Partage international no 176 – avril 2003
En février 2003, John Kiesling, diplomate américain dont la longue carrière s’est déroulée en Europe et au Moyen Orient, sous la tutelle de quatre présidents, a démissionné de ses fonctions de conseiller politique à l’ambassade américaine d’Athènes, en Grèce. Voici des extraits de la lettre de démission qu’il a adressée à Colin Powell, publiée dans le New York Times du 27 février 2003 :
Jusqu’à l’arrivée de l’administration actuelle, il m’avait été possible de croire qu’en soutenant la politique de mon président, je soutenais également les intérêts du peuple américain et ceux du monde entier. Je n’y crois plus […]
L’administration a choisi de faire du terrorisme un outil de politique intérieure […] Nous répandons une terreur disproportionnée et la confusion dans l’esprit du public, en reliant de façon arbitraire les problèmes du terrorisme et la question irakienne. Le résultat, et peut-être le mobile même, de tout ceci est de justifier un vaste détournement des richesses publiques déjà amoindries vers le domaine militaire, et d’affaiblir ce qui protège les citoyens américains du pouvoir autoritaire de leur gouvernement.
Pourquoi notre président trouve-t-il des excuses à l’attitude méprisante manifestée à l’égard de nos amis et de nos alliés par certains de ses plus proches collaborateurs ? Oderint dum metuant (laissez-les haïr, aussi longtemps qu’ils auront peur) est-il réellement devenu notre devise ? […]
Quand nos amis ont peur de nous, plutôt que pour nous, il est temps de s’inquiéter. Et maintenant, ils ont peur.
Sources : The Guardian, Grande-Bretagne
Thématiques : politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
