Appel à l’action afin de transformer notre monde après 2015
Partage international no 317 – février 2015
L’année 2015 offre une occasion unique aux dirigeants mondiaux et aux peuples d’éradiquer la pauvreté et de transformer le monde afin de mieux répondre aux besoins de l’humanité tout en protégeant notre environnement, en assurant la paix et en respectant les droits des hommes.
Nous sommes à un moment historique, et les directions que nous allons prendre détermineront si nous réussirons à tenir nos promesses. […] Nous pouvons décider de mettre fin aux maux séculaires de l’extrême pauvreté et de la faim, ou nous pouvons continuer à dégrader notre planète et à permettre aux inégalités intolérables de semer l’amertume et le désespoir. Notre ambition est de parvenir à un développement durable pour tous.
Les jeunes seront les porteurs de la torche du prochain agenda du développement durable jusqu’en 2030. Nous devons veiller à ce que cette transition ne laisse personne derrière, tout en veillant à protéger la planète.
La transformation est notre mot d’ordre. […] Nous sommes appelés à prendre les changements à bras le corps. Changements dans nos sociétés, […] changements dans notre relation avec notre seule et unique planète.
En agissant de la sorte, nous pourrons mieux répondre aux besoins de notre temps et à la promesse faite lors de la naissance de l’Organisation des Nations unies.
Il y a soixante-dix ans, en adoptant la charte fondatrice de l’Organisation, les nations du monde entier ont pris l’engagement solennel « de préserver les générations futures du fléau de la guerre, de réaffirmer la foi dans les droits fondamentaux, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions dans lesquelles la justice et le respect du droit international peuvent être préservés, et de promouvoir le progrès social et d’instaurer de meilleures conditions de vie dans une plus grande liberté ».
Par la suite, la Déclaration sur le droit au développement (1986) a lancé l’idée du droit de tous les hommes à participer au développement et à se répartir de façon équitable ses avantages.
Au cours des sept dernières décennies, des progrès impressionnants ont été accomplis sur de nombreux fronts.
Depuis le Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro, nous avons identifié une nouvelle voie au bien-être humain : celle du développement durable. La Déclaration du millénaire et les Objectifs du millénaire pour le développement ont été énoncés en l’an 2000 ; ils ont mis l’accent sur les gens, ce qui a permis des améliorations sans précédent de la vie de nombreuses personnes dans le monde. La mobilisation mondiale en faveur des objectifs du millénaire a montré que l’action multilatérale peut faire la différence de manière tangible.
Nous avons le savoir-faire
Et pourtant, les conditions actuelles sont bien loin de la vision de la Charte. A côté d’une grande abondance pour une petite minorité, nous voyons la pauvreté généralisée, les inégalités flagrantes, le chômage, la maladie et les privations pour des milliards. Les déplacements de populations sont à leurs plus hauts niveaux depuis la Seconde Guerre mondiale. Les conflits armés, la criminalité, le terrorisme, la persécution, la corruption, l’impunité et l’érosion de la primauté du droit sont des réalités quotidiennes. Les impacts de la crise mondiale, économique, alimentaire et énergétique se font encore sentir. Les conséquences du changement climatique ne font que commencer. Ces lacunes et insuffisances définissent notre ère moderne tout autant que les progrès de la science, de la technologie et la mobilisation des mouvements sociaux à l’échelle mondiale.
Cependant, nous savons aussi que ces problèmes ne sont pas des accidents dus à la nature ou le résultat de phénomènes qui échappent à notre contrôle. Ils résultent d’actes et d’omissions d’individus, d’institutions publiques, du secteur privé, et d’autres qui sont en charge de protéger les droits humains et le respect de la dignité humaine.
Nous avons le savoir-faire et les moyens de relever ces défis, mais nous avons besoin de leadership et d’actions coordonnées et urgentes. Ce sont des défis universels.
Nos engagements internationaux en vertu de la Charte devraient nous obliger à agir ; notre sens de l’empathie et notre propre intérêt bien compris devraient nous obliger à agir ; nos responsabilités en tant que gardiens de la planète devraient aussi nous obliger à agir. Aucune des menaces actuelles ne se cantonne aux frontières dessinées par les hommes ; qu’il s’agisse de frontières nationales, de classe sociale, de compétence, d’âge, de sexe, de lieu, d’ethnicité ou de religion.
Dans un monde interconnecté de manière irréversible, les difficultés rencontrées par certains deviennent les problèmes de chacun – parfois lentement mais souvent brusquement. Cependant, faire face à ces défis n’est pas seulement un fardeau, c’est surtout l’occasion de nouer de nouveaux partenariats et alliances pour travailler ensemble afin de faire progresser la condition humaine.
Nous devons investir dans la partie non encore réalisée des Objectifs du millénaire et les utiliser comme un tremplin vers l’avenir que nous voulons – un avenir sans pauvreté, construit sur les droits de l’homme, l’égalité et la durabilité. C’est notre devoir et c’est l’héritage que nous nous efforçons de laisser à nos enfants.
Dans sa quête pour élaborer un programme de développement durable au niveau mondial pour après 2015, la communauté internationale s’est engagée dans un processus sans précédent. En deux courtes années depuis la Conférence de Rio+20 qui a posé la première pierre pour le processus post- 2015, tous les Etats membres, l’ensemble des Nations unies, des experts, une partie de la société civile, des entreprises et – plus important – des millions de personnes se sont lancés dans ce processus d’une importance cruciale. Ceci constitue un motif de grande espérance. La créativité et le sens de la solidarité qui ont émergé à travers la famille humaine sont la preuve que nous pouvons nous rassembler, innover et collaborer à la recherche de solutions pour le bien commun.
Pas comme d’habitude
Nous ne pouvons plus succomber à l’opportunisme politique, ou tolérer les plus petits dénominateurs communs. Les nouvelles menaces auxquelles nous sommes confrontés, et les nouvelles opportunités qui se présentent, exigent un haut niveau d’ambition et une action véritablement participative.
Ceci inclut la lutte contre le changement climatique. Comme souligné par le Giec, le changement climatique exacerbe les menaces. Il rend la réalisation du programme de développement durable plus difficile en raison de l’inversion des tendances positives, des nouvelles incertitudes ou de l’augmentation des coûts. Cette entreprise nécessite donc une nouvelle approche.
Trois réunions internationales de haut niveau qui se dérouleront en 2015 nous donnent l’occasion de tracer une nouvelle ère de développement durable. La première sera la Conférence internationale sur le financement du développement à Addis-Abeba en juillet, où un accord pour un partenariat mondial pourra être conclu. Le second sera le Sommet spécial sur le développement durable qui se tiendra à l’Onu en septembre, où le monde va organiser un nouvel agenda et un ensemble d’objectifs de développement durable qui, nous l’espérons, marqueront un changement de paradigme pour les peuples et la planète. Le troisième sera la 21e Conférence des parties (COP21) de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques à Paris en décembre, où les Etats membres se sont engagés à adopter un nouvel accord pour lutter contre une menace qui pourrait rendre plus difficile la réalisation des nouveaux programmes de développement.
Les astres sont maintenant alignés pour permettre au monde de prendre des mesures historiques qui transformeront des vies et protégeront la planète. J’exhorte les gouvernements et les peuples du monde entier à assumer leurs responsabilités politiques et morales. Ceci est mon appel à la dignité, et nous devons répondre avec toute notre vision et notre force.
Extraits de : La Route vers la dignité pour 2030 : Mettre fin à la pauvreté, transformer toutes les vies et protéger la planète. Rapport de synthèse du Secrétaire général sur l’agenda post-2015 du développement durable, décembre 2014, Onu.
Thématiques : Société, environnement, politique
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! »
Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)
