Comprendre la liberté

Partage international no 49septembre 1992

Interview de Un des proches collaborateurs de Maitreya par Patricia Pitchon

Deux journalistes travaillant indépendamment l’un de l’autre, nous transmettent régulièrement des articles extraits d’interviews d’un des proches collaborateurs de Maitreya. Nous publions ce mois-ci un article rédigé par Patricia Pitchon.

16 juillet 1992

Aimer le Soi — Un Swami a récemment demandé à Maitreya : « Que signifient ces paroles de la Bible : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ? »
Maitreya a répondu : « Aimer son prochain comme soi-même n’a rien à voir avec la religion. Lorsque tu en viens à t’aimer toi-même, tu aimes ton prochain parce que le Soi en lui est le Soi en toi. »

Le Moyen-Orient — Selon le collaborateur de Maitreya, les nations du Moyen-Orient sont spirituellement en faillite. Les Saoudiens et les Koweïtiens ont promis à leurs peuples, la démocratie, un gouvernement pour le peuple et par le peuple ; dès lors, ils ne veulent pas être impliqués dans une autre guerre avec l’Irak, par exemple.
Les jours de Saddam au pouvoir sont comptés. Le pouvoir est monopolisé par des personnes de son entourage ; elles l’utilisent comme homme de paille. Il se retirera sans heurt.
Tous les gouvernements du Moyen-Orient luttent pour survivre.

Gouvernement local et gouvernement central — Selon son collaborateur, Maitreya a récemment souligné l’existence d’une tendance se développant actuellement dans le monde : un nécessaire déplacement du pouvoir du centre vers l’administration locale.

Le gouvernement central — Le système budgétaire des gouvernements centraux sera dorénavant modifié. Lorsque la politique menée par le gouvernement ne réussit pas à procurer le bonheur et la prospérité au pays, le processus politique conduit automatiquement à la création de zones de guerre afin que l’attention se focalise sur des problèmes extérieurs. Elle se déplace ainsi vers d’autres parties du monde, et le peuple oublie momentanément les problèmes intérieurs.
Mais lorsque le peuple se souvient des problèmes nationaux, il se tourne contre les politiciens au pouvoir. Quand les Russes ont rappelé leur armée d’Afghanistan, il ne restait plus rien dans les caisses. Ils se sont tournés vers l’Occident pour obtenir de l’aide. La maison est aujourd’hui détruite, mais l’aide reçue reste minime.

Apprenez à nager —Un swami a demandé à Maitreya : « Comment se fait-il qu’au nom de la liberté, des individus doivent souffrir, comme en Russie, en Yougoslavie et dans d’autres parties de l’ancienne Union Soviétique ? »
Maitreya a répondu : « Avant de sauter dans la rivière, vous devriez apprendre à nager. Avant de parler de liberté, apprenez à faire l’expérience de ce qu’est la liberté. »
« Tout ce qui s’est passé dans l’ancienne Union Soviétique, en Yougoslavie et dans d’autres parties du monde n’a rien à voir avec la liberté. C’est une politique de force armée. Une structure a été détruite et le monde occidental n’a pas réalisé les conséquences découlant du non-remplacement du pouvoir qui existait jusque là par un système politique adéquat.
« C’est comme tenter d’agir dans le vide. Que s’y passe-t-il ? Dans le vide, aucune force ne peut être appliquée. »

Le rôle du gouvernement central et du gouvernement local — Le rôle du gouvernement central est de défendre la nation et le pays. Les autorités locales et le peuple se trouvent paralysés par les échecs du gouvernement central. Les autorités locales sont en faveur de la population locale et, ensemble, ils ont le devoir de s’occuper des affaires locales.
Avec la liberté locale, la criminalité reculera et le cadre local — les gens œuvrant ensemble et se souciant de leurs propres affaires — générera un climat national empreint de bonheur et de bienveillance.
Lorsque les affaires intérieures ne sont pas en ordre, occupez-vous en d’abord. Le temps est venu.

La Grande-Bretagne — Selon Maitreya, les médias, à partir de 1982, ont mis en lumière certains problèmes, alors au stade embryonnaire, dont le développement s’accélère aujourd’hui dans ce pays. Cela devient le devoir de chacun de tenir les concitoyens informés des événements et de travailler à la sécurité générale et au bonheur de tous et de se débarrasser du mythe de la non-ingérence : une attitude consistant à « se mêler de ses propres affaires », cultivée à tel point dans les relations et les comportements humains que les politiques sectaires s’avèrent capables de résister au pouvoir du peuple.
Le rôle du gouvernement central consiste à défendre les intérêts de la nation et du pays, sans ingérence au niveau des autorités locales. Les administrations locales dépensent volontiers en faveur du peuple. Le gouvernement est pour le peuple et par le peuple.

Les institutions — Maitreya déclare : « Dans ce monde, dès l’instant où une chose s’institutionnalise, elle perd sa divinité. Tout karma (toute activité) organisé en institution devient non-divin. La totalité de la création se situe dans un schéma évolutif, non-institutionnel, embrassant toute situation et tout domaine de la vie. »
« Dans une institution, toute activité (karma) dépourvue du gouvernail de la liberté ressemble à un aveugle avançant dans le monde à tâtons mais incapable de voir les choses. »
Maitreya ajoute : « Une situation peut être comparée à une gare : un endroit où il y a beaucoup de passagers, de trains ; de nombreuses communications s’y déroulent. En s’institutionnalisant, cela devient un département, un domaine d’activité. Les institutions, les situations, les domaines d’activité sont importants, mais ils devraient posséder leur propre gouvernail de liberté afin de pouvoir évoluer. »

La liberté — Si la liberté stagne, alors le mouvement devient involutif et vous faites l’expérience de tous les processus de destruction. Les individus s’adonnent alors à la drogue et se suicident. Si la liberté s’épanouit, vous expérimentez l’évolution.
Maitreya affirme : « Vous êtes nés pour être libres. C’est votre héritage commun. Nul ne peut le nier. »

L’unicité — « Lorsque toutes les formes sont dissoutes, vous connaissez le Seigneur dans toute son unicité. Là est le Seigneur. Le Seigneur et vous. »
Lors de cette interview, le collaborateur de Maitreya a livré l’information intéressante selon laquelle d’ici quelques mois, les médias « se rueront à la porte de M. Creme » ainsi qu’à celles d’autres personnes préparées également à répandre l’enseignement de Maitreya. Cédant à la vieille habitude des médias de désirer des scoops, une compagnie de télévision, a récemment tenté d’obtenir une « exclusivité » en se présentant, munie d’un chèque en blanc, à la porte du collaborateur de Maitreya. Une autre institution médiatique lui a par ailleurs offert une maison en Suisse en échange d’un reportage exclusif.
Il a ri de tout cœur et a expliqué que personne « ne détient la propriété » de cette histoire. Il a en outre invité ces personnes à lire le magazine Share International. Les gens éprouvent quelque difficulté à comprendre que bien que Maitreya soit parmi nous, personne ne peut le leur « livrer ».
Maitreya en personne a déclaré : « Sans déranger quiconque, je choisirai mon moment. »
Le collaborateur de Maitreya a, en outre, expliqué que, sous la conduite de Maitreya, il a entamé une correspondance avec les autorités locales, y compris celles de son domicile. Il leur a communiqué une grande partie de l’enseignement de Maitreya.
« La première lettre que j’ai reçue ressemblait à celle d’un directeur de prison écrivant à un détenu, un peu comme si j’avais été un « mauvais garçon ». Tel était le ton employé. La seconde réponse, de type gouvernemental, citait des lois et des règlements. Lorsque arriva la troisième, le « directeur était éveillé » car l’enseignement contenu dans ces lettres ne provenait pas d’une personne ordinaire.
La quatrième réponse offrait de l’aide. Mais le « prisonnier » répondit à la lettre que cela importait peu. Ce qui était important, c’était de servir à la manière d’un serviteur du peuple et non en tant que maître du peuple. »
A la question de savoir comment le « directeur » (le représentant officiel de l’autorité locale) fut éveillé, le collaborateur a cité les paroles de Maitreya : « Dès l’instant où ils lisent la lettre, je remue leur cœur. Cela crée des vibrations dans le mental, l’esprit et le corps. Ce sont des processus automatiques. Trouver le Seigneur constitue un désir inné, naturel, de tout individu. »


Date des faits : 16 juillet 1992 Auteur : Patricia Pitchon, autrefois journaliste au quotidien colombien El Tiempo. Aujourd’hui basée à Londres, elle est journaliste indépendante. Egalement psychothérapeute, elle travaille avec les réfugiés.
Thématiques : politique, sagesse éternelle
Rubrique : Le point de vue de Maitreya ()