Partage international no 89 – février 1996
« Dans notre région, le bois de chauffage est difficile à trouver et le gaz butane est cher, déclare Norma O., une mère de famille travaillant à Trinidad, ville située au nord du Honduras, je m’en sors mieux que les autres grâce à ma cuisinière solaire qui m’évite de dépenser un argent précieux en gaz, ou de perdre mon temps à aller chercher du bois. »
Dans plus de 50 pays, l’usage de cuisinières solaires permet d’économiser les autres combustibles, de réduire la pollution atmosphérique et de maîtriser ainsi une source d’énergie viable à long terme. Pour de nombreux pays en voie de développement, c’est une alternative de plus en plus attractive par rapport aux combustibles traditionnels, tels que le bois ou la bouse séchée.
D’après les prévisions de l’ONU, d’ici l’an 2000, une pénurie de carburant domestique affectera 2,4 milliards d’individus, soit le tiers de l’humanité. Les cuisinières qui permettent de préparer les repas de la moitié de l’humanité consomment un million de tonnes de bois par jour, soit l’équivalent de 100 km2 de forêt.
C’est en Afrique que la pénurie de combustibles est la plus spectaculaire : deux personnes sur trois ont des difficultés à cuire leur nourriture. Cette pénurie continue à s’étendre, multipliant dans son sillage les problèmes de malnutrition, de déforestation, d’érosion et d’appauvrissement des sols, ainsi que de la disparition de nombreuses espèces animales. En conséquence, la recherche de bois ou de combustibles de substitution est devenue une part importante de l’activité humaine en Afrique et ailleurs. Dans certaines régions, l’achat de bois de chauffage ampute près du tiers du budget familial.
D’après l’organisation Hope Enterprises d’Addis Abeba, en Ethiopie, la forêt qui couvrait jadis 40 % du pays ne représente plus aujourd’hui que 4 % de sa superficie. Au Tchad, où le bois s’est également raréfié, un villageois raconte comment s’organise l’approvisionnement : « le premier jour, les femmes se rendent à pied à proximité d’un lieu boisé ; le deuxième jour, elles ramassent et rassemblent tout le bois de chauffage qu’elles peuvent trouver ; et le troisième jour, elles le chargent sur leur dos et le ramènent au village. » Pendant tout ce temps, elles ont leurs enfants avec elles. D’après l’Organisation de protection de l’environnement de Tanzanie, dans certaines zones rurales, trois à cinq jours par semaines sont consacrés à l’approvisionnement en bois de chauffage, ce qui représente une grave perte pour l’agriculture et se traduit par une baisse des rendements.
L’énergie solaire est gratuite, abondante, inépuisable, et peut réduire la consommation des autres combustibles de 50 %. Dans un pays en voie de développement, une famille qui utilise l’énergie solaire pour cuisiner peut également préserver ses précieuses réserves de nourriture stockée en utilisant des traitement solaires courts afin de détruire les œufs des insectes, les moisissures, etc.
Les cuisinières solaires sont opérationnelles toute l’année sous les tropiques, et six à huit mois par an dans les régions ensoleillées tempérées à travers le monde.
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
