Partage international no 10 – juin 1989
Interview de Un des proches collaborateurs de Maitreya par Patricia Pitchon
27 avril 1989
La volonté du peuple — En Chine, en Union Soviétique et aux États-Unis, le peuple demande ouvertement aux hommes politiques de justifier leurs dépenses de défense. Dans certains pays d’Amérique latine, des hommes politiques commencent à travailler en harmonie avec le peuple. De la même manière, nul ne peut désormais ignorer le problème de l’environnement. L’environnement deviendra la préoccupation « numéro un » de par le monde.
Il y a un lien entre notre espace intérieur et notre environnement extérieur. A partir du moment où on devient conscient de soi, l’environnement qui est à portée du mental, de l’esprit et du corps devient alors sous contrôle. Ce développement s’étend ensuite à la famille, puis au pays tout entier.
Les politiciens ne pourront plus désormais contrôler le peuple par l’intermédiaire des parlements sans qu’existe une représentativité suffisante de la volonté populaire. La volonté du peuple prévaudra.
Le problème des « ismes » — Remplacer le communisme par le capitalisme ne résoudra pas, en soi, le problème. La corruption, la criminalité, les sans abris, etc., existent également en Occident.
Lorsque la conscience n’est pas encore éveillée, toutes les théories en « isme » contrôlent le mental, l’esprit et le corps, et créent des divisions. Ceci est la maya, c’est-à-dire l’illusion. Lorsque la conscience exerce son contrôle et vous guide, les « ismes » ne peuvent vous approcher. La conscience peut même amener un roi à renoncer à son royaume. Les privilèges divisent, interdisant à l’entité résidant en vous d’expérimenter l’unité.
On ne peut toutefois rejeter tous les « ismes » simultanément, car les idéologies en « isme » sont des étapes sur le chemin. La conscience contrôle la rapidité avec laquelle se fait l’évolution. Lorsque le Tout-Puissant vous honore, vous conservez votre nom et rejetez l’échelle qui vous a permis de grimper. L’échelle reste cependant utile aux personnes qui sont encore sur le sol.
Qu’est-ce que la société ? — La société actuelle ressemble à une tanière. On sait qu’il existe un trop grand nombre de serpents dans la jungle, de sorte qu’on désire rester maître dans sa tanière et qu’on ne permet pas aux autres d’y pénétrer. Dans la société que nous connaissons aujourd’hui, ceux qui pensent de la même manière se rassemblent et refusent (aux autres aussi bien qu’à eux-mêmes) l’élargissement de leur conscience.
Afin de Me connaître — Maitreya déclare : « Je viens tout d’abord à vous comme un voleur dans la nuit afin que vous ne soyez pas trop surexcités. Lentement, à mesure que votre conscience s’éveille, vous pouvez digérer ce qui a été absorbé. En élargissant votre conscience, vous Me connaîtrez. Prisonniers des idéologies en « isme’, vous Me combattrez ».
L’auteur de l’action et le Soi — Il est important d’avoir présent à l’esprit que lorsque vous adhérez à une idéologie, à un « isme » quelconque, ce n’est pas vous qui agissez. Les forces mystérieuses de la création vous entourent alors, et se jouent de vous, vous donnant l’impression que vous êtes l’auteur de l’action.
Mais le Soi n’est jamais l’auteur de l’action. Dans la conscience, le Soi observe simplement. La conscience éveillée, le Soi peut reconnaître l’auteur de l’action car, dans cet état de conscience, il y a compréhension, connaissance, sagesse et intelligence, libres de tous les « ismes ».
Des centres d’éveil de la conscience — Maitreya faisait récemment remarquer qu’il existe, dans un grand nombre de villes et de métropoles, des centres d’expression corporelle. Il déclare que des « centres d’éveil de la conscience » existeront bientôt, qui focaliseront leur action sur la communication entre les individus plutôt que sur le corps uniquement. Selon Maitreya, cette idée est maintenant prise en considération par un nombre croissant d’individus.
A la manière de scientifiques, les individus feront l’expérience d’une diversité d’approches de travail avec autrui, dans lesquelles la communication véritable sera primordiale. Les individus venant afin de recevoir de l’aide feront soudain, intérieurement, l’expérience de « cela », c’est-à-dire de la conscience. Grâce à cet événement intérieur, ils éprouveront alors un soulagement. L’idée étant que, une fois ce processus mis en action, les individus participeront eux-mêmes de manière active à l’élaboration de solutions à leurs problèmes.
Le dogmatisme politique — L’idée que les hommes politiques sont les maîtres de l’univers touche à sa fin. Les politiciens se rendent maintenant compte que le bonheur et la sécurité de la société passent par le respect de la volonté du peuple. Cette volonté est si sacrée que ceux qui y font obstacle devront affronter la tombe — c’est-à-dire la mort, soit par crise cardiaque, soit par suicide, soit par maladie mentale.
Trahir la volonté du peuple met en action un dangereux processus. Lorsque vous trahissez quelqu’un, un mouvement de recul s’opère en vous. Le Soi se retire alors du mental, de l’esprit et du corps. Ce retrait est extrêmement destructeur, conduit à un état de tension nerveuse et, dans des cas extrêmes, au suicide ou au meurtre. Croire de manière dogmatique aux forces du marché, c’est croire en des forces de destruction, qui sont telles un serpent aveugle qu’on aurait laissé s’échapper. Les forces du marché divisent : elles rendront certains heureux, d’autres malheureux. Une telle situation engendre la contradiction et le chaos.
La paix — Beaucoup d’hommes politiques pensent que la paix est due à l’existence des armes nucléaires. Selon Maitreya, ces hommes se trompent lourdement. Cette prétendue paix dont parlent les hommes politiques n’est rien d’autre que la peur. Ils ont traduit le mot « peur » par le mot « paix ». Tous ces malentendus sont maintenant en passe d’être dissipés. La paix est indépendante de la cause et de l’effet. Cette nouvelle compréhension se fait maintenant jour au sein de la jeune génération. La paix n’est le résultat d’aucun « isme ». La paix est au-delà des oppositions Est-Ouest ou Nord-Sud.
Le mal — Maitreya déclare : « Le Seigneur n’est pas mauvais. Vous, c’est-à-dire le Soi, n’êtes pas mauvais. Parce que vous vous attachez à la forme, vous êtes assujettis aux traditions, aux credo et aux idéologies. Lorsque vous vous en séparez, vous éprouvez des regrets, de la tristesse. Dans la Réalité, ni la forme ni les croyances ne sont source de division. Dans la Lumière, dans l’Unité, il n’existe aucune controverse. Tout le monde peut voir. Dans les ténèbres, vingt personnes se mettront à argumenter. Parce que vous ne pouvez communiquer avec la Réalité, vous expérimentez la contradiction et le chaos. »
Des forces incontrôlées — Un certain nombre de meurtres gratuits se sont à nouveau produits récemment, attirant l’attention de la presse et du public, particulièrement aux États-Unis.
Maitreya explique que le mental, l’esprit et le corps sont remplis d’énergies. Si ces énergies ne sont plus sous contrôle et se dérèglent, elles peuvent rendre fou l’individu, ou le transformer en bête sauvage. En fait, lorsque des actes violents sont commis, le Soi n’exerce aucun contrôle sur ces forces qui entourent le mental, l’esprit et le corps. Il n’existe alors aucune communication entre le Soi d’une part, et le mental, l’esprit et le corps d’autre part. C’est la raison pour laquelle Maitreya déclare : « Je suis venu pour vous enseigner le salut. C’est dans la conscience que réside le salut. Grâce à la conscience, vous pouvez contrôler les énergies qui sont en vous. Ce n’est que dans la conscience que se trouve l’équilibre. »
La conscience est sacrée — La conscience sera respectée à la maison et à l’école comme un don sacré, venant de Dieu. La conscience est la mère de la création. La conscience ne peut jamais être divisée ni imposée. Aucun manuel ne peut la décrire, car elle n’a ni commencement ni fin. La conscience peut seulement être vécue.
Inciter un très jeune enfant à chercher Dieu n’est pas divin, car c’est de cette manière qu’on crée des « ismes », des idéologies. La conscience est une graine qui se trouve dans toute la création et dans chaque individu. Si vous permettez à l’enfant de poursuivre sa croissance de manière naturelle, vous permettez également à sa conscience de se développer. L’enfant jouira alors d’une vie normale, et ne deviendra pas dogmatique. Éveillés à la conscience, vous ne posséderez pas les enfants, mais pourtant ils se rapprocheront de vous. Dès aujourd’hui, on voit des enfants de neuf à dix ans collecter des fonds afin de nourrir les affamés. Imaginez ce que ces enfants deviendront lorsque, demain, ils seront des citoyens. Des enfants peuvent accomplir de telles choses. Les hommes politiques ne peuvent le faire.
L’énergie nucléaire — L’énergie nucléaire peut même être créée par un seul individu, de son propre libre arbitre. Des yogis peuvent accomplir cela. Prenez l’exemple d’un hiver rigoureux. Certains enfants ont peu de vêtements et survivent malgré tout. Dans le mental, dans l’esprit et dans le corps, ils ont créé de l’énergie. On entend souvent parler d’exemples où des adultes ont eux aussi bravé le froid. Ils ont pu le faire parce qu’ils avaient décidé qu’ils le feraient, et ils l’ont fait. En fait, ils ont créé de l’énergie : l’énergie de la pensée.
Une plus grande énergie émane de l’intérieur — Comment certaines personnes peuvent-elles marcher sur un lit de braises incandescentes ou s’étendre sur un lit planté de clous sans que leur corps ne soit brûlé ni transpercé ?
Seuls les hommes politiques se préoccupent aujourd’hui de l’énergie nucléaire, et déclarent : « Donnez-moi le pouvoir afin que je puisse gouverner. »
Les combustions spontanées — Les combustions spontanées sont également un exemple d’énergies qui se dérèglent. Dans votre seconde nature, c’est-à-dire lorsque vous vous identifiez au mental, à l’esprit et au corps, l’énergie est sous le contrôle du mental, de l’esprit et du corps. Cependant, lorsque cette énergie n’est plus contrôlée, une personne peut littéralement prendre feu spontanément.
Les instructeurs spirituels et les « ismes » — Dans le passé, lorsqu’un instructeur spirituel décédait, s’il restait attaché à sa mission, il pouvait apparaître (dans son corps astral) à ses disciples et pouvait même, en de rares occasions, se matérialiser.
Mais cela ne résolvait en rien les problèmes auxquels les disciples avaient à faire face. Au bout du compte, à chaque fois des doctrines, des « ismes » étaient créés.
Cette fois-ci, Maitreya déclare : « Je suis venu Moi-même. Nul ne peut M’enfermer dans aucun « isme » d’aucune sorte. » Un temps viendra où les gens comprendront cela naturellement, sans faire d’histoires, parce qu’ils se sentiront libres intérieurement. C’est la raison pour laquelle Maitreya déclare : « Je ne suis pas venu pour former des disciples. » L’important, c’est votre Soi, libéré de toute compulsion, capable de remplir sa tâche sans que cela ne lui pèse, insensible à la critique ou à l’éloge.
A partir du moment où vous ressentez la divinité en vous, vous comprenez que tout se trouve en vous. La clé qui ouvre toutes les portes se trouve en vous
Auteur : Patricia Pitchon, autrefois journaliste au quotidien colombien El Tiempo. Aujourd’hui basée à Londres, elle est journaliste indépendante. Egalement psychothérapeute, elle travaille avec les réfugiés.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Le point de vue de Maitreya ()
