Partage international no 33 – mai 1991
Selon l'Institut Britannique du Développement et de la Coopération, quarante pays du Sud, dont quatorze des pays les plus pauvres de l'Afrique sub-saharienne, ont perdu un total d'environ 12 milliards de dollars en raison de la guerre du Golfe, soit près de 1 pour cent de leur Produit National Brut.
L'économie indienne a perdu 2 milliards de dollars entre août 1990 et janvier 1991, en raison de l'interruption des rentrées de devises provenant des 170 000 Indiens qui travaillaient dans le Golfe Persique avant la guerre.
Le gouvernement philippin a estimé entre 293 et 438 millions de dollars la baisse du montant des rapatriements de fonds par ses ressortissants émigrés, du fait de la guerre.
Les pertes des Philippines Airlines sont évaluées à 800 000 dollars par jour depuis que cette compagnie a interrompu ses vols au Moyen-Orient et en Europe.
Pour seize des pays mentionnés dans cette étude, l'impact de la crise est supérieur à 2 pour cent du PNB, tandis que des pays comme la Jordanie, le Yemen et le Sri Lanka ont subi des pertes allant jusqu'à 25,3 pour cent de leur PNB. Le Bureau d'Assistance des Nations Unies considère que de telles pertes équivalent à une « catastrophe naturelle ».
Parallèlement, d'autres pays, qui ont soutenu les efforts de la Coalition dans la région, ont été largement récompensés.
La dette extérieure de l'Egypte, qui s'élevait à 13,5 milliards de dollars, a été effacée par ses créanciers, et on envisage actuellement la possibilité d'annuler une dette supplémentaire de près de 10 milliards de dollars dus par l'Egypte aux principaux pays industrialisés. La Syrie a reçu entre 1,5 et 2 milliards de dollars en provenance des Etats du Golfe. La dette de l'Argentine, qui a envoyé deux vaisseaux de guerre dans le Golfe, a été réduite de plus d'un milliard de dollars.
