Crise des migrants : remonter à la cause première

Partage international no 326octobre 2015

par Kofi Annan

Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’Onu, a déclaré en juin 2015 : « Il est temps de reconnaître que, telles les vagues sur les mers que traversent de nombreux migrants, le flux et le reflux des migrations humaines ne peut être stoppé. Voilà pourquoi la communauté internationale doit traiter les migrants avec compréhension et compassion […]

Les gens émigrent aujourd’hui pour les raisons mêmes qui ont poussé naguère des millions d’Européens à quitter leur patrie : fuir la misère, la guerre, l’oppression, ou chercher une vie meilleure dans un nouveau pays […]

Je ne me fais pas le chantre de migrations sans restrictions. Mais il est primordial d’accepter le fait que tous les efforts pour arrêter les migrations sont voués à l’échec et entraînent des conséquences désastreuses sur les vies humaines – que ce soit au cours de naufrages en Méditerranée ou au large des îles Andaman, ou en raison de violences xénophobes en Afrique du Sud, en Inde, ou ailleurs. Construire des clôtures plus hautes ne peut pas être une solution. Les migrations continueront jusqu’à ce que nous sortions les plus pauvres et les plus vulnérables des conditions qu’ils fuient actuellement.

Au début des années 1980, je travaillais à l’Agence de l’Onu pour les réfugiés, et je me souviens qu’en Europe tous les leaders politiques, les intellectuels, les universitaires, se sont ralliés à la cause des « boat people » qui fuyaient le Vietnam. Aujourd’hui, le monde a le devoir moral de se rassembler de la même manière. »

Auteur : Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies de 1997 à 2006
Thématiques : Société, politique
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)