La Hiérarchie des Maîtres de Sagesse

Partage international no 458 – octobre 2026

par Aart Jurriaanse

Dans le cadre de ce traité, la description de la structure hiérarchique sera volontairement simplifiée et ne fournira que les éléments indispensables pour comprendre les relations entre les trois principaux groupes jalonnant le chemin évolutif de l’être humain, à savoir l’humanité, la Hiérarchie et Shamballa. Même sous cette forme simplifiée, la plupart des étudiants éprouvent des difficultés à concevoir ces notions et à les accepter, autant en raison de leur caractère abstrait que parce que les Entités subjectives qui y sont décrites demeurent invisibles et insaisissables pour les sens humains.

Cependant, dès qu’une représentation suffisamment claire de cette structure spirituelle aura été acquise, ces notions fondamentales pourront progressivement s’étoffer à mesure que s’élargiront les connaissances et que la compréhension s’approfondira.

Il a déjà été expliqué comment l’être humain, au fil de ses nombreuses incarnations, développe progressivement sa conscience ; comment il atteint la première initiation en parvenant au contrôle de ses désirs physiques, puis la deuxième initiation lorsque ses émotions ont été suffisamment maîtrisées.

Vient ensuite l’étape importante de la troisième initiation, une fois que les trois corps inférieurs – le physique, l’astral et le mental – ont été intégrés et fonctionnent conjointement en tant que « personnalité » : ils sont alors placés sous la direction complète de l’âme.

Ainsi, l’homme devient véritablement un être spirituel, n’étant plus mené par les attractions et les impulsions de la chair, tandis que son regard intérieur s’ouvre aux nouveaux horizons des mondes spirituels. Cette conscience et ce contact plus profonds avec la réalité mettent le disciple en lien avec des sources nouvelles et toujours plus grandes d’amour et d’énergie, qu’il peut désormais employer au service de ses semblables : il se trouve alors « transfiguré ».

Jusqu’à la troisième initiation, le disciple a construit, principalement de manière inconsciente, le « Pont de Lumière1 », qui relie les corps inférieurs à l’âme. Désormais, cependant, ce travail de construction du pont se poursuit consciemment, avec pour objectif de combler le fossé entre la personnalité et la Triade spirituelle, ou Monade.

Lorsque l’étape ultime de cette construction est achevée, le disciple est prêt pour la quatrième initiation – la « Grande Renonciation ». La Monade prend alors directement le commandement de la personnalité, laquelle ne fait plus désormais que refléter sa triple manifestation dans le monde physique. A ce stade, l’âme ne sert plus en tant qu’intermédiaire entre l’Esprit et la matière ; en conséquence, elle est abandonnée après des éons de service dans cette fonction.

Bien que la Monade puisse conserver temporairement les trois corps, l’expérience de l’incarnation n’est désormais plus nécessaire. Ces corps servent uniquement à l’expression de la Monade et seront utilisés exclusivement comme instruments de service, que ce soit dans le règne humain ou dans l’un des trois règnes inférieurs de la nature.

Après avoir atteint la troisième initiation, le disciple peut être considéré comme un membre junior de la Hiérarchie des Maîtres et, à ce titre, être intégré au groupe de l’un des Maîtres plus avancés. Il participe alors à la Hiérarchie et en fait partie intégrante, qu’il soit incarné dans le monde physique ou actif sur les plans subjectifs. À ce stade, toutefois, l’être en évolution n’est pas encore à même d’assumer toutes les responsabilités d’un adepte ou d’un Maître, car ce n’est qu’après avoir atteint la cinquième initiation que l’initié est officiellement reconnu comme un Maître de Sagesse.

L’existence d’une Hiérarchie des Maîtres, en tant que partie intégrante de la souveraineté subjective placée sous la direction du Christ, n’a été révélée publiquement par Helena Blavatsky qu’au cours du dernier quart du XIXe siècle. Comme on pouvait s’y attendre, la révélation de ces connaissances cachées au monde fut accueillie par une vive opposition de la part des milieux religieux, et souvent par les moqueries d’une grande partie du public.

Aujourd’hui, cependant, des centaines de milliers de personnes considèrent ces principes comme logiques lorsqu’elles examinent, sans préjugés, les éléments de preuve dont dispose l’être humain. La résistance obstinée des milieux orthodoxes s’effrite également sous les assauts persistants de la raison. Mais il y a bien davantage que la seule logique : aujourd’hui, de nombreuses personnes intègres sont parvenues, par leur expérience pratique et leur coopération consciente avec des Entités supérieures, à savoir que les Maîtres existent et qu’ils peuvent aider l’aspirant qui lutte sur le chemin spirituel.

Ainsi, le chercheur intelligent de la Vérité ne se satisfait plus des réponses stéréotypées fournies par les théologiens orthodoxes ; il préfère l’expérience spirituelle directe à l’autorité doctrinale.

Il faut s’attendre à ce qu’un certain temps soit nécessaire avant que ces concepts « nouveaux » soient généralement acceptés et que ces principes s’établissent dans le monde entier. Mais un mouvement régulier et irrépressible s’oriente dans cette direction, conduisant inévitablement à l’émergence d’une religion mondiale unique. Certes, les personnes sensibles aux nouvelles influences spirituelles sont encore très minoritaires, mais cela est normal dans le cours de l’évolution : ce qui est nouveau doit toujours affronter la tâche de remplacer ce qui est profondément enraciné et établi.

Toutefois, ce qui a accompli son rôle dans le temps et l’espace, mais est devenu obsolète, doit céder la place à ce qui est vigoureux, fort, sain et en accord avec son époque : la religion de l’avenir sera fondée sur l’amour, la bonne volonté, le partage et de justes relations humaines, non seulement entre les individus, mais également entre les groupes, les communautés, les nations et les races du monde.

Cette époque approche rapidement. Ne vous laissez pas aveugler par les discordes, la haine et les conflits visibles à la surface, mais observez plus en profondeur : les courants puissants et vivants de tolérance, de bonne volonté et d’attention à autrui sont de plus en plus perceptibles partout, et souvent dans les milieux les plus inattendus. Dans un avenir qui n’est plus très lointain, ces forces en éveil prendront une telle ampleur que les puissances obscures et mauvaises seront submergées au point de disparaître en grande partie du théâtre du monde.

Le Christ, avec ses adeptes et ses disciples au sein de la Hiérarchie, a déjà accompli des progrès considérables dans son action spirituelle au cours des dernières décennies. Les remparts d’opposition, édifiés et soutenus par les Forces obscures, et dont l’influence a dominé les activités humaines au cours des âges, s’effondrent rapidement. Mais le moment présent est crucial : les premiers succès doivent rapidement être suivis d’autres sans laisser à ces Forces obscures le temps de se reprendre.

C’est pourquoi la Hiérarchie compte sur le soutien de ses disciples – tant conscients qu’inconscients – dans le monde des hommes. Tous les êtres éclairés présents dans les Églises, les partis politiques et les nombreuses organisations – sociales, économiques, éducatives et scientifiques – ont la responsabilité de présenter un front uni fondé sur les principes fondamentaux de l’amour, de la bonne volonté et du service.

Ainsi sera tracé le chemin de la liberté spirituelle de l’humanité. Cette liberté n’est encore, pour l’instant, qu’un rêve lointain, mais elle doit être – et sera – réalisée si chaque individu capable d’y contribuer remplit le rôle qui lui incombe.

Cette inspiration spirituelle qui commence à se faire sentir provient de la Hiérarchie, dont la fonction est de mettre ces énergies à la disposition de l’humanité. Cette dernière peut donc toujours compter sur ce soutien, auquel elle peut faire appel en tout temps.

Toutefois, la Hiérarchie ne s’occupe pas des petits problèmes quotidiens et des activités individuelles, qui demeurent sous la responsabilité de la personnalité et du libre arbitre de chacun. La Hiérarchie s’intéresse à l’évolution de l’humanité dans son ensemble ; son intérêt ne se porte sur l’individu que lorsque celui-ci peut constituer un instrument utile à la réalisation du bien général.

Cependant, l’homme qui manifeste les dispositions et les qualités nécessaires au service désintéressé peut être assuré que ces qualités seront volontiers mises à contribution pour le bien commun, car il y a un besoin urgent de tout canal approprié permettant de transmettre les énergies hiérarchiques au monde des hommes.

Telle qu’elle est constituée aujourd’hui, la Hiérarchie est le fruit de l’activité et de l’aspiration humaines au cours des âges passés – autrement dit, elle représente l’humanité rachetée. Tous ses membres sont des êtres humains libérés, qui ont traversé l’expérience terrestre dans toute sa diversité et dans toutes ses phases ; ils ont vécu, souffert, échoué et réussi ; ils ont d’innombrables fois traversé les processus cycliques de la mort, de la résurrection, et de la renaissance qui a suivi.

Fondamentalement, ces Grands Êtres sont de même nature que ceux qui luttent encore en incarnation, confrontés à toutes les tentations, impulsions, plaisirs et adversités du monde des émotions et du désir. Ils connaissent tous les états de conscience qu’ils ont été capables de maîtriser au cours des éons. Ils ont surmonté ces conditions en participant à la vie dans les mondes physiques, garantissant ainsi à l’humanité qu’elle pourra, elle aussi, parvenir finalement à cette même réalisation.

La Hiérarchie porte donc l’empreinte emblématique des hommes sanctifiés par les feux purificateurs de la vie quotidienne. Ainsi, elle connaît la vie avec tous ses défis et, pour cette raison, manifeste une compréhension, une patience et une compassion inépuisables envers ceux qui foulent encore le dur chemin de l’existence terrestre.

Le chef de cette communauté d’Entités spirituelles est le Christ, qui fut en réalité le premier des êtres humains nés sur Terre à atteindre la divinité. C’est le Christ qui a incarné pour l’humanité le grand principe cosmique de l’Amour et qui, pour la première fois, a révélé à l’être humain la nature du Cœur de Dieu.

1. Le « Pont de lumière » est appelé également l’ « Antahkarana »

 

Auteur : Aart Jurriaanse,  (1907-2002), auteur sud-africain, a rédigé des compilations des ouvrages d’Alice A. Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire des enseignements d’Alice Bailey.
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