Partage international no 434 – octobre 2024
Suite à l’incendie meurtrier qui a récemment dévasté Maui, de jeunes activistes pour le climat ont gagné une victoire, la première de cet ordre, à Hawaï, dans l’affaire « Navahine contre le ministère des Transports d’Hawaï » où la Justice a statué en leur faveur. La décision indique que le ministère des Transports doit éliminer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2045, et qu’il doit consulter la jeunesse sur les impacts sur le climat – et qu’à défaut, il sera responsable devant la Justice.
L’Etat doit créer un plan pour décarbonner les transports, avec un objectif transitoire de cinq ans devant être actualisé tous les cinq ans et couvrant non seulement les transports terrestres mais également les transports maritimes et aériens entre les îles d’Hawaï. Le ministère des Transports financera également les bornes de recharge pour véhicules électriques à hauteur de 40 millions de dollars d’ici 2030 et devra constituer un groupe de jeunes volontaires pour conseiller régulièrement le ministère. Les transports étant la première source d’émissions de GES à Hawaï et aux Etats-Unis, c’est une grande victoire.
Selon un nouveau rapport de BloombergNEF, les émissions mondiales commencent à diminuer pour la première fois depuis le début de la révolution industrielle. Ce rapport prévient cependant que la baisse de la pollution due aux GES ne sera pas rapide – même si la lutte contre le changement climatique était une priorité absolue pour tous les pays et toutes les entreprises. Prédisant qu’il faudrait au moins deux décennies pour réaliser une transition jusqu’à zéro émission nette, un éventail de scénarios sont présentés, du résultat le plus optimiste au pire, qui résulteraient en une augmentation de la température mondiale de 2,6 degrés au-dessus du niveau préindustriel, impliquant une météo extrême et une élévation du niveau de la mer. Plus rapidement nous mettrons en œuvre une large gamme de solutions, meilleures seront nos chances d’éviter les pires conséquences du changement climatique. Mais avoir déjà dépassé le pic d’émissions est un immense pas dans la bonne direction.
Les sept pays qui fonctionnent à 100 % aux énergies renouvelables montrent actuellement le chemin vers l’adoption d’énergies plus propres et atteignent l’objectif de la COP28 du triplement des énergies renouvelables d’ici la fin de la décennie. Etant géographiquement distincts et dotés de systèmes économiques divers, ces pays présentent des modèles différents vers un futur renouvelable.
Ce sont l’Albanie (avec l’hydroélectricité comme principal moyen), l’Islande (utilisant principalement la géothermie et l’hydroélectricité avec un peu d’éolien), le Bhoutan (principalement l’hydroélectricité), l’Ethiopie (à nouveau l’hydroélectricité en outil principal avec de la géothermie à venir et un potentiel d’éolien), le Népal (hydroélectricité plus éolien et solaire potentiels à développer), le Paraguay (hydroélectricité et une petite quantité de biomasse), et enfin la République Démocratique du Congo (hydroélectricité avec potentiel solaire et éolien à venir).
Les défis qui demeurent pour une expansion des énergies renouvelables sont le stockage de l’énergie, la modernisation du réseau pour l’adapter à la décentralisation des lieux de production, les incitations financières à l’abandon des combustibles fossiles, et l’accélération de la transition vers les renouvelables, ainsi que l’éducation de la population pour changer les états d’esprit et promouvoir un soutien généralisé aux projets d’énergies renouvelables.
Sources : The Washington Post ; BloombergNEF ; happyeconews.com
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
