Interaction et interrelation

UN LIVRE DE BENJAMIN CREME : Enseignements de Maitreya : Les Lois de la vie

Partage international no 311juillet 2014

par Carmen Font

Les enseignements de Maitreya, tels qu’ils sont présentés dans Les Lois de la Vie, peuvent être consultés un peu à la manière d’un puzzle. L’information qui s’y trouve est organisée en chapitres thématiques, mais le lecteur peut en brasser les éléments et en faire des unités différentes tout aussi cohérentes. L’ordre des parties ne porte pas atteinte à la qualité générale de l’ensemble, car les deux grandes Lois, la Loi de renaissance et la Loi de cause et d’effet, se retrouvent à la fois au niveau de la structure globale et au niveau du détail.

Comme Benjamin Creme l’explique dans son introduction, la compréhension qu’a Maitreya de la Loi de cause et d’effet « lui permet de prévoir les effets des causes que nous avons nous-mêmes engendrées » (p. 8). Les enseignements publiés dans Les Lois de la Vie ont été communiqués par l’un des proches collaborateurs de Maitreya à deux journalistes qui les ont transmis à Benjamin Creme. Ils ne se présentent pas de la même manière que les Messages de Maitreya reçus par Benjamin Creme. Malgré la différence de style et de présentation de l’information, tous les enseignements donnés dans ce livre proviennent de Maitreya lui-même.

De la politique au génie génétique et des tremblements de terre à la tentation, l’éventail des thèmes abordés est considérable, et il vient s’ajouter aux profonds enseignements sur les différents aspects de la vie intérieure. Ceux-ci commencent au cœur même de notre conscience : c’est pourquoi le premier chapitre s’intitule « Le Seigneur est avec vous, soyez ce que vous êtes ». La toute première rubrique du puzzle est la question : « Qui est Maitreya ? ». Bien que des explications plus détaillées aient été données dans les précédents ouvrages de Benjamin Creme, la réponse donnée cette fois-ci est brève et porte sur sa qualité d’enseignant : « Je cherche à exprimer ce que je suis à travers vous. C’est pour cette raison que je suis ici » (p. 12). Et immédiatement, nous lisons un passage intrigant, qui présente au lecteur le cœur de ce qui constitue la relation existant entre Maître et disciple : « Le Maître est en vous. Lorsque vous suivez les disciplines de la vie, l’Instructeur vous prodigue son enseignement, le Maître se révèle en vous. Ne soyez pas attaché à la forme humaine » (p. 12).

En faisant l’expérience du Maître intérieur, nous générons la notion de respect de soi, la graine de la conscience du Soi, qui permet à l’individu d’être ce qu’il est sans imiter personne. Cet état d’« individualité sacrée » est important, puisque « l’individualité, c’est l’âme » (p. 20). L’individualité n’a rien à voir avec l’égoïsme, mais bien plutôt avec la connaissance de soi dans le détachement et le désir d’instaurer dans sa vie intérieure un processus menant, à côté du détachement, à l’honnêteté mentale et à la sincérité de cœur.

Jeter des ponts

Les Lois de la Vie n’est pas un simple glossaire, même si, à première vue, il peut donner cette impression. Il propose des bulles de contenus nouveaux permettant au lecteur de jeter des ponts et de combler des vides, même quand il connaît déjà les pièces du puzzle de ce que nous appelons la vie. Le concept d’attachement, par exemple, n’apparaît pas pour la première fois dans ce livre. Pour autant, le lecteur aura peut-être la surprise d’en apprendre davantage sur le sujet lorsque Maitreya conseille : « Ne soyez pas attaché à la forme physique d’un Maître. Sinon, lorsqu’il ne sera pas là, vous aurez du chagrin. Lorsque vous vous connaissez en tant que Soi intérieur, ce chagrin disparaît » (p. 41).

Jetons par exemple un pont à partir d’un paragraphe du premier chapitre : « Gardez le miroir limpide » (p. 21). Dans ce passage au titre imagé, Maitreya commente la prise de conscience qu’il a donnée à certains soldats chinois qui avaient refusé de tirer sur les étudiants manifestant place Tiananmen en juin 1989. C’est pourquoi il enseigne à ses disciples « Soyez un miroir limpide », dans le sens de « voyez-vous à la place des autres ». Quand pareille relation d’empathie est établie avec autrui, nous traitons les gens avec innocuité et respect. Comment ce passage peut-il être mis en relation avec « Le conditionnement et le karma » (p. 64) ? En prenant conscience, comme Maitreya le recommande, que « Nous sommes tous des observateurs dans l’immensité de la création », car c’est seulement en observant le monde avec détachement que « nous y découvrirons beauté, équilibre et harmonie. » Ainsi, être un miroir limpide dans lequel nous nous mettons à la place d’autrui, peut, par extension, être comparé à une nouvelle forme d’observation dans laquelle l’individu apprend à développer le détachement en lui-même.

Ceux qui s’intéressent à la politique peuvent relier le miroir propre du détachement aux désastres naturels en Chine. Dans le chapitre 4, Maitreya développe le thème de la perception des schémas des causes et des effets, dont il dit qu’elle aiguise notre compréhension des interactions entre les énergies. « Le massacre des étudiants, explique-t-il, a libéré cette force » (l’énergie du séisme, qui est la même énergie que celle qui sous-tend la création). Cette énergie, « lorsqu’elle ne peut se manifester davantage dans les affaires humaines, cherche à se manifester dans la nature » (p. 133). Après les incendies, les trombes d’eau et les glissements de terrain, la conclusion inévitable est un tremblement de terre. Continuant dans cette veine, Maitreya aborde le nouveau thème de « la circulation de l’énergie », à propos duquel il souligne que « l’énergie derrière la création ne peut jamais être possédée » parce que « personne ne peut [en] connaître le commencement ni la fin » (p. 133). Cette destruction ne fait pas nécessairement référence au plan physique, mais aussi à une perte d’équilibre mental. Sur ce point également, le conseil de Maitreya est de respecter l’énergie et de la manipuler avec détachement.

Si nous trouvons le sujet des échanges et des jeux d’énergies trop impersonnel pour notre goût, nous pouvons faire le lien avec le simple fait qu’une nation ne peut pas exister sans individus : « L’individu doit devenir la priorité numéro un ». Maitreya ne fait pas référence exclusivement à la personnalité individuelle, mais à « cet individu [qui] est votre Soi » (p. 156). C’est là qu’un lien inattendu est fait, lorsque Maitreya explique que « plus les individus prendront conscience de leur individualité et du but de leur existence, mieux ils pourront contrôler les forces du marché et les utiliser au profit de l’humanité » (p. 156). Ainsi cessera l’emprise des forces du marché sur les pays et les nations.

Trésors cachés

En lisant Les Lois de la Vie de manière interactive, on peut s’amuser comme un enfant en utilisant le livre comme une tablette interactive et en faisant glisser les pages et les écrans dans tous les sens. Cette approche ludique reste très pédagogique et ne nuit en rien à la profondeur du contenu. Au contraire, chaque page semble révéler des significations cachées quand on voit les correspondances et les relations avec des myriades d’éléments de petite taille. Très souvent, on se trouve surpris par un trésor caché comme par exemple « l’art de l’évolution » appliqué aux contenus politiques. « On ne peut transformer un singe en zèbre », dit Maitreya, car cela n’est pas divin. C’est pourquoi il est impossible de faire disparaître des cultures et des traditions du jour au lendemain. La comparaison zoologique semble plus adéquate lorsqu’on parle de politiciens et de liberté. Chaque chose possède son rythme propre, « Les prétendus leaders politiques, sociaux et spirituels, doivent apprendre l’art de l’évolution. Apprenez d’abord ce qu’est la liberté, si vous voulez parler d’elle » (p. 104). A une époque où la liberté est presque de-venue un slogan pour les hommes politiques, il est réconfortant de lire que pour Maitreya « la liberté, c’est l’interdépendance » (p. 103) Il donne un exemple qui ferait aujourd’hui le bonheur des salles de rédaction : « Les forces du marché n’engendrent ni la liberté ni le salut. Il est vain pour l’Europe de l’Est, de vouloir copier l’Europe de l’Ouest, ou pour l’Orient en général de vouloir copier l’Occident » (p. 153). Cela fait partie de l’art de la politique, explique Maitreya, qui définit cette dernière comme « l’art de la conciliation dans le respect des diversités » (p. 199).

Les politiciens et les citoyens doivent apprendre à reconnaître et à défendre le caractère sacré de leur nation, de la même manière qu’un individu doit apprendre à protéger son corps des dommages physiques, émotionnels et mentaux issus de l’attachement. Dans le chapitre cinq, ce sont de véritables pépites que Maitreya nous donne dans le domaine de l’histoire, car en effet l’histoire est constituée du déroulement des événements et de la précipitation des causes sur le plan physique. Nous avons beaucoup à apprendre de l’histoire, dont la notion de protection personnelle et nationale, qui est divine. Dans la rubrique « Se défendre n’est pas attaquer » Maitreya précise que les militaires s’entendront dire qu’ils doivent défendre leur pays, car celui-ci est sacré : « C’est un devoir divin, la volonté du Seigneur, et non de la politique. Cette attitude n’a rien de belliciste » (p. 224).

Les nouvelles énergies arrivant sur notre planète obligent les hommes politiques de base et les citoyens ordinaires à abandonner la politique très marquée idéologiquement qui est la leur, et à comprendre que la politique est l’art de vivre ensemble dans une diversité harmonieuse. Cela a-t-il un rapport avec l’énergie et la science ? Cette question trouve une réponse dans le chapitre sept, La science de la lumière. Maitreya nous y rappelle qu’il a donné aux scientifiques l’inspiration de développer la technologie de la lumière afin qu’ils puissent « réguler la vie sur Terre » (p. 334). Il leur a donné, et leur donne encore, les connaissances nécessaires pour matérialiser des objets au moyen de la technologie de la lumière, de sorte que la matière puisse voyager d’une partie du monde à l’autre. Cette technologie, qui utilise la couleur, le son et la vibration, rendra les sociétés prospères matériellement et plus heureuses, car les vieux processus industriels et leur pénibilité seront dépassés.

Mais la grande nouveauté est que « en maîtrisant l’utilisation des rayons de lumière, les scientifiques auront accès non seulement au cerveau physique, mais au mental lui-même » (p. 332). Si la neurologie et la psychologie d’aujourd’hui peuvent agir sur le fonctionnement du cerveau – en traitant le cerveau physique comme le processus mental –, dans un avenir relativement proche nous saurons utiliser la technologie de la lumière ou des « rayons de lumière » pour « dissoudre les facteurs de conditionnement du mental qui maintiennent la personnalité prisonnière » (p. 332). Ainsi, de nombreuses personnes qui aujourd’hui sombrent dans diverses formes de dépression ou d’addiction « profiteront davantage de la vie, […] de nombreuses maladies seront guéries instantanément » (p. 332) et de nombreuses formes de violence sociale régresseront.

Les enseignements prodigués par Maitreya dans Les Lois de la Vie nous donnent un aperçu de la vie dans ce qu’elle a de plus abondant. Ils mettent également à notre disposition la totalité des pièces du puzzle. A nous d’aiguiser notre sens de l’observation et de faire preuve de discernement et de sagesse pour mettre chaque élément à la bonne place. Alors, la vie prendra sa vraie forme sous nos yeux.

Maitreya a fait au monde le cadeau de nations libres, capables d’exprimer leur volonté, dans lesquelles « la voix du peuple sera inscrite dans la constitution de chaque pays » (p. 344). Aujourd’hui, alors même que le Jour de Déclaration est si proche, Maitreya le décrit comme « un jour de réjouissance » (p. 345) et, ajoutant à ce propos un détail qui n’apparaît nulle part dans les autres publications, il conclut l’ouvrage par une ultime révélation : « Sans déranger personne, je choisirai mon moment. »

Enseignements de Maitreya : Les Lois de la Vie, présentation par Benjamin Creme, 2006, Partage Publication.

Auteur : Carmen Font, professeur d’université et correspondante Share International. Elle réside en Espagne.
Thématiques : sagesse éternelle, émergence
Rubrique : Compte rendu de lecture ()