Partage international no 329 – février 2016
par Jason Mark
1. Paris : un accord majeur pour le climat
L’échec n’était pas envisageable. Pas après le fiasco diplomatique du sommet pour le climat de Copenhague, en 2009. Toutes les parties prenantes aux négociations des Nations unies sur le climat, à Paris, c’est-à-dire pêle-mêle, les pays riches, les pays pauvres, les pays insulaires érodés par la mer, les activistes, tous se devaient de trouver un accord.
A la fin de deux semaines de négociations, la conférence a su éviter la faillite complète et excéder les attentes. Le nouvel accord global pour le climat établit l’objectif de maintenir l’augmentation de température mondiale « bien en dessous de 2 degrés Celsius » ; met en place un mécanisme de révision des engagements nationaux de réduction des gaz à effets de serre, tous les cinq ans ; engage, pour la première fois, tous les Etats du monde – 196 entités différentes – à agir pour répondre à cette menace collective.
Saluons le travail remarquable de Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui a eu la prévoyance de demander que chaque pays vienne à Paris avec un programme de réduction des gaz à effet de serre. En amont, elle a travaillé avec acharnement pendant des années pour que les négociations finales de Paris soient possibles.
Saluons également les hôtes français, dont la diplomatie de la corde raide, à la dernière minute, a aidé à sceller l’accord. Les Etats-Unis, l’Union européenne et des dizaines de pays plus pauvres et plus petits (appelés « la coalition des ambitieux ») ont fait montre de leadership en insistant pour que soit révisé l’objectif de hausse de température. Et bien sûr, la constellation de groupes de la société civile, actifs à Paris – organisations environnementales, groupes d’aide au développement, figures religieuses, artistes, chefs d’entreprise – a joué un rôle crucial en exerçant une pression depuis la base.
Mais je ne veux pas édulcorer les faits. En de nombreux points, l’accord est bien insuffisant pour éviter un changement climatique catastrophique. Comme l’a affirmé sur Democracy Now ! le directeur du Sierra Club, Michael Brune : « Si vous voulez signaler ce que l’accord ne fait pas, faites la queue. » Alors oui, cet accord est insuffisant. Mais il est essentiel. L’accord de Paris marque un tournant dans l’histoire. L’ère de l’inaction climatique est finie, l’ère de l’action climatique a commencé. Pour arriver à une économie cent pour cent propre, le dur labeur commence maintenant.
2. Barack Obama refuse le pipeline Keystone XL
Il y a quatre ans à Washington, la plupart des membres du sérail de l’énergie considéraient comme acquis le projet de pipeline Keystone XL pour acheminer le pétrole tiré des sables bitumineux. Je suis embarrassé de dire que c’était également mon opinion à l’époque, et j’ai même écrit un éditorial naïf listant selon moi les failles stratégiques de la campagne anti Keystone.
J’ai changé d’avis, je dois admettre mon manque de discernement, et je suis ravi que les optimistes aient donné tort aux détracteurs de la campagne.
Après plusieurs grandes manifestations citoyennes et des centaines de plus petites, la bataille du Keystone XL était devenue le cri de ralliement du mouvement environnemental. A la fin, les écolos ont gagné : en novembre, le président Obama a annoncé qu’il n’approuverait pas le pipeline. Le chemin jusqu’à la victoire a été de bien des manières aussi important que la victoire elle-même. A travers la campagne Keystone XL, les groupes écolos ont été plus agressifs et visibles qu’ils ne l’étaient depuis des années. En août 2011, 350.org et consorts ont organisé le plus grand événement de désobéissance civile depuis les mouvements anti-nucléaires. Cela a mené à plus de mille arrestations à la Maison Blanche. A l’automne 2011, des milliers de personnes ont encerclé la Maison Blanche. En 2013, les verts ont organisé le rassemblement musclé Forward on Climate (Plus loin pour le climat) où il y a eu d’autres arrestations encore, sans compter le Sierra Club (association écologique américaine fondée en 1892) qui s’essayait pour la première fois de son histoire à la désobéissance civile. En 2014, les étranges collègues de l’alliance Cowboys-Indiens ont établi leur campement sur le National Mall (l’esplanade nationale à Washington).
En chemin, le projet Keystone XL est devenu l’objet d’un ping-pong politique et (bien que mon boss déteste que je dise ça) un symbole politique. Le choix était devenu clair entre continuer notre mission kamikaze carbonée, ou prendre un virage décidé vers les énergies propres du futur. Le long combat autour du projet a révélé un mouvement écologiste américain qui ne voulait plus jouer la carte de la prudence et trop content de rejeter la sagesse conventionnelle.
Les cyniques ergotent encore que même si le Keystone XL est devenu emblématique, des centaines d’autres pipelines ont été construits. C’est vrai. Et, au même moment, plusieurs de ces petits projets ont fait face à une rude opposition locale et régionale, parfois nationale. Voilà pourquoi la victoire du Keystone XL va compter dans les années à venir. Les projets d’infrastructures pour les combustibles fossiles ne sont plus inévitables ; au minimum, ils ne se dérouleront pas sans combat. Que ce soit une expansion de raffinerie, un projet de terminal charbonnier, une augmentation du fret pétrolier par rails, ou des permis d’extraction de charbon sur des domaines publics, il n’y aura plus de projets acquis d’avance.
3. Laudato Si’
Depuis le début du siècle, un nombre croissant de dirigeants religieux ont tenu des propos forts, liant la protection de l’environnement à leur foi. En 2002, le pape Jean-Paul II et Bartholomée I, patriarche de l’Eglise orthodoxe de Constantinople, firent en commun une « déclaration d’éthique de l’environnement ». Aux Etats-Unis, le Réseau environnemental évangélique s’est efforcé d’affirmer régulièrement que, selon ses propres mots « la protection de la création est un enjeu de vie ». Un groupe d’imams a publié une Déclaration islamique sur le changement climatique mondial.
Mais peu de déclarations environnementales basées sur la foi ont démontré la force morale, ou la vision d’envergure, de l’encyclique Laudato Si’ du pape François. Publiée en juin 2015, le long message du pape a exposé une condamnation cinglante de la dangereuse destruction des milieux naturels par la société industrielle et a articulé un idéal radical de nos responsabilités éthiques envers le reste du vivant sur Terre.
François déplore la destruction de notre « maison commune » et jette le blâme sur « la culture du déchet, qui affecte aussi bien les personnes exclues que les objets, vite transformés en ordures ». Il pleure la régulière extinction des espèces : « A cause de nous, des milliers d’espèces ne rendront plus gloire à Dieu par leur existence et ne pourront plus nous communiquer leur propre message. » Il frappe de façon à peine voilée le capitalisme d’entreprise : « Les ressources de la terre sont aussi objet de déprédation à cause de la conception de l’économie ainsi que de l’activité commerciale et productive fondées sur l’immédiateté. »
Et il rend claire la connexion entre durabilité environnementale et justice sociale mondiale : « L’inégalité n’affecte pas seulement les individus, mais aussi des pays entiers, et oblige à penser à une éthique des relations internationales. Il existe, en effet, une véritable « dette écologique », particulièrement entre le Nord et le Sud. »
De façon prévisible, quelques conservateurs américains (dont des catholiques) ont rejeté la longue homélie du pape François. Mais son idée semble être entrée dans la conscience populaire. Le message fervent du pape démontre de façon limpide que l’effort pour protéger la planète qu’on partage, et pour garantir que chacun ait le même accès de base à de l’air pur, à de l’eau propre et à un environnement viable, figure parmi les plus grands tests moraux de notre temps.
4. L’année la plus chaude jamais enregistrée
Tant de records de températures ont été battus cette année, partout sur la planète, que 2015 est devenue l’année la plus chaude enregistrée dans l’histoire. Septembre était caniculaire. Selon la NOAA (Agence américaine d’observation océanique atmosphérique), le mois de septembre a été le plus chaud depuis les années 1880. La vague de chaleur s’est poursuivie tout l’automne ; en novembre, les températures moyennes mondiales étaient supérieures de 0,97° C à la moyenne du XXe siècle. Par rapport à la normale saisonnière, ces écarts de températures sont les seconds en importance jamais enregistrés. Et quid de l’écart numéro 1 ? Et bien, il a été enregistré le mois précédent, quand octobre a excédé de 0,99° C la moyenne enregistrée au XXe siècle.
Impossible de ne pas en observer les effets : une sécheresse record en Californie qui a engendré des mesures d’envergure de préservation de l’eau ; une vague de chaleur estivale au Pakistan qui a tué au moins 1 200 personnes ; un épisode El Niño particulièrement puissant qui se prépare dans le Pacifique.
Les climatologues prévoient une année 2016 encore plus chaude. Bienvenu dans la nouvelle norme. Si vous avez moins de 30 ans, vous n’avez jamais vécu un mois plus froid que les températures moyennes du XXe siècle. Le réchauffement climatique n’est plus une simple « menace future » ; c’est une réalité manifeste bien présente.
5. Sous le dôme, un documentaire viral
Non, je ne parle pas de la série télé basée sur les livres de Stephen King où les résidents d’une petite bourgade sont prisonniers d’un mystérieux mur invisible. Je parle du documentaire à succès de la journaliste chinoise Chai Jing, à propos de l’abominable pollution atmosphérique en Chine. Similaire par la forme au documentaire d’Al Gore Une vérité qui dérange et conduit par la même indignation bouillante que le livre Printemps silencieux de Rachel Carson, Sous le Dôme est immédiatement devenu un phénomène viral à sa mise en ligne, en février 2015. En trois jours, 150 millions de Chinois ont visionné le documentaire d’une heure et demie, avant que la censure gouvernementale intervienne de manière prévisible.
L’accueil enthousiaste du documentaire par le public chinois montre qu’en Chine, les inquiétudes environnementales sont devenues une force politique. Une écrasante majorité de Chinois affirme que la pollution de l’air et de l’eau est un gros problème. Pas étonnant ! Pékin, Shanghai et d’autres centres industriels majeurs en Chine sont connus pour leur air pollué. Fin novembre, des écoles de la capitale ont été fermées après que les niveaux de pollutions atmosphériques dépassent de 35 fois les valeurs autorisées. La classe moyenne du pays manifeste clairement son ras-le-bol envers le statu quo gris et fumeux.
Et le gouvernement central est en train d’y répondre. En mars, il a annoncé la fermeture pour 2016 de la dernière centrale à charbon de Pékin. A l’échelle de la nation seront fermées 2 000 centrales plus petites. Le gouvernement a aussi mis en place de nouveaux avantages en faveur des renouvelables. En outre, le pays installera cette année des panneaux solaires pour une capacité de 5,3 gigawatts.
Poussée par l’opinion populaire, la Chine est sur le point de devenir verte.
6. Le président Obama crée de nouveaux sites préservés
Cette année, le président Obama renforce son héritage de défenseur de l’environnement en usant de son pouvoir pour mettre en place quatre nouvelles réserves nationales. Ainsi, en février, il a mis sous protection plus de 80 km2 de la rivière Arkansas. Puis, en juillet, il a établi trois nouvelles réserves. La réserve de Basin and Range dans l’Etat du Nevada est la plus grande d’entre elles. Couvrant une superficie de plus de 2 830 km2 de montagnes et de vallées au nord-ouest de Las Vegas, elle compte d’importants vestiges précolombiens. Quant à la réserve du Berryessa-Snow Mountain, en Californie, la zone qu’elle protège est considérée comme l’une des plus riches en biodiversité de cet Etat. Enfin, la réserve Waco Mammoth au Texas contient des restes uniques de mammouths. Ensemble, ces nouveaux parcs préservent plus de 4 000 km2.
En juillet, B. Obama a annoncé la création du premier sanctuaire marin instauré depuis quinze ans. La réserve protège une aire de 2 266 km2 du lac Michigan dans le Wisconsin, ainsi qu’une portion des eaux saumâtres de la baie de Chesapeake, dans le Maryland.
Depuis qu’il est en fonction, B. Obama a établi ou étendu 19 réserves, plus que tous ses prédécesseurs.
L’utilisation répétée de l’Antiquities Act (loi de 1906 sur la protection des sites naturels et culturels) qui octroie au président la possibilité de créer de telles réserves, répond en partie à l’immobilisme du Congrès. Traditionnellement, l’établissement de parcs nationaux, de réserves naturelles et de zones préservées était décidé de manière bipartisane. Mais comme l’a révélé la bataille de cet automne, autour de l’expiration du mandat de l’organisme public qui finance l’achat de terres pour en faire des réserves (le Land and Water Conservation Fund), la haine de la droite radicale américaine envers le gouvernement fédéral a bloqué les tentatives de protection du domaine public.
2016 marquera le centenaire de l’organisme gestionnaire des réserves naturelles américaines (le National Park Service). Ce serait une année parfaite pour créer de nouveaux parcs nationaux. Si le Congrès ne ratifie pas les lois sur les parcs et sur les régions protégées annoncées en 2015, on peut s’attendre à ce que la Maison Blanche crée plus de réserves en 2016.
7. Retour des loups en Californie
Je sais, tous les ans dans cette liste figure une histoire de loups. C’est que les loups c’est super, et aussi parce que le loup est un emblème classique de la vie sauvage. La capacité du loup à s’approprier le territoire est un bon indicateur de la résilience de la nature, face à la pression humaine.
L’Agence californienne de la vie sauvage a annoncé en août qu’une meute de loups, baptisée la meute Shasta, avait élu domicile dans les montagnes accidentées du nord de l’Etat. En 2011 et 2012, un loup solitaire venu de l’Oregon avait fait des allées et venues en Californie à la recherche d’une partenaire. Les nouvelles observations indiquent l’installation d’une meute dans l’Etat, pour la première fois depuis 1924.
Les populations de loups semblent bien se porter sur presque toute l’étendue de la côte ouest des Etats-Unis, malgré la menace du braconnage. Les meutes gagnent du terrain dans les Etats de Washington et de l’Oregon. En 2014, l’agence californienne de la vie sauvage a étendu la protection des espèces en danger au loup gris, et a publié en décembre un plan de sauvegarde de l’espèce. En clair, cela signifie qu’il est illégal de chasser, piéger ou pourchasser un loup. On dirait que les loups californiens sont là pour rester.
8. Exxon savait
Disons-le pour de bon, avec un bon reportage d’investigation à l’ancienne. Cet automne, plusieurs médias d’info (travaillant indépendamment) ont rendu public le fait que le géant du pétrole ExxonMobil savait depuis les années 1970 que les émissions de dioxyde de carbone alimentaient l’effet de serre. Et pourtant, la compagnie a continué à financer une campagne politico-médiatique destinée à rendre confuse dans l’esprit du public les rapports des scientifiques du climat.
D’abord, le site d’info Inside Climate News, lauréat du prix Pulitzer, a signalé qu’en 1977, un scientifique travaillant pour Exxon avait rapporté à sa hiérarchie l’existence d’« un consensus scientifique général pour affirmer que la manière la plus probable dont l’humanité était en train d’influencer le climat planétaire, était par le relâchement du dioxyde de carbone issu de la combustion des carburants fossiles. » Puis le Los Angeles Times a révélé que, pendant que les pontes d’Exxon dénigraient publiquement la science climatique en la qualifiant de « très peu claire », ses équipes de recherches étudiaient l’impact présumé positif du réchauffement sur la prospection pétrolière dans l’océan arctique.
En un sens, cette histoire n’est guère intéressante pour les médias. Après tout, on sait au moins depuis la fin des années 1990 – avec la parution de l’ouvrage de Ross Gelbspan, The heat is on (non traduit) – que les majors pétroliers ont essayé de semer la confusion à propos de la science climatique. Mais ce qui rend ce nouveau reportage si important, c’est qu’Exxon étouffait les recherches de ses propres scientifiques. C’est là une preuve irréfutable de sa culpabilité, sous forme de notes internes.
La compagnie a essayé de contre-attaquer, en remettant en question la crédibilité des médias impliqués. Mais la contre-offensive a fait un bide et a même alimenté la controverse. Ces nouvelles révélations ont engendré leur propre hashtag [pour repérer un sujet sur les réseaux sociaux] : #ExxonKnew.
Les révélations de Inside Climate News et du Los Angeles Times ont poussé beaucoup de gens à faire la comparaison entre les majors pétroliers et l’industrie du tabac. En effet, cette dernière a dû payer d’énormes amendes pour avoir dissimulé des informations scientifiques. Le procureur général de New-York a lancé une enquête approfondie sur les agissements d’Exxon. Au Congrès, des élus démocrates demandent à la justice fédérale d’enquêter. Il semble que ce ne soit qu’une affaire de temps avant que les dirigeants d’Exxon se retrouvent devant le Congrès ou au tribunal, pour témoigner de ce que la compagnie savait à propos du changement climatique, et depuis quand elle le savait.
9. La Chine interdit les importations d’ivoire
D’abord, la mauvaise nouvelle : cette année, le braconnage des éléphants d’Afrique a continué de plus belle, et des milliers d’animaux ont été abattus pour leur ivoire.
En juin, un ministre du gouvernement tanzanien a déclaré que le braconnage des éléphants était devenu un désastre national.
Maintenant la bonne nouvelle : le gouvernement chinois prend des mesures fortes pour fermer ses frontières aux défenses d’éléphants. Le pays est de loin le plus gros marché pour l’ivoire illégal. En septembre, le président chinois Xi Jinping et le président Obama ont annoncé que leurs nations travailleraient en étroite collaboration pour mettre fin au commerce de l’ivoire. Et un mois plus tard, le ministre chinois de la gestion forestière a annoncé la suspension de l’importation des trophées en ivoire pour un an.
La nouvelle ligne dure du gouvernement chinois contre l’ivoire ne va pas complètement en arrêter le commerce, en raison de l’existence d’un marché noir sophistiqué. Mais la position officielle (en 2015, la Chine a également détruit plus de six tonnes de saisies d’ivoire) pourrait diminuer l’appétit des Chinois pour la possession de sculptures en ivoire.
Le destin des éléphants africains est dans les mains du peuple chinois.
10. Les Canadiens renversent l’Etat pétrolier
Imaginez que (dans un contexte juridique différent) George W. Bush ait pu exercer deux mandats et demi – une décennie entière en fonction. Eh bien, quelque chose de ce genre a réellement eu lieu au Canada.
Pendant ses dix années de fonction de premier ministre du Canada, Stephen Harper n’a cessé de harceler les écologistes et les progressistes. Défenseur acharné des sables bitumineux de l’Alberta, il a foulé au pied les engagements du Canada en matière de réduction des gaz à effet de serre. Il a vidé de sa substance le ministère de l’environnement, il a muselé les scientifiques et resserré la surveillance gouvernementale des militants écologiques. En novembre, il a été flanqué à la porte.
Le nouveau premier ministre, Justin Trudeau (fils de Pierre Trudeau, premier ministre canadien dans les années 1970), a d’ores et déjà montré que l’Etat pétrolier nord-américain avait changé de direction. Il a banni les pétroliers de la côte nord de la Colombie Britannique, tuant du même coup le projet de pipeline Northern Gateway. Il a requalifié le ministère de l’Environnement en ministère de l’Environnement et du changement climatique. Et son gouvernement s’est montré coopératif au Sommet pour le climat de Paris (même si les Nations premières du Canada sont contrariées par le refus tenace du gouvernement d’inclure dans l’accord des droits pour les langues indigènes).
Et plus stupéfiant encore dans les changements politiques canadiens : l’élection provinciale en Alberta, en mai 2015, a vu arriver au pouvoir le Nouveau Parti démocratique (NPD). Sa première ministre, Rachel Notley, a annoncé une taxe carbone couvrant toute l’économie, qui prendra effet en 2016, et a promis d’en finir avec les centrales à charbon d’ici 2030. Rappelez-vous que c’est en train de se passer en Alberta, qui est un peu le Texas du nord.
La victoire du NPD en Alberta est la preuve que, quand il s’agit des politiques énergétiques et environnementales, tout est possible. Que 2016 soit aussi surprenant !
Cet article, paru le 21 décembre 2015 dans sierramagazine.org, est reproduit ici avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Date des faits : 21 décembre 2015
Auteur : Jason Mark, rédacteur en chef de Sierra magazine, publication bimensuelle du Sierra Club, groupe écologique qui regroupe 2,4 millions de membres et sympathisants.
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Rubrique : Divers ()
