Partage international no 170 – octobre 2002
Le Rapport 2002 des Nations unies sur le développement humain porte sur les progrès accomplis en vue d’atteindre les objectifs de développement du millénaire.
Il y a deux ans à peine que les leaders mondiaux ont fixé des objectifs pour l’éradication de la pauvreté et en faveur du développement d’ici 2005, et le rapport 2002 a fait une nouvelle analyse montrant quels pays sont en voie d’atteindre ces objectifs et lesquels n’y parviennent pas.
Au rythme actuel, 55 pays seulement, hébergeant 23 % de la population mondiale, sont en voie d’atteindre les trois-quarts des objectifs de développement du millénaire (ODM), conclut le rapport. Et 33 pays, détenant 26 % de la population mondiale, n’atteignent même pas la moitié des objectifs. Le rapport relève également que le manque de données fournies par les pays pauvres s’aggrave pour les régions difficiles à contrôler.
L’éducation – D’importants progrès ont été réalisés dans plusieurs régions, mais ils sont loin d’être universels – 51 pays, comprenant 40 % de la population mondiale, sont susceptibles d’atteindre un niveau général d’éducation primaire d’ici à 2015, ou ont déjà atteint ce niveau. Mais 93 % des pays, détenant 40 % de la population mondiale, ne disposent pas de données suffisantes permettant d’établir une estimation. Globalement, un enfant sur six en âge d’aller à l’école primaire n’en fréquente aucune.
La faim – Quelques 57 pays, détenant la moitié de la population mondiale, ont réduit de moitié le nombre d’habitants souffrant de la faim ou sont en voie d’y parvenir d’ici 2015. Mais ce progrès arrive à peine à compenser la croissance démographique. Au cours des années 1990, le nombre d’habitants souffrant de la faim a diminué d’à peine six millions par an. Si le progrès continue à ce rythme, il faudra plus de 130 ans pour éradiquer la faim dans le monde.
La pauvreté – La faiblesse de la croissance économique dans de nombreuses régions suggère que beaucoup auront de la peine à atteindre l’objectif. Près de 130 pays, hébergeant 40 % de la population mondiale, pourraient ne pas croître assez rapidement, et 52 pays accusent une croissance insuffisante depuis les dix dernières années.
Le tableau est particulièrement sombre en Afrique sub-saharienne, précise le rapport. Sur les 45 pays de cette région, au moins 23 sont loin de pouvoir atteindre plus de la moitié des objectifs fixés, et 11 autres (comme l’Angola et la Somalie) ne disposent d’aucune donnée et se situent probablement loin derrière. Le rapport montre qu’un revenu national faible n’exclut pas les progrès :
– Le Bénin, avec un produit intérieur brut (PIB) de seulement 990 dollars par habitant, est en passe de scolariser tous ses enfants d’ici à 2015, tandis que le Qatar arrive loin derrière avec un revenu presque 20 fois supérieur.
– En Egypte, le revenu par habitant est inférieur au tiers de celui de la Hongrie, mais alors que l’Egypte met en œuvre une scolarisation générale, la Hongrie est en retard.
– Le Guatemala jouit d’un revenu national sept fois supérieur à celui de la Tanzanie, mais il est en retard sur la Tanzanie qui est en train de donner aux filles les mêmes chances de scolarisation qu’aux garçons.
« Ces taux de progrès très divergents à travers le monde sont très troublants, déclare Sakiko Fukuda-Parr, principal auteur du rapport. A défaut d’efforts extraordinaires, il existe un réel risque que les leaders internationaux reconduisent les mêmes objectifs pour la prochaine génération. Nous savons, à partir des progrès réalisés par des pays très pauvres comme le Népal et le Soudan, qu’il est possible de faire la différence, mais nous savons aussi que cela exige un engagement de très haut niveau dans tous les domaines. »
Selon le rapport, un élément essentiel pour atteindre ces objectifs sera l’aide apportée par les pays développés. Dans l’ensemble, ces pays versent actuellement environ 0,25 % de leur produit national brut (PNB) au titre de l’aide. Des estimations approximatives indiquent que le double serait nécessaire pour atteindre les objectifs, ce qui resterait pourtant bien en-dessous des 0,7 % du PNB décidés par l’Assemblée générale de l’ONU en 1970.
Sources : Pnud
Thématiques : Société, politique, éducation
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
