Israël : révoltes contre la corruption

Partage international no 350octobre 2017

Depuis près d’un an, des milliers d’Israéliens se rassemblent chaque samedi soir à Petah Tikva, une ville de la périphérie de Tel-Aviv, où réside le procureur Avishaï Mandelblit.

A. Mandelblit a été nommé procureur par le premier ministre Benjamin Netanyahou et certains le soupçonnent d’entraver délibérément les enquêtes pour corruption et détournement de fonds actuellement en cours contre B. Netanyahou et d’autres ministres.

Trois enquêtes majeures visent B. Netanyahou. La police le soupçonne d’avoir demandé à des amis des « cadeaux » comme des bijoux et des voyages en jets privés. Il est également soupçonné d’avoir négocié secrètement une meilleure couverture de l’action gouvernementale par Yedot Aharonot, le plus grand quotidien israélien, en échange d’avantages financiers pour le directeur du journal. Enfin, il est sous le coup d’une enquête sur des pots de vin versés par Thyssen Krupp (l’un des plus grands producteurs d’acier du monde, qui fabrique également des navires et des sous-marins) pour le marché d’un sixième sous-marin.

Trois autres ministres importants font l’objet d’enquêtes fiscales ou pour corruption.

Les enjeux sont donc élevés, et le gouvernement tente de faire cesser les manifestations, en vain jusqu’à présent : les manifestants exigent l’accélération de ces procès car ils craignent les obstructions.

Les marches du samedi ont été lancées par Meni Naftali, ancien employé du couple Netanyahou qui a travaillé pour le Shabak (la Sûreté générale) ; il s’est fait connaître pour avoir fait condamner la femme de B. Netanyahou pour violence contre du personnel. Quand il a lancé les marches, Meni Naftali n’était soutenu que par quinze personnes. De plus en plus de personnes l’ont rejoint après qu’un policier lui ait cassé la main devant des caméras de télévision.

D’une manière similaire, il y a un an et demi, Yoram Tzelner, un père de famille sans histoire, a appelé ses amis via Facebook à se rassembler tous les vendredis à différents carrefours pour une « révolte des isolés », pour protester contre « la façon dont le gouvernement Netanyahou prend le pouvoir d’une manière si abusive qu’il refuse toute critique et écarte toute enquête judiciaire. C’est la voie ouverte à la dictature », a-t-il déclaré. A sa grande surprise, des milliers de personnes l’ont rejoint lors de sa manifestation hebdomadaire.

Motti Ashkenazi, ancien soldat israélien emblématique, s’est joint à la manifestation, espérant que le mouvement devienne aussi important que le mouvement de justice sociale de l’été 2011 pour lequel 400 000 personnes avaient défilé.

Les enquêtes d’opinion montrent que 65 % des Israéliens espèrent que les poursuites aboutiront.

Lieu : Petah Tikva, Israël
Sources : Libération, France
Thématiques :
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)