La Banque d’Angleterre fait l’éloge du mouvement Occupy

Partage international no 292décembre 2012

Lors d’un événement organisé récemment par Occupy Economics, Andy Haldane, directeur de la stabilité financière de la Banque d’Angleterre, a brisé plusieurs stéréotypes. Il a affirmé au cours d’un discours énergique que le mouvement Occupy, connu pour ses rassemblements protestataires dans la City de Londres et à Wall Street, devrait être félicité pour avoir déclenché une refonte du secteur financier, « une réforme de la finance ». Il a déclaré qu’en dépit des critiques contre le fait que ses objectifs étaient quelque peu vagues, Occupy avait en fait agi comme levier sur les politiques. A. Haldane est l’un des plus anciens inspirateurs de la politique financière de Grande-Bretagne et certains estiment qu’il pourrait devenir le futur gouverneur de la Banque d’Angleterre. Il a déclaré que les protestataires d’Occupy avaient parlé haut et clair et qu’ils avaient bien fait de mettre l’accent sur les inégalités comme principale raison du krach économique de 2008. « Au cœur de la crise financière mondiale résident des problèmes liés à des inégalités profondes et croissantes… Nous avons vu la première crise induite par les inégalités, et plus récemment, des inégalités induites par la crise », explique-t-il. Cela fait suite à des études montrant que c’était l’accumulation d’énormes fortunes alimentées par la dette qui était directement responsable de l’effet domino ayant conduit à l’effondrement du système bancaire en 2008.

Lors du débat d’Occupy Economics à Londres, le 29 octobre 2012, devant une vaste audience, A. Haldane a déclaré que des règles limitant l’utilisation du crédit permettraient de réduire la possibilité d’accumuler d’énormes biens et d’immenses fortunes. Les inégalités ont été alimentées par les banques prêtant des fonds destinés à spéculer sur les biens et autres actifs, ce qui a conduit à enrichir une petite minorité, les infâmes 1 %, aux dépens de tous les autres.

Ces paroles ne sont guère réconfortantes pour le secteur financier opérant dans la City de Londres, qui souhaite que le crédit bancaire retrouve son niveau d’avant la crise, comme si le krach ne s’était jamais produit. L’année prochaine, la Banque d’Angleterre imposera aux banques des règles plus strictes sur les prêts lorsqu’elle reprendra en main le contrôle de l’industrie actuellement exercé par l’Autorité britannique de régulation du secteur financier.


Sources : The Guardian, Grande-Bretagne
Thématiques : Économie
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)