l’avenir sera merveilleuse : Maitreya nous indique les développements intérieurs à venir qui non seulement transformeront notre vie, mais la rendront radieuse. La mission de Maitreya ne consiste pas simplement à soulager les diverses formes de souffrance et de famine spirituelle qui sévissent dans le monde, elle a également pour but de faire que la vie quotidienne des hommes vaille la peine d’être vécue. Mais avant que cela ne puisse devenir réalité, nous devons balayer devant notre porte et nettoyer la planète.

Le chapitre II est consacré aux « défis du XXIe siècle » qui, si l’on excepte les crises économique et sociale imminentes – abondamment traitées dans MMIII –, sont essentiellement une crise de l’environnement. Faute d’un équilibre écologique adéquat, la planète Terre cessera d’exister. Comme l’humanité a toujours maltraité l’environnement et continue de le faire aujourd’hui, le travail des Frères de l’espace, qui ne cessent de réparer les dégâts, est fondamental. « La vie sur cette planète serait absolument insupportable sans l’aide de nos Frères de l’espace qui neutralisent cette pollution et lui ôtent de sa toxicité, dans les limites permises par le karma » (p. 203). C’est exactement ce que nous avons constaté ces dernières années, avec l’augmentation des apparitions d’ovnis et surtout de « l’étoile » de Maitreya – un vaisseau spatial venu d’une autre planète pour nous avertir de la présence de Maitreya parmi nous.

Les détails de l’émergence de Maitreya au jour de Déclaration ainsi que ses conséquences sont le thème essentiel du chapitre III, dans lequel le Maître de Benjamin Creme explique en quoi consistera notre expérience de l’apparition et de la présence de Maitreya parmi nous. L’immensité de cet événement, déjà en voie de réalisation aujourd’hui, revêtira une dimension intérieure qui mérite toute notre attention dès maintenant : « J’en ai parlé maintes et maintes fois, écrit Benjamin Creme, mais jamais jusqu’à aujourd’hui – et probablement pas au moment où je vous parle – je n’ai réussi à saisir l’immense impact de tout cela, l’énormité, la nouveauté et le caractère unique de cet événement » (p. 277)

Il est aussi question dans ce chapitre de très nombreux miracles allant de l’apparition de la Vierge aux croix de lumière et aux statues hindoues buvant du lait. Toutes ces informations sur les divers types de signes ouvrent une perspective originale sur la façon dont la Hiérarchie, depuis des temps immémoriaux, vient en aide à l’humanité sans aucune distinction de tradition, de culture ou d’état d’esprit, permettant ainsi au lecteur de se faire une idée plus précise de l’importance et de la nature du processus d’émergence de Maitreya. « [Ces signes] indiquent, pour ceux qui peuvent le comprendre, qu’il y a un Plan, et que Dieu n’oublie jamais le monde. Les catholiques fervents interprètent cela dans un sens religieux » (p. 328). Pendant de nombreuses années, Maitreya est apparu à des groupes religieux traditionnels dans le monde entier, afin de se « présenter » et de neutraliser ainsi d’éventuelles réactions négatives à sa présence. Ces apparitions à des croyants de toutes obédiences sont révélatrices des intentions de Maitreya qui connaît les recoins les plus mystérieux du cœur humain et n’a donc laissé aucune région du monde de côté.

En vérité, l’ère des miracles est sans fin, mais les miracles de Maitreya ne doivent pas nous empêcher d’en faire nous aussi : dans le chapitre IV, on trouve l’extraordinaire interview que Benjamin Creme a donnée à Rollin Olson sur les Enseignements de la Sagesse éternelle. Jamais auparavant autant d’informations ésotériques de cette envergure n’avaient été révélées de cette façon : Benjamin Creme expose les raisons de la présence de l’humanité sur la Terre, son but, et le processus d’expansion de conscience qui est le sien. L’intégralité de cet entretien a fait l’objet d’une publication séparée dans un fascicule qu’on ne se lasse pas de lire et de relire tant sa richesse semble inépuisable.

Dans cette célébration de la beauté humaine qu’est MMIII, l’art ne pouvait pas ne pas trouver sa place. C’est pourquoi une grande partie du chapitre V est consacrée aux grands peintres – pour la plupart devenus des Maîtres aujourd’hui –, à leur œuvre ainsi qu’à leur structure de rayons et à leur niveau d’évolution. Nous apprenons ainsi que ces artistes ont été inspirés par Maitreya et comprenons l’importance que les rayons de leurs nations d’origine ont eue dans leur art. « On fera bien de se rappeler en outre, écrit Benjamin Creme, que ce ne sont pas les rayons en eux-mêmes qui font la grandeur ou l’insignifiance d’un individu, mais bien son niveau d’évolution – lequel déterminera l’usage qu’il fera de ces rayons » (p. 405).

Dans le chapitre VI, nous passons des arts à la science. « La science de l’Antahkarana et de son utilisation est probablement la science la plus importante des temps à venir » (p. 435), une science encore inconnue de l’humanité mais « qui deviendra la science du mental dans le nouvel âge, la science de la construction du pont entre l’homme inférieur et l’homme supérieur » (p. 435). La précision et la beauté de ce processus – dans lequel nous tissons les fils à partir de notre propre âme – illustre parfaitement l’illusion que constitue la séparation. La constitution progressive de ce fil de conscience nous indique sans le moindre doute que « nous perdons le sens du moi séparé » (p. 450). Telle est la réalité. C’est pourquoi, en nous perdant dans le service, nous construisons le pont de l’antahkarana qui, en même temps, nous permet de faire preuve de créativité.

Devant tant de merveilles promises à l’humanité dans un avenir rapproché, il n’est pas étonnant que ceux qui participent d’une manière ou d’une autre à l’événement soient impatients de le voir se réaliser. C’est la question à laquelle répond le chapitre VIII, que l’on ne se lasse pas de lire et de relire, avec son thème fondateur de l’art de l’attente. Avec la sagesse qui est la sienne, Benjamin Creme nous y explique de façon lumineuse le caractère relatif de la notion de temps, et partage avec nous la vision qui est la sienne d’une vraie dynamique de l’action pendant l’attente. Le temps n’a pas grand-chose à voir avec le temps physique, mais bien plutôt avec l’usage que nous en faisons et notre impulsion de servir. « Les événements du monde, ceux que nous appelons le passé, qui se déroulent encore, et ceux du futur, qui se déroulent maintenant, doivent précipiter » (p.543). Cette affirmation semble peut-être paradoxale, mais elle ne l’est pas. Si nous nous débarrassons du sentiment qui est le nôtre que nous avons « perdu » notre temps dans le passé pour un avenir « incertain », cela nous soulagera du poids de « l’attente », spécialement aujourd’hui, à l’heure où Maitreya « frappe à la porte ».

Récompense ultime, la Mission de Maitreya, tome III, se termine sur un appendice aussi passionnant qu’indispensable : une liste des initiés mondiaux mise à jour. Le lecteur y trouvera une somme considérable de données qui satisferont sa curiosité sur bien des points et qui lui permettront, s’il se donne la peine d’aller au-delà des chiffres, d’envisager l’activité de l’initié qui l’intéresse sous l’angle de la période dans laquelle il a vécu et de sa contribution au monde. Avec ce dernier volume de la série des Mission de Maitreya, Benjamin Creme nous rappelle que nous pouvons user (ou mésuser) des énergies qui nous sont données pour faire preuve de créativité et ainsi participer à l’embellissement de la vie dans une conscience chaque jour plus éveillée.

Benjamin Creme, La Mission de Maitreya, tome III, deuxième édition révisée et complétée, 2012, Partage Publication.
Pour les comptes rendus de lecture de la Mission de Maitreya, tome I et II, voir Partage international de mars et d’avril 2013.

Auteur : Carmen Font, professeur d’université et correspondante Share International. Elle réside en Espagne.
Thématiques : spiritualité, émergence
Rubrique : Compte rendu de lecture ()