La crise humanitaire, résultat de décennies de mondialisation incontrôlée

Partage international no 344avril 2017

Dans une tribune libre rédigée à l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, le 20 février 2017, le Dr Hanif Hassan Al Qassim, président du Geneva Centre for Human Rights Advancement and Global Dialogue (Centre genevois pour le progrès des droits humains et le dialogue global), un groupe de réflexion dédié à la promotion des droits humains par le dialogue interculturel, politique, religieux et civilisationnel, a été très clair sur les causes réelles de la crise actuelle et des conflits autour du monde : « Cette crise humanitaire est le résultat de décennies de mondialisation incontrôlée dans tous les pays, sans aucun souci de justice sociale. »

La crise qu’il mentionne est celle des réfugiés : « Les images bouleversantes de personnes désespérées tentant le traître voyage par la Méditerranée et les Balkans afin d’échapper aux conflits armés, aux tensions sociales, à la discrimination et à la pauvreté nuisent aux prérequis qui permettent d’atteindre l’harmonie sociale. »

Dans son article, le Dr Al Qassim avance : « Une des conséquences [de la mondialisation effrénée] est l’agitation sociale et l’exode massif. Que reste-t-il aujourd’hui de la paix et de ses bénéfices qui étaient censés revenir aux pays pauvres comme résultat de la fin du conflit Est-Ouest ?

La prolifération des conflits armés, particulièrement au Moyen- Orient, ébranle encore un peu plus le bien-être social. »

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de 4 millions de personnes ont fui la Syrie en raison de la violence permanente dans le pays. La majorité d’entre eux vivent maintenant dans des camps et dans des abris de fortune. Ce sont des déplacés intérieurs, éparpillés dans des pays comme la Turquie, le Liban et la Jordanie. Le monde n’avait plus vu d’exode de masse de cette ampleur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le Dr Al Qassim note que « les conflits armés en cours et les déplacements de populations contreviennent à la vision exprimée par la Déclaration du droit au développement. Les inégalités croissantes de revenus font également croître les tensions sociales qui déstabilisent les sociétés ».

Le manque d’opportunités d’emplois étouffe la croissance économique et se termine en pauvreté, qui aboutit au chômage et aux tensions sociales.

Le 1er janvier 2016 sont entrés en vigueur les 17 Objectifs du développement durable (ODD) du Programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté par les dirigeants mondiaux en septembre 2015. Au cours des quinze prochaines années, grâce à ces nouveaux objectifs qui s’appliquent à tous, les pays vont mobiliser leurs efforts pour mettre fin à toute forme de pauvreté, pour combattre les inégalités et pour s’attaquer au changement climatique. L’Agenda 2030 est une feuille de route audacieuse de la part des Etats pour encourager la cohésion et l’harmonie sociale.

« Le but est de vivre dans une société en paix, juste et équitable qui garantit à tous une distribution juste des revenus, l’accès aux ressources et l’égalité face aux opportunités, écrit le Dr Al Qassim. Nous devons saisir l’opportunité de nous occuper des causes de l’instabilité sociale et des rechutes économiques. Il faut donner les moyens aux gens, qu’ils puissent réaliser leur potentiel et se rendre maîtres de leur destin. Identifier, s’occuper et éradiquer les véritables causes de l’injustice sociale va nous permettre de promouvoir un développement plus équitable qui met l’humain au centre, et crée des synergies entre le développement sociétal et la sécurité humaine. S’occuper de l’injustice sociale est dans notre intérêt commun pour soutenir un ordre international plus durable. »

Le Dr Al Qassim termine sa tribune par une citation de Martin Luther King Jr : « L’injustice où qu’elle soit est une menace pour la justice dans le monde entier. »


Sources : IPS
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)