La démocratie est essentielle à la paix, à la prospérité et à la sécurité

Partage international no 171novembre 2002

Le Rapport 2002 sur le développement humain, publié par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), met en garde contre toute compromission à l’égard des droits de l’homme et de la démocratie, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international. Il rejette fermement l’idée selon laquelle les régimes autoritaires sont plus adéquats pour la stabilité politique et la croissance économique.

« Le désir de stabilité conduit à croire que les régimes non démocratiques offrent la perspective d’un meilleur ordre public et d’un développement économique plus rapide, explique Sakiko Fukuda-Parr, rédacteur en chef du rapport. Mais l’évidence montre qu’ils n’engendrent ni l’un ni l’autre. »

Dans l’ensemble du monde en voie de développement, de la Malaisie au Pakistan, ou de la Colombie au Kazakhstan, des dirigeants populistes ou autoritaires affirment qu’il faut trouver un compromis entre la stabilité nationale et la liberté individuelle. Selon eux, les pays les plus pauvres doivent en priorité concentrer leurs efforts à la construction de la paix et de la prospérité économique, et seulement ultérieurement aux droits de l’homme et à la démocratie. Mais le Rapport 2002 démontre le contraire sans aucune équivoque.

Les études récentes montrent que les démocraties installées sont moins susceptibles de connaître la guerre civile que les régimes non démocratiques, et le rapport précise que les jeunes démocraties sont plus à même de faire face aux troubles politiques que les régimes autoritaires, vraisemblablement parce que les démocraties offrent des moyens non violents de résoudre les conflits politiques et que l’opposition a toujours l’espoir que son tour viendra. Le rapport souligne aussi que les pays démocratiques ne se font quasiment jamais la guerre entre eux – un argument de poids en faveur de la démocratie. Depuis 1990, 38 nouvelles opérations de pacification ont été lancées, contre 16 seulement entre 1946 et 1989, témoignant d’une fragmentation du monde mise en exergue par le rapport.

Le Rapport 2002 indique que ce fait recèle de précieuses informations pour l’Afghanistan, où les efforts pour bâtir une démocratie doivent aller de pair avec la restauration de la paix. Mais ces informations s’appliquent plus largement au monde entier. Développer les pratiques démocratiques, au niveau local ou mondial, sera vital pour la bataille contre l’injustice sociale et créera un rempart contre le terrorisme.

« Ce rapport rappelle avec insistance que le combat contre le terrorisme doit être mené sur de nombreux fronts, affirme Mark Malloch Brown, administrateur du Pnud. Le terrorisme se nourrit de la corruption des Etats et des défaillances en matière de gouvernance, tout autant que des échecs de sécurité nationale : nous ne pouvons résoudre efficacement le terrorisme sans résoudre également ce qui le nourrit. »


Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)