Partage international no 323 – juillet 2015
Le 18 juin 2015, le pape François a publié une encyclique de 192 pages Sur la sauvegarde de notre maison commune. Il presse les nations riches de changer de politique, afin de réduire les inégalités et la pauvreté, et éviter les désastres climatiques. S’adressant aux catholiques mais également à tous les peuples, le pape appelle l’humanité à une action urgente pour sauver la planète. Il s’agit d’une intervention majeure et encourageante, en ce moment historique, qui réunit les aspects scientifiques et moraux du changement climatique et de l’inégalité mondiale.
Alors qu’il participait à la présentation de l’encyclique, à la conférence de presse du Vatican, le métropolite orthodoxe Jean Zizioulas de Pergame, a déclaré : « Cette encyclique vient à un moment critique et aura, sans aucun doute, un effet sur la conscience des gens dans le monde entier […]. La crise écologique est essentiellement un problème spirituel. Les bonnes relations entre l’humanité et la Terre, ou son environnement naturel, ont été rompues. »
Prenant acte des preuves accablantes fournies par les climatologues, cette encyclique affirme : « Des études scientifiques indiquent que la majeure partie du réchauffement de la planète au cours des dernières décennies est due à la grande concentration des gaz à effet de serre provoquée principalement par l’activité humaine. Elle avertit que l’exploitation de la planète a déjà dépassé les limites acceptables alors que nous n’avons toujours pas résolu le problème de la pauvreté […]. L’idée d’une croissance infinie ou illimitée […] est basée sur le mensonge selon lequel les ressources de la Terre seraient infinies, ce qui conduit à une surexploitation de la planète, au-delà de toute limite […]. Nous n’avons jamais autant maltraité notre maison commune qu’au cours de ces 200 dernières années […]. Nous ne sommes pas Dieu. La Terre était là avant nous et nous a été donnée. »
Sur l’effet des forces du marché, le pape nous met en garde : « Nous devons rejeter une conception magique du marché, qui suggère que les problèmes peuvent être résolus simplement par une augmentation des profits des entreprises ou des individus. » Il rejette les « solutions techniques simples », comme les systèmes de plafonnements et d’échanges qui, selon lui, donnent lieu à de la spéculation nuisible. Au lieu de cela, il conseille à l’humanité de se rassembler dans l’unité. « Le climat est un bien commun, appartenant à tous et destiné à tous […]. Nous devons renforcer la conviction que nous sommes une seule famille humaine unique […]. Nous devons retrouver la conviction que nous avons besoin de l’autre, que nous avons une responsabilité partagée pour les autres et le monde. »
En lutte contre les inégalités, le pape déclare : « De différentes manières, les pays en développement, où se trouvent les plus importantes réserves de la biosphère, continuent d’alimenter le développement des pays les plus riches au détriment de leur propre présent et avenir […]. Nous sommes confrontés non pas à deux crises distinctes, l’une environnementale et l’autre sociale, mais plutôt à une crise complexe qui est à la fois sociale et environnementale […]. Personne ne suggère un retour à l’âge de pierre, mais nous devons ralentir et regarder la réalité d’une manière différente. »
Les écologistes espèrent que le message du pape galvanisera les nations dans la perspective de la Conférence sur le climat de Paris de décembre 2015. La responsable du changement climatique à l’Onu, Christiana Figueres, a répondu : « Cet appel doit conduire le monde à un accord fort, durable et universel sur le climat […]. Couplé avec l’impératif économique, l’impératif moral ne laisse aucun doute : nous devons agir sur le changement climatique dès aujourd’hui. »
Sur une note optimiste, le pape conclut : « Les êtres humains, bien que capables du pire, sont également capables de se dépasser, choisir à nouveau ce qui est bon, et prendre un nouveau départ. »
En reprenant les paroles de son homonyme saint François d’Assise en matière de soins à apporter aux pauvres et à la nature, François est vraiment un pape pour notre temps.
Date des faits : 18 juin 2015
Sources : The Guardian, BBC News, G.-B. ; W2.vatican.va
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
