Dilemme

Partage international no 171novembre 2002

Cher Monsieur,

Pendant l’automne de 1996, j’étais dans une situation précaire et séjournais chez une amie à titre provisoire. Un jour, je rentrai chez elle, bien consciente de n’avoir que trois dollars en poche et sans aucune certitude quant au temps qu’il me faudrait les faire durer. Comme je quittai l’autoroute pour prendre la bretelle de sortie dans une file de voitures qui attendaient le changement de feu, je remarquai un homme qui se tenait sur le bord de la voie, à quelques voitures devant moi, et qui tenait une grande pancarte indiquant : « J’ai besoin de manger, j’ai besoin d’un travail. » Il avait la tête baissée comme s’il regardait sa pancarte. Tout se mit à tourner dans ma tête, partagée que j’étais entre le désir de lui donner de l’argent et la crainte de ne pas en avoir assez pour me procurer de quoi manger si je le faisais. Finalement, je décidai que s’il levait les yeux lorsque ma voiture arriverait à sa hauteur, je lui donnerai de l’argent. Au changement de feu, je m’approchai davantage, sans cesser de le regarder. Ce ne fut que lorsque je parvins juste à côté de lui qu’il leva la tête… et me regarda droit dans les yeux. Son visage avait l’air sévère, mais il y avait quelque chose dans ses yeux sombres et perçants qui me rappela les photos de Maitreya à Nairobi. A ce moment-là, la circulation s’accéléra et je pensai que je n’aurai pas le temps de m’arrêter pour ouvrir mon porte-monnaie et y prendre l’argent. Dès que je l’eus dépassé, je commençai à culpabiliser parce que je n’avais pas respecté la promesse que je m’étais faite. En m’interrogeant sur ce qu’il fallait que je fasse, je me souvins que je venais de faire une grande marmite de soupe aux haricots et je décidai de lui en apporter.

Je n’étais qu’à cinq minutes de mon logis provisoire. Je me trouvai une raison dans le fait que sur la pancarte, il était question de nourriture et non d’argent. Quand je retournai sur les lieux avec un grand récipient de soupe chaude, une serviette et une cuillère en plastique (une vingtaine de minutes plus tard), il n’était plus là. Ses yeux et sa disparition me donnèrent à penser qu’il s’agissait peut-être de Maitreya, me rappelant que si minces que soient mes ressources, j’étais encore riche et privilégiée par rapport à la plupart des habitants des pays en développement… et que je pouvais m’offrir le luxe de partager.

C. G., Atlanta, Georgie, E.-U.

[Le Maître de Benjamin Creme a confirmé qu'il s'agissait de Maitreya.]

Etats-Unis
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)