L’Afrique et sa position dans le monde actuel

Partage international no 149février 2001

par Nelson Mandela

 Londres

Jeudi 6 avril 2000, l’ancien président d’Afrique du Sud, Nelson Mandela, a prononcé un discours devant un auditoire composé des membres de la London School of Economics (LSE), ainsi que de personnalités politiques et de dignitaires. Durant les années d’apartheid, la LSE avait joué un rôle actif dans la lutte contre les injustices qui avaient cours dans ce pays.

Nelson Mandela fut accueilli par des applaudissements tumultueux et son discours s’acheva sur une longue et vibrante standing ovation. Puis le poète Andrew Motion lut un poème qu’il avait composé en son hommage, et la séance se termina sur l’air de The Messenger [tiré du film Jeanne d’Arc, de Luc Besson], joué avec entrain par Joan Armatrading et son orchestre. N. Mandela se lança alors dans un numéro de danse impromptu qui porta à son comble l’enthousiasme du public et marqua le début des festivités. Le respect et l’admiration pour cet homme d’Etat, l’un des plus marquants de la scène internationale, étaient tangibles.

« J’ai grandi dans la partie orientale du Cap, une région d’Afrique du Sud qui ressemble beaucoup à celle décrite par le romancier britannique Thomas Hardy. C’était un monde de tradition orale, où l’on se soignait avec des herbes, et où l’on n’avait pas d’accès à l’eau pure. Les infections gastro-intestinales, la malaria et le choléra étaient très répandus. La vie y était cruelle et courte. L’électricité n’existait pas, et l’attelage était notre seul moyen de transport. La dureté et la pauvreté de l’existence étaient aggravées par l’indifférence de la société. Les colonies étaient faites pour être exploitées, au profit de la Nation Mère et de ceux qui étaient venus s’installer dans notre région. L’esclavage, ce business immensément profitable, et que l’on disait aboli, était encore frais dans la mémoire de la vieille génération des plus pauvres d’entre les pauvres, et l’on en parlait à voix basse, à mots couverts. Ma jeunesse et mes premières années d’adulte se passèrent à lutter contre un système injuste et oppressif. »

Nombre de dirigeants africains d’aujourd’hui diraient exactement la même chose. Et lorsque vous faites le bilan des succès et des échecs de l’Afrique, il faut toujours garder cet arrière-plan à l’esprit. L’une des plus grandes erreurs que commettent des commentateurs politiques sérieux est de nous juger sur la même base que celle sur laquelle vous jugez ceux qui façonnent l’opinion dans les vieux pays industrialisés, oubliant que notre peuple s’est vu pendant plus de trois siècles refuser des privilèges qui vous paraissent aller de soi.

L’éducation

Vous avez été dans les meilleures écoles du pays – pourvues d’enseignants hautement qualifiés, de salles de classes équipées du meilleur matériel pédagogique ; où l’on employait la même langue que chez vous, avec des parents ayant eux-mêmes bénéficié d’une éducation de très haute qualité, et pouvant aider leurs enfants à comprendre très tôt des notions sophistiquées.
Mais lorsque vous considérez la situation des Noirs en Afrique, le tableau devient tout autre : des enfants qui vont à l’école sans y disposer d’outils et d’aides pédagogiques, pour y recevoir un enseignement dans une autre langue que la leur et dispensé par des professeurs bien moins qualifiés qu’en Occident. On revient de l’école pour retrouver des parents qui n’ont reçu aucune éducation. Des enfants pauvres mangeant du porridge le matin, du porridge à midi, du porridge le soir, incapables de se concentrer. Des familles nombreuses avec peu d’espace pour circuler, où les enfants partagent une chambre à trois ou quatre, sans table ni chaise, faisant leurs devoirs à même le sol.

Tels sont les gens qui vivent en Afrique aujourd’hui, et j’espère que vous en tiendrez compte en considérant la situation de ce continent. Ceux qui sont au gouvernement dans les différents pays africains sont des gens qui n’ont jamais eu la possibilité de recevoir une formation pour s’y préparer, contrairement à beaucoup d’entre vous.

Je souhaite poser une question difficile : à quel stade de son histoire l’Afrique en est-elle ? […] Nous sommes convaincus que nous sommes à une période d’une importance historique décisive pour ce continent et sa place dans le monde. Nous sommes déterminés à faire du XXIe siècle celui de l’Afrique. Devant l’ampleur de la tâche que nous nous sommes fixée, nous formulons les défis à relever en termes qui peuvent évoquer les périodes de changements historiques majeurs qu’ont connues d’autres régions du monde à d’autres époques.

La renaissance africaine

C’est ainsi que l’idée d’une renaissance africaine s’est imposée sur notre continent avec toute la résonance d’une idée dont le temps est venu. La renaissance dans laquelle nous sommes engagés ne sera pas de même nature que celle de l’Europe, et ne culminera pas dans la colonisation et la domination d’un système économique mondial, dont le trafic d’esclaves fut partie intégrante. La nôtre est une renaissance qui se trouve confrontée à des problèmes ayant pour origine les relations historiques qui se sont instaurées à cette période-là entre l’Afrique et le reste du monde. En outre, nous devons l’accomplir dans un contexte international de mondialisation rapide.

A ce premier projet historique s’en ajoute un second, complémentaire, et qui est celui de construire de solides institutions dans un continent uni – des institutions politiques, économiques et sociales au niveaux national, régional et continental.

Les Etats faibles, qui font aussi partie de notre héritage, comptent, en effet, parmi les conditions qui sont par trop propices à l’apparition des seigneurs de la guerre, à la mobilisation ethnique qui divise des peuples unis et les jette dans la guerre civile, et aux tensions et conflits qui menacent la stabilité de certaines régions. Là encore, ce processus de construction d’Etats et d’institutions forts ne peut passer par la destruction et les massacres horribles que l’Europe s’est infligée à elle-même, surtout dans la première moitié du XXe siècle. D’un autre côté, le système d’institutions multilatérales et internationales, qui ont été instaurées au milieu du XXe siècle pour empêcher que de telles catastrophes se reproduisent, fournira une partie importante des moyens qui nous permettront de bâtir un monde équitable. Et cela même si nous cherchons également à réformer nos institutions internationales africaines afin qu’elles reflètent dans la pratique les principes démocratiques d’un monde décolonisé.

La vision que traduit l’idée de renaissance africaine est une vision de reconstruction et de développement d’une Afrique où la vie des peuples et des Africains progresse rapidement et constamment en direction de standards largement en accord avec ceux du reste du monde. C’est aussi la vision d’une Afrique intégrée au monde sur une base égalitaire. L’Afrique se situe collectivement au degré le plus bas du stade mondial de développement. Cela veut dire, pour des millions d’Africains, les maux engendrés par la pauvreté et le sous-développement, les fléaux de la malaria, de la tuberculose et du sida, et des programmes éducatifs qui sont très loin de ceux dont le continent a besoin pour participer pleinement à l’économie et à la société moderne. […]

Si, malgré tout cela, nous sommes si sûrs de réaliser notre rêve, depuis longtemps chéri, de renaissance et de reconstruction, c’est parce que les conditions pour le faire existent maintenant. On trouve l’une de ces conditions dans le stade de développement de l’économie mondiale. Si, d’un côté, il fait courir le risque de voir se renforcer, voire empirer, les déséquilibres historiques, d’un autre, il fournit des opportunités à l’Afrique, région au vaste potentiel encore inutilisé. La libération de l’Afrique du Sud, une libération qui marqua le point culminant de la lutte de l’Afrique contre le gouvernement colonial et la minorité blanche, a de ce point de vue constitué une étape essentielle. Elle a permis au continent de concentrer ses énergies et ses ressources, qu’il avait dû jusqu’alors employer à résister à l’oppression coloniale et raciale, pour élaborer et modeler son propre développement.

A cette condition pour la régénération de l’Afrique s’en ajoutent deux autres, qui se renforcent l’une l’autre : d’une part, la montée en puissance des mouvements populaires au cours des deux dernières décennies, qui se sont manifestés dans les luttes contre les dictatures et les gouvernements non démocratiques ; d’autre part, l’apparition d’une nouvelle génération de leaders africains, d’hommes et de femmes capables, qui ne sont plus prêts à accepter comme une fatalité les conditions de vie actuelles de l’Africain. Autant de raisons qui nous donnent foi en l’avenir. Ce n’est pas minimiser nos problèmes, ou sous-estimer l’ampleur de la tâche à accomplir, que de les reconnaître. Ce n’est pas non plus ignorer le fait que certains de ces problèmes sont de notre fait, comme nous le montrent les archives des premières décennies d’indépendance.

La réalisation de notre vision ne se fera pas sans une industrialisation rapide pour exploiter nos ressources encore très peu utilisées et notre position géostratégique. Cette industrialisation demande, à son tour, des programmes massifs de développement des infrastructures pour permettre la régénération de nos villes et l’instauration d’un véritable système éducatif. Dans notre monde interdépendant, ce qui arrive dans un pays se répercute dans de nombreux autres. Ce qui arrive en Afrique a des conséquences sur ses relations avec le monde. La croissance et le développement durables requièrent donc la paix, la sécurité et la stabilité, ainsi que l’unité du continent. La paix est la plus grande arme du développement.

Concilier émotions et pensées

A l’inverse, les conflits et les tensions qui minent la stabilité et la sécurité peuvent figer le progrès que nous avons entrepris sur la voie du développement. Ce qui nous donne de l’espoir, c’est que les leaders africains trouvent des façons créatives de résoudre les conflits. Nous croyons que la transition de l’Afrique du Sud, qu’on qualifie parfois de miracle – alors qu’en fait, elle s’est fondée sur l’action d’hommes et de femmes – a eu une grande importance en ce qu’elle a démontré ce qu’il est possible de faire quand existent la volonté et les conditions de la paix.

Ce qui est difficile dans la vie, ce n’est pas tant que nous influençons les autres et que nous les changions ; le plus difficile est de changer soi-même selon les situations auxquelles nous sommes confrontés.

L’une des questions les plus difficiles devant laquelle on se trouve quand on est en prison, en exil, ou quand on travaille sur le terrain, c’est de concilier sentiments et pensée. Nos sentiments nous disaient qu’en aucune circonstance nous ne négocierions avec le régime d’apartheid qui nous avait soumis des siècles durant à quelques-unes des expériences les plus douloureuses que l’on puisse concevoir. Il était impensable de nous asseoir à la même table que nos ennemis pour négocier. Mais notre raison nous disait que si l’on ne s’asseyait pas avec ces gens, notre pays partirait en fumée, et que des civils innocents seraient massacrés. L’infrastructure du pays serait détruite. Le développement de la communauté cesserait. Le problème était de concilier ces deux choses : nos émotions et notre pensée.

Nous avons rencontré des problèmes avec certains de nos camarades et collègues, nous en avons rencontrés avec l’ennemi qui avait répété, pendant des décennies, qu’il ne négocierait jamais avec des terroristes. Il nous fallait trouver un moyen de franchir le pont sans humiliation. C’est parce que nous avons su surmonter cette contradiction entre nos émotions et notre pensée que nous avons pu réaliser une transformation pacifique et confondre les prophètes de malheur qui prédisaient qu’il n’y aurait jamais de changement pacifique dans notre pays, que toute tentative de le faire noierait l’Afrique du Sud dans des rivières de sang. Si nous avons été en mesure de leur prouver qu’ils avaient tort, c’est parce que, d’abord, et avant tout, nous avons pu nous changer nous-mêmes.

Même si l’Afrique du Sud a toujours répondu lorsqu’on lui a demandé son aide pour résoudre des conflits, ce fut toujours en partant du principe que seules les parties en conflit peuvent parvenir à des solutions durables. Je suis revenu très confiant de la dernière rencontre d’Arusha (Tanzanie), certain que nous sommes à la veille d’une percée et que le processus débouchera sur une paix durable pour le Burundi et les Burundais.

Deux principes pour une paix durable

Quand je me suis rendu au Burundi […], j’ignorais tout de la qualité de ses dirigeants. Mais je fus extrêmement impressionné de voir que parmi les 18 négociateurs en présence, il y avait six ingénieurs (formés à Bruxelles, Paris, en Allemagne et en Russie) ; que quatre étaient diplômés en droit, quatre autres en économie, et un en littérature française ; qu’il y avait deux médecins, un mathématicien, une biologiste et un sociologue. Telle est la qualité des responsables politiques avec lesquels nous avons affaire, et c’est pour cette raison que j’ai été certain, dès le début, que tôt ou tard, nous déboucherions sur une solution. De fait, le processus en direction d’une paix durable au Burundi avance, et cela parce que les deux principales conditions de la paix sont réunies. La première de ces conditions, c’est que les parties en conflit doivent être prêtes à participer au processus. La seconde, que tous les leaders soient disposés à accepter un compromis, fondé sur la reconnaissance qu’en tant que Burundais, ils ont certains intérêts et principes en commun, qui sont plus importants que toutes les différences qui les divisent. Au nombre de ces principes, il y a celui qu’il est totalement inacceptable que des hommes, des femmes et des enfants innocents subissent une perte de liberté ou meurent assassinés parce que des responsables politiques se sont montrés incapables d’accepter les compromis nécessaires à la paix.

La manière dont ce principe a été si souvent violé est un acte d’accusation tragique contre les dirigeants politiques. Ce qui soutient notre espoir en l’avenir de l’Afrique, c’est la manière dont le processus de paix au Burundi a été favorisé par les efforts conjoints des leaders de nombreux pays du continent, et avec le soutien actif de la communauté internationale. Ensemble, en consultation avec et sous la direction de l’OUA (Organisation de l’unité africaine), ils ont exercé une responsabilité collective pour l’instauration de la paix et de la sécurité africaines. Le soutien international, qui a été si vital pour ce processus, continuera à l’être pour la reconstruction que la paix rendra possible.

La position de l’Afrique

Telle est la voie de la reconstruction et du développement de l’Afrique. Des leaders qui ne peuvent placer les intérêts de leurs peuples au-dessus des leurs ne sauraient instaurer de paix durable et de développement durable. Aucun pays africain ne peut résoudre seul ses problèmes – pas plus que l’Afrique elle-même ne peut atteindre seule ses buts. Les programmes de reconstruction économique, la garantie de la paix, de la stabilité et de la sécurité, le traitement des problèmes nés des relations historiques de l’Afrique avec le reste du monde, tout cela demande une mise en commun de la souveraineté, le retrait de la dette, et que l’on négocie des régimes commerciaux et des systèmes d’investissement équitables. Cela requiert aussi que l’Afrique puisse parler d’une même voix, une voix qui reflète la certitude de ses peuples que le continent est sur le chemin d’une rapide amélioration de la vie de tous.

C’est pourquoi nous incluons parmi nos priorités l’édification de la coopération avec le reste du Sud, en partenariat avec les pays industrialisés du Nord. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur le développement de nos organisations régionales et continentales, et sur le progrès en direction de l’intégration économique. C’est pourquoi la consolidation de la démocratie est fondamentale pour notre avenir. La position de l’Afrique dans le monde actuel dépendra de ce qu’elle fera d’elle-même. C’est pourquoi, enfin, nous restons confiants dans notre détermination d’être à l’aube du siècle de l’Afrique.[…]

Je veux que vous ouvriez les yeux et observiez ce qui se passe sur ce continent. Presque tous ses pays, à quelques exceptions près, se sont maintenant démocratisés, et ce sont ces avancées qui nous font espérer que, quels que soient les problèmes – et certains sont très sérieux – nous disposons néanmoins d’hommes et de femmes talentueux, capables de se montrer à la hauteur des défis qui attendent le continent.


Une grande dame

Nelson Mandela conclut son discours par l’anecdote suivante, priant son auditoire, au cas où ce dernier n’aurait pas été satisfait de sa prestation « de se montrer un peu plus diplomate que cette jeune dame ».

Une jeune demoiselle de cinq ans se présenta un jour à mon portail, et le service de sécurité m’annonça : « Il y a une jeune dame dehors qui veut vous voir. » Je répondis de la faire entrer, mais ils m’avertirent : « Monsieur le Président, elle est très insolente. » Je répondis : « Justement, laissez-la entrer ! » Et de fait, c’était vraiment une grande dame. J’étais assis dans mon salon quand elle fit irruption, sans frapper, et demanda : « Quel âge as-tu ? » Je dis : « Je suis désolé, je ne m’en souviens pas. Mais je suis né il y a très, très longtemps. » Elle : « Deux ans ? » Moi : « Non, bien plus longtemps que ça. » Elle changea alors de sujet : « Pourquoi as-tu été en prison ? » Je dis : « Je n’ai pas été en prison parce que ça me plaisait. On m’a forcé à y aller. »  – « Qui ? »  – « Des gens qui ne m’aiment pas. »  – « Combien de temps y es-tu resté ? »  – « Je ne peux pas m’en souvenir, mais très longtemps. » La question des deux ans revint. Et comme je ne pus y répondre, elle ajouta : « Tu dois être un vieil homme vraiment stupide. » Puis elle continua à me parler comme si elle m’avait fait un compliment.


Questions à Nelson Mandela

Jonathan Black, président de l’Union des étudiants de la LSE : « Vous avez été une telle source d’inspiration pour de nombreuses personnes dans le monde… Je me demandais quelle a été la vôtre. »
Nelson Mandela : C’est une question qu’on m’a déjà posée plusieurs fois. On dit généralement que l’on a été inspiré par sa mère, ou par son père. Malheureusement, comme je l’ai indiqué […], j’ai grandi dans une région où rares étaient les Noirs qui avaient bénéficié d’une éducation, et mes parents n’ont jamais été à l’école. Ils étaient totalement illettrés. Ma source d’inspiration, ce sont les femmes et les hommes qui sont apparus un peu partout dans le monde, qui ont choisi d’en faire le théâtre de leurs opérations et luttent contre les conditions socio-économiques qui entravent le progrès de l’humanité. Des femmes et des hommes qui se battent partout où l’on essaie d’étouffer la voix de l’homme, qui luttent contre la maladie, l’analphabétisme, l’ignorance, la pauvreté et la faim. Certains sont connus, d’autres non. Tels sont les gens qui m’ont inspiré…

Bella Isaacs, diplômée de la LSE : « Vous avez traversé de nombreuses expériences difficiles. Quelle a été votre technique de survie ? »
Nelson Mandela : […] Je dois corriger une erreur que l’on a commise à plusieurs reprises, qui est de croire que tous ceux qui ont souffert et connu la prison pour la libération de l’Afrique du Sud sont pleins d’amertume, sauf un, qui constitue une exception. Et qu’il a été le seul artisan des changements radicaux qui ont bouleversé la politique de ce pays. Nous sommes une génération de leaders qui travaillons collectivement, en équipe, et il se peut qu’il y en ait un parmi nous qui soit chargé d’informer des décisions prises par le comité. Mais ces décisions ont été prises après qu’on ait débattu à fond des différentes positions, de sorte qu’une fois qu’elles ont été rendues publiques, celui qui s’y oppose perd généralement toute crédibilité. Tel est l’environnement dans lequel nous avons été produits et aucun de nous, y compris moi-même, n’avons d’expérience à vous présenter qui nous mettent à part des autres. Si vous voulez que je vous expose ce que nous, en tant qu’équipe, avons fait, et notre point de vue sur les questions auxquelles est confronté un politicien, ma tâche est plus facile. Mais je veux souligner que certains d’entre nous n’ont pas réellement apporté la contribution dont le monde les crédite. Il y a bien des femmes et des hommes qui ont apporté bien plus que moi – par exemple, à la direction du Congrès national africain. Il y a eu en prison des gens qui ont bien plus inspiré leurs collègues que je n’aurais pu le faire…

Afrique
Date des faits : 6 avril 2000 Auteur : Nelson Mandela, ancien président de la République sud-africaine, prix Nobel de la paix
Thématiques : politique, éducation
Rubrique : Divers ()