La maltraitance des réfugiés

Partage international no 333mai 2016

Immobilisés et parqués, leurs voies d’évacuation coupées, des gens désespérés, dont certains voyagent depuis des mois, sont bloqués à la frontière gréco-macédonienne depuis février 2016.

Plus de 10 000 migrants et réfugiés ont échoué à l’avant-poste de la frontière grecque d’Idomeni, après une cascade de fermetures de frontières à travers les Balkans qui ont coupé leur route vers l’Europe centrale et occidentale. Les unes après les autres des clôtures ont été érigées à la hâte ces derniers mois, des kilomètres de barbelés avec des patrouilles frontalières garantissent presque le maintien des réfugiés hors de la forteresse Europe.

Malgré les risques et les difficultés, les réfugiés essaient encore d’avancer. Le dimanche 10 avril, des travailleurs humanitaires ont rapporté que des dizaines de réfugiés, y compris des enfants, ont été blessés lorsque la police macédonienne a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur la foule massée du côté grec de la frontière. La Grèce a condamné cet acte comme « dangereux et déplorable ».

Des gaz lacrymogènes ont été utilisés près du passage d’Idomeni, où plus de 11 000 réfugiés et autres migrants campaient du côté grec de la frontière. Les Etats des Balkans ont fermé la route des migrants vers l’Europe du nord cette année.

« L’utilisation aveugle de produits chimiques, de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes contre des populations vulnérables est un acte dangereux et déplorable », a déclaré le porte-parole du gouvernement grec, George Kyritsis. L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a déclaré que les autorités avaient tiré des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes contre ceux qui tentaient de se frayer un chemin en Macédoine.

Les troubles du 10 avril auraient commencé après qu’un groupe de migrants se soit approché de la clôture pour demander aux gardes d’ouvrir la frontière et de les laisser passer. Lorsque leur demande a été rejetée, ils ont été rejoints par d’autres, dont certains portaient de lourds bagages.

Cet incident fait suite à une longue saga de souffrances et de mauvais traitements. Il est presque impossible d’exagérer les souffrances endurées par les réfugiés. Plus d’un million de personnes fuyant le conflit ont inondé l’Europe, principalement par la Grèce, cette dernière année. L’Union européenne met en œuvre un accord en vertu duquel tous les nouveaux arrivants en Grèce seront renvoyés en Turquie s’ils ne répondent pas aux critères d’asile.

Amnesty International rapporte que la Turquie rassemble les Syriens et les force à retourner en Syrie. L’organisation des droits de l’homme considère l’accord UE-Turquie comme profondément bancal, tandis que d’autres remettent en question sa légalité.


Sources : bbcnews.com ; reuters.com ; amnestyinternational.org
Thématiques : Société
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)