La voix de la raison

Partage international no 176avril 2003

par Phyllis Bennis

Les Etats-Unis augmenteront vraisemblablement leur pression sur tous les pays faisant partie du Conseil de Sécurité. Les membres africains (Angola, Cameroun et Guinée) sont particulièrement vulnérables aux menaces de suppression de l’aide économique américaine, vitale pour eux. L’Africa Growth and Opportunity Act exige de tous les pays bénéficiant de l’aide américaine qu’ils « ne s’engagent dans aucune activité contraire à la sécurité nationale des Etats-Unis ou à leurs intérêts politiques à l’étranger ».

Cette stratégie a déjà fait ses preuves. En 1990, lorsque la première administration Bush voulut obtenir l’accord du Conseil de sécurité pour entrer en guerre contre l’Irak, le Yemen, fut l’un des deux pays à voter contre. A peine l’ambassadeur yéménite avait-il baissé la main qu’un diplomate américain lui aurait glissé : « Ce « non » sera le plus cher que vous ayez jamais prononcé. » Trois jours plus tard, les Etats-Unis supprimaient totalement leur aide au Yemen, pays le plus pauvre du monde arabe.

Un consensus imposé au Conseil de Sécurité, ou même une coalition de va-t-en guerre basée sur la contrainte, ne peut être considéré comme la preuve d’un véritable soutien international. Une alliance menée par les Etats-Unis, sans l’aval de l’Onu, serait une coalition imposée et non volontaire. L’extrémisme d’une telle politique isolera encore davantage l’administration Bush – et les Etats-Unis en tant que nation – de leurs amis et de leurs alliés dans le monde. Les inspecteurs ont dit que des progrès étaient accomplis. Nous devrions nous joindre à ceux qui, en France, en Allemagne et ailleurs dans le monde, soutiennent qu’il faut prolonger les inspections.

Auteur : Phyllis Bennis, membre de l’institut d’études politiques, Etats Unis.
Sources : United Press International]
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)